Ligue des champions 2014/2015 : La composition des groupes    Le risque de contamination dans un vol est faible    Benkirane représente Sa Majesté le Roi Mohammed VI à la cérémonie d'investiture du président turc    Invasion russe en Ukraine, selon Kiev et Washington    A 14 ans, elle met le feu chez elle pour se marier    Agadir: Démantèlement d'une bande spécialisée dans les vols à l'intérieur des voitures    Rentrée scolaire 2014/2015 : le 10 septembre pour le primaire et le 11 septembre pour le secondaire.    Recensement : Top chrono...    Portrait Mehdi Green : Un enfant du pays    Zenata/Accident de train    ONCF - Casa : 4 heures de panne d'aiguillage. La faute à la Lydec cette fois    Valls déclare sa flamme à l'entreprise    Tiznit: L'argent fait le bonheur de l'économie locale    Au pied d'un glacier, des sexagénaires nagent dans des eaux polaires    Commencer les cours avant 8h30 est mauvais pour la santé des collégiens et des lycéens    Divers    «Le Samawi» ou quand hypnose va de pair avec escroquerie    Divers sportifs    Trois clubs de l'Elite 1 forcés de débarquer    Les résultats du Conseil supérieur de la magistrature auraient lésé plus d'un magistrat    Mission impossible pour les usagers de l'autoroute Marrakech-Agadir    Un pactole de 100 millions de dollars devrait servir l'emploi et l'amélioration des compétences    Banques participatives, un projet maroco-marocain selon le CESE    Le livre : Théocratie populiste, L'alternance, une transition démocratique?    Insolite    Oscars d'honneur pour Harry Belafonte, Jean-Claude Carrière et Miyazaki    Bouillons de culture    Le Festival d'Imourane s'invite à la commune rurale d'Aourir    Paix impossible, guerre improbable !    Développement et promotion de l'Homme : Deux discours de la méthode    Hicham Mastour, le Messi marocain qui fait rêver les Italiens    Europa League: El kaddouri propulse Torino en phase de poules    Bounou appelé en renfort!    SM le Roi donne l'exemple    Programme des Lionceaux au Tournoi du Qatar    Tournage de Mission Impossible : Fermeture du tronçon de contournement de l'autoroute de Marrakech    Maroc- Espagne : Sur la même longueur d'ondes.    1 mort et 32 blessés dans un accident ferroviaire à Mohammedia    Multiplier les visites pour casser le carcan contre le peuple palestinien    Visite de la délégation du PPS en Palestine    Ebola : La RAM maintient ses vols    Gaza, le Maroc débloque la 3e tranche des aides financières    Sécurité, l'Espagne et le Maroc sur la même longueur d'ondes    Gaza célèbre le cessez-le-feu    Tiznit: L'argent fait le bonheur de l'économie locale    Les sanctions contre Téhéran pourraient être levées    7e édition du festival du théâtre arabe du 10 au 16 janvier    Hello Kitty n'est pas un chat...    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

Jeunes et politique : La politisation problématique
Publié dans Albayane le 07 - 05 - 2012

