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Ciel mon journal !
Le journal ouvre le Maroc aux troupes coloniales
Publié dans Albayane le 21 - 10 - 2013

(1/3) Le journal, cette «prière matinale de l'homme moderne» selon Hegel, a été introduite au Maroc par les puissances coloniales vers le milieu du 19ème siècle. Cette arme politique et culturelle au service des visées colonialistes de l'Espagne, de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre, a bouleversé notre ancestrale cosmogonie ou «médiasphère» basée sur l'écrit de l'exégète, la poésie, le conte et la culture orale séculaire.
Le journal ouvre le Maroc aux troupes coloniales
«La lecture du journal est la prière matinale de l'Homme moderne», nous apprenait Hegel (1770-1831). Sur le fronton de l'autel (ou «Mihrab») pour une telle prière, serait donc gravé le mot magique : «Vérité», seule raison d'existence du journal, du journalisme.
Dans la sphère arabe (monde virtuellement désigné ainsi de par la langue, alors qu'il regorge d'autres langues minorées, dont l'Amazigh chez nous), on se plait, comme culture de l'excessif et du superlatif, à proclamer tantôt « Sa Majesté la presse » ("صاحبة الجلالة"), tantôt « le métier de toutes les peines» (" مهنة المتاعب") !!! Il est vrai que n'exagère que l'ignorant ou celui qui n'est ni l'auteur ni le maître d'œuvre de l'ouvrage...
La presse est née ailleurs, bien loin de chez nous, loin de notre sphère dite arabe...Ni le médecin et journaliste français Théophraste Renaudot (1586/1653, fondateur en 1631 du 1er journal «La Gazette», après avoir créé en 1628 un «Bureau d'adresses», premier bureau d'offres d'emploi, soit le 1er ancêtre de nos «ANPE» ou «Pôle d'emploi» et qu'il dota en 1633 du premier journal d'annonces d'emplois et de petites annonces de vente et d'achat «La feuille des annonces»..!) ; ni l'orfèvre allemand Johannes Gutenberg (1395/1468, inventeur de l'imprimerie typographique en 1440), ni l'énuque, fabricant d'épées, de l'empereur Han de Chine, Cai Lun (prononcez : Ts'ai Lun, 50/121 ap.J.-C), inventeur, en l'an 105 ap.J.-C, du papier pour écriture à partir de fibres et lamelles de mûrier (se substituant au lin, au bambou, au chanvre, filets de pêche ou soie), ne sont natifs de nos contrées, de notre aire dite arabe...de notre ère journalistique au Maroc qui a débuté il y a à peine un peu plus d'un siècle...
Chez nous, au Maroc, si Abdallah Laroui nous rapporte que l'imprimerie typographique a été introduite à Tanger en 1880, un autre compatriote, Zine Al Abidine Al Kattani, révèle que dès 1870 une imprimerie a été installée, dans la même ville, pour imprimer «L'Œil de Tanger», un hebdomadaire de langue française et ce, dit-il, après l'échec d'une première expérience d'installation d'imprimerie par un éditeur venu d'Oran en 1868...Pour l'historien marocain, Germain Ayache, l'imprimerie débarqua du fait de l'Etat ou «Makhzen», par nécessité, après la défaite du Maroc face à l'Espagne coloniale à Tétouan en 1860, quand le Sultan Mohammed IV Ben Abderrahmane (1810/1873) décida de «relever son pays en le modernisant, et avec d'autres entreprises fondées par lui en différents secteurs de la vie nationale, l'imprimerie contribuait à ce dessein». Bref, nos différents historiens nous annoncent l'entrée du Maroc dans la « galaxie Gutenberg » autour de la moitié du XIXème siècle, il y a donc à peine un siècle et demi. Al Kattani parle d'une imprimerie ramenée de France par une mission diplomatique conduite en 1859 par Al Haj Driss Ben Mohamed Ben Driss; Laroui évoque un «obscur cadi de Taroudant» qui aurait acheté du matériel d'imprimerie en Egypte pour en faire don au Sultan Mohammed IV...Alors qu'un historien italien, Manfredo Macioti, nous rassure bien généreusement en nous rapportant que le Maroc vit débarquer la première imprimerie de son histoire (en hébreu) dès 1516, à Melilia, grâce à «des imprimeurs juifs» originaires de Mayence...ville natale de Gutenberg!.. On aurait été donc réellement contemporains des débuts d'éclosion de la «Galaxie Gutenberg»... Comme on l'a été avec le «Cinématographe» des frères Lumière qui, juste après leur première projection publique à Paris (devant 33 spectateurs), le 28 Décembre 1895, débarquèrent au Maroc en 1896 pour tourner une série de petits films, dont «Vues animées au Maroc» et organisèrent, en 1897, des projections du «Cinématographe» au palais Royal de Fès, avant que leur fameux opérateur, l'algérois Félix Mesguich, ne filme, dix ans plus tard, en 1907, les premiers mouvements des troupes de l'armée coloniale française sur le «territoire chérifien»...Mais ça, c'est une autre histoire de notre «ciel médiatique». Revenons plutôt au monde de Gutenberg pour retenir que nous accédâmes à la contemporanéité de ce monde par la porte – close à présent – de Melilia...
