Les dizaines de millimètres de pluies enregistrés ces dernières quarante-huit heures suscitent l'espoir auprès des agriculteurs après plus d'un mois d'attente. S'il est certain que ces précipitations ne peuvent être que bénéfiques, elles n'ont malheureusement pas couvert l'ensemble du territoire. En fait, la campagne agricole est encore à mi-chemin et rien n'est gagné, ni perdu, pour le moment. «On a encore besoin de pluies pour sauver la face et éviter le risque d'une année de vaches maigres», nous répond, un peu inquiet, un agriculteur dans la périphérie de la ville de Casablanca. Contrairement à la région du nord du royaume, au Sud d'Oum Er-Rbia, la situation est quasiment critique. Dans cette zone bour, constituant 10% de la production nationale, les cultures de céréales commencent déjà à se dessécher. Certains cultivateurs, faute d'une levée homogène auraient même procédé à retourner la terre. Il faut souligner que cette situation ne concerne plus les terres irriguées, notamment dans la région du Gharb, estime Mustapha Ghazoui, parlementaire du PPS. «Pour l'heure, la campagne agricole se déroule dans un contexte climatique normal. Mais, s'il ne pleuvra pas dans les prochaines jours, les choses peuvent empirer», a-t-il indiqué à Al Bayane. Sachant bien les superficies irriguées, notamment en matière de cultures céréalières, ne constituent à peine que 300 mille hectares, soit moins de 10% des 1,5 million d'hectares irrigués. Bref, la production céréalière est aux abonnés absents dans la stratégie de l'Etat, commente un expert. L'absence d'une véritable politique publique ayant pour objectif d'assurer une certaine sécurité alimentaire a souvent soumis le Maroc à la merci des pays étranger, ajoute-t-il. La raison recommande aussi d'établir une carte de l'agriculture marocaine, permettant ainsi d'orienter les cultivateurs, souligne notre interlocuteur. Notons en plus, que même dans les zones irriguées, la moyenne de la production nationale demeure en dessous des attentes des experts agronomes, avec seulement 40 quintaux par hectare. Or, si l'Etat déploie plus d'efforts on pourrait même doubler la production, en atteignant 80 quintaux dans les surfaces irriguées et 30 quintaux dans les zones bour. Pour ce faire, l'Etat doit mettre le paquet, en veillant d'abord à vulgariser les pratiques agricoles. Malheureusement, on assiste à une certaine défection de l'Etat en matière d'encadrement et de formation. Quant à l'année actuelle, il faut s'attendre à un résultat moyen ou, dans le meilleur des cas, à une année juste au-dessus de la moyenne, indique un ingénieur agronome.