Ce texte est la communication introductive à la table ronde sur la discussion à propos de la politisation des jeunes. Cette manifestation s'est tenue à l'IAV d'Aït Melloul juste avant les élections législatives dernières.Je vais partir d'une série de questionnements et je vais tenter d'adopter une démarche plus
analytique qu'empirique (parce que je n'ai pas encore fais de recherche de terrain sur cette relation entre les jeunes et la politique). La première question, et à mon avis la plus fondamentale, est celle de remplir de sens ces deux catégories – Jeunes d'une part et politique de l'autre. Il faut d'abord s'entendre sur la signification à donner à ces deux vocables (et je ne dis pas concept) à savoir les jeunes ou la jeunesse et la politique ou plutôt le politique pour le dire plus largement.
Qu'est-ce que donc être jeune aujourd'hui dans ce contexte particulier où tout ce qui se passe ailleurs nous concerne au premier chef ?
Le processus de la mondialisation, la circulation des idées et des alter-idées nous oblige à réfléchir car le jeune d'hier atomisé, majoritairement de milieu rural n'est plus le jeune d'aujourd'hui plus socialisé aux NTIC, plus branché aux réseaux sociaux, plus informé sur ce qui se passe ici et ailleurs. Il faut d'emblée rejeter la définition selon laquelle un jeune serait reconnaissable à son âge (c'est la définition technique d'obédience démographique 18 – 25 ans) et disposerait des mêmes caractéristiques indifféremment des contextes, des cultures et des séquences historiques. Le sociologue Pierre Bourdieu a d'ailleurs dans un article fort provocateur a mis à mal cette définition. L'article en question porte le titre « La jeunesse n'est qu'un mot »… Je vous incite à le lire car disponible sur internet, vous la génération de cet outil extraordinaire qu'il faut consommer avec modération : http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/questions/jeuness.html
Si la jeunesse n'est qu'un mot, c'est que c'est une tournure d'esprit, le fer de lance de la dynamisation sociale (la société marocaine est remarquablement jeune !), une capacité de rêver et d'imaginer une forme sociale plus audacieuse, la boulimie de changer les choses, l'état d'esprit de transgresser le convenu. Si vous avez ces caractéristiques, alors vous êtes jeunes malgré votre âge. Pour faire une transition, les jeunes et la politique c'est se hisser à la citoyenneté critique par la participation politique (le vote, le militantisme, l'implication dans la vie de cité…).
Qu'est-ce que la politique alors ?
C'est à la fois l'art de gouverner, de prendre des décisions, de trancher des problèmes et de proposer un modèle de gouvernance citoyen. C'est à la fois une vocation (aimer les autres, les servir conformément à ses convictions), mais également un métier, une profession dont il faut maîtriser les ficelles. Il peut s'agir de « vivre de la politique ». On parle alors de la professionnalisation de la politique avec tout ce que cela suppose en termes de reproduction des élites. Il revient aux partis politiques, aux syndicats et à toutes les institutions de s'ouvrir aux jeunes, que ce soit sous forme de quotas ou légiférer. C'est précisément pour combattre ce déterminisme qu'il est important de réfléchir pour qualifier la relation entre les jeunes et la politique dans le processus marocain.
Qualifier les relations entre les jeunes et la politique
Il est difficile de qualifier cette relation sans avoir préalablement mené des recherches empiriques sur le terrain. Mais nous pourrions proposer quelques éléments dans une démarche idéal-typique
1°/ Une relation de donnant-donnant : Les partis politiques peuvent développer une vraie stratégie d'enrôler les jeunes en leur sein, dans leurs instances, en leur réservant une place éligible au cours des élections. Les jeunes peuvent également apporter de la fraicheur à la vie politique dans un contexte marqué par le vieillissement du personnel politique.
2°/ Une relation de quasi rupture et de malaise reconnaissable à l'abstention, à la méfiance vis-à-vis de la politique. Là il appartient aux partis politiques, mais aussi aux pouvoirs publics de mener une politisation constante et spécifique aux jeunes. Et la politisation véritable commence par sonder les attentes des jeunes, leurs espoirs, leurs craintes et leurs représentations politiques. Je voudrais ici attirer l'attention sur le seul véritable travail de recherche qui a été mené dans ce sens est celui de P. Pascon sur la jeunesse rurale. Pour assurer la relève, les partis politiques qui concourent en théorie à la vie démocratique en participant aux élections se doivent d'appuyer l'action de leurs directions par des mouvements politiques similaires de jeunes…
3°/ Les jeunes sont mieux placés pour assurer leur propre représentation politique. On parle aujourd'hui de la mort des idéologies, de la fin des utopies parce que la politique s'est beaucoup professionnalisée.
Les jeunes peuvent faire revivre la politique parce qu'ils connaissent mieux leur époque : on n'est jamais mieux servi que par soi-même, dit-on. Mais ce qu'il convient de souligner est que les jeunes méritent une représentation politique efficiente. Ils ne doivent être ni sujets, ni enjeux, mais des acteurs de leur propre destin…
4°/ Les urnes ou les mobilisations collectives, l'engagement associatif ou pour un idéal (les droits humains par exemple) sont autant de canaux qui participent de la socialisation politique. On ne fait pas la queue devant un cinéma qui ne passe pas de film : la socialisation électorale et politique des jeunes ne peut aboutir que dès lors que le jeune homme ou la jeune femme trouvera son compte dans l'offre programmatique des partis et dans les politiques publiques (le travail, l'emploi, le revenu, le statut, la garantie du vivre-ensemble si importante dans le contexte actuel). Autant de termes du jargon sociologique sur lesquels repose l'avenir d'une nation.
Professeur de Sociologie Université Ibnou Zohr


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.