Le journaliste Abdelkrim Al Khattabi
Melilia qui raisonne dans notre mémoire médiatique d'il y a un siècle comme un «fait d'armes» pour notre journalisme national grâce à notre icône du Rif, Abdelkrim Al Khattabi, journaliste et éditorialiste, entre 1908 et 1915, au journal «El Telegrama del Rif», fondé d'abord sous le nom de «La Dépêche» en 1902 par un capitaine d'artillerie et journaliste espagnol, Candido Lobera Girela. Ce journal parait toujours de nos jours, sur papier et on line, en français sous le titre «Le Télégramme» (http://www.letelegramme.fr) et en espagnol, « El Telegrama» (http://www. eltelegrama.es). Un quotidien qui garde donc dans ses archives le journalisme d'Al Khattabi, derrière le mur de barbelés qui ceinture Melilia sur notre côte méditerranéenne...L'autre mur de barbelés qui isole de notre continent la ville de Sebta, autre cauchemar pour nos cousins subsahariens, nous prive d'une autre partie de notre histoire concernant l'accès de notre pays à l'imprimerie de presse : en 1820 était imprimé à Sebta «El Liberal Africano»...Début lointain de l'avancée, sous la houlette des appétits colonialistes et à leur service, de cette technologie médiatique, dans notre cosmogonie et sa culture. Conquêtes militaro-médiatiques, de différents horizons du «vieux continent» qui nous assaillirent depuis nos ports et nos villes du Nord : de Sebta (1820 : «El Liberal Africano»); de Tanger (1870 : «L'œil de Tanger», 1883 : « le Réveil du Maroc» et «Al Moghreb Al Aksa», 1884 : «The Time of Morocco», 1886 : «El Eco Mauritano», 1889 : «Al Maghrib» et «El Diario de Tanger», 1905 : «As-Sâada», 1906 : «La Dépêche marocaine» et «Le Commerce du Maroc», 1907 : «L'Indépendance marocaine»!, 1911 : « Al Hak» ! et «Attaraki» !); de Tetouan (1860 : «El Eco de Tetouan» et «El Noticiero de Tetouan»); de Melilia (1902 : «El Telegrama del Rif»); et puis depuis Casablanca aussi, future grande métropole de la presse au Maroc à partir des années 20/30 jusqu'à nos jours (1882 : «Nord-Sud», 1908 : «La Vigie Marocaine»)... «Chaque légation pour mieux exposer à la métropole la `bonne affaire`qui serait la colonisation du Maroc, pour s'opposer aux prétentions des autres puissances, mais aussi dans le but de faire admettre aux marocains le fait colonial, commença à publier un journal», commente la chercheuse Mme Ihrai Aouchar devant ce kiosque que se disputaient des titres à la solde de l'Espagne, de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne...
L'évidence donc, est que l'imprimerie et le journal nous conquirent, voilà un siècle et demi, comme armes modernes des puissances coloniales, puissances qui ne se faisaient pas de cadeau, diplomatiquement et militairement (et se surveillaient par le renseignement à Tanger), avec l'objectif âprement disputé d'emporter cette « proie bénie » : l' «empire chérifien», autrefois prospère et puissant sur les terres (Andalousie, Maghreb et contrées du «Grand Soudan», ville de Tombouctou comprise) comme sur les mers (période des corsaires entre le 17ème et le 19ème siècle, depuis Salé et Rabat notamment, en plus d'Alger et autres ports de l'Atlantique). Cet empire allait donc, avec sa violente occupation par les armées espagnole et française (avec compensations de butins aux anglais et allemands), accéder à ce moyen d'expression moderne, la prière matinale de Hegel, le journal, comme s'il subissait un dommage collatéral de l'occupation militaire (nombre d'imprimeries françaises et espagnoles étaient d'ailleurs acheminées à dos de mulet avec les troupes d'occupation!).
Ce moyen d'expression, charrié ainsi dans la genèse même du colonialisme, était, en ces débuts du 20ème siècle, bien inconnu pour nos poètes, nos exégètes et oulémas, nos auteurs, nos chanteurs, nos conteurs, nos libraires...Bref, un phénomène tout nouveau pour nos « médias » de l'époque, bien de chez nous, en ces contrées visitées par les Grecs, les Phéniciens, les Romains, les Carthaginois, les Wisigoths, les Bani Hilal et Bani Soulaym et autres Vikings (qui pillèrent Nador en 858)...Avant que ne débarquent les Espagnols et les Français. Nous étions, avant ces premières pages imprimées sur notre terre, soit aux débuts du 19ème siècle, un peuple de Chaires à Al Karaouine, dans diverses Médersas et Mosquées séculaires, dans les Zaouias du sud saharien, du nord montagneux et des plaines du plateau atlantique. Peuple aussi de «Halqas», de «Berrahs», de «Reqqas», de greffiers ou «Adouls»...
Melilia qui raisonne dans notre mémoire médiatique d'il y a un siècle comme un «fait d'armes» pour notre journalisme national grâce à notre icône du Rif, Abdelkrim Al Khattabi, journaliste et éditorialiste, entre 1908 et 1915, au journal «El Telegrama del Rif», fondé d'abord sous le nom de «La Dépêche» en 1902 par un capitaine d'artillerie et journaliste espagnol, Candido Lobera Girela. Ce journal parait toujours de nos jours, sur papier et on line, en français sous le titre «Le Télégramme» (http://www.letelegramme.fr) et en espagnol, « El Telegrama» (http://www. eltelegrama.es). Un quotidien qui garde donc dans ses archives le journalisme d'Al Khattabi, derrière le mur de barbelés qui ceinture Melilia sur notre côte méditerranéenne...L'autre mur de barbelés qui isole de notre continent la ville de Sebta, autre cauchemar pour nos cousins subsahariens, nous prive d'une autre partie de notre histoire concernant l'accès de notre pays à l'imprimerie de presse : en 1820 était imprimé à Sebta «El Liberal Africano»...Début lointain de l'avancée, sous la houlette des appétits colonialistes et à leur service, de cette technologie médiatique, dans notre cosmogonie et sa culture. Conquêtes militaro-médiatiques, de différents horizons du «vieux continent» qui nous assaillirent depuis nos ports et nos villes du Nord : de Sebta (1820 : «El Liberal Africano»); de Tanger (1870 : «L'œil de Tanger», 1883 : « le Réveil du Maroc» et «Al Moghreb Al Aksa», 1884 : «The Time of Morocco», 1886 : «El Eco Mauritano», 1889 : «Al Maghrib» et «El Diario de Tanger», 1905 : «As-Sâada», 1906 : «La Dépêche marocaine» et «Le Commerce du Maroc», 1907 : «L'Indépendance marocaine»!, 1911 : « Al Hak» ! et «Attaraki» !); de Tetouan (1860 : «El Eco de Tetouan» et «El Noticiero de Tetouan»); de Melilia (1902 : «El Telegrama del Rif»); et puis depuis Casablanca aussi, future grande métropole de la presse au Maroc à partir des années 20/30 jusqu'à nos jours (1882 : «Nord-Sud», 1908 : «La Vigie Marocaine»)... «Chaque légation pour mieux exposer à la métropole la `bonne affaire`qui serait la colonisation du Maroc, pour s'opposer aux prétentions des autres puissances, mais aussi dans le but de faire admettre aux marocains le fait colonial, commença à publier un journal», commente la chercheuse Mme Ihrai Aouchar devant ce kiosque que se disputaient des titres à la solde de l'Espagne, de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne...


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