USA/Russie: Les tensions de plus en plus vives!    La crise de la Chambre des députés dénouée    Partielles à Moulay Yacoub    Abdelhak Benchikha : "La qualification se jouera à El Jadida"    «La langue, un savoir-faire»    Faire de la formation professionnalisante un choix de vocation    De Bonnes Sources    Crédit du Maroc lance sa banque en ligne    Ligue des champions : Real Madrid-Bayern Munich le classique des classiques    Ouverture des 7ème assises nationales de l'agriculture    Casablanca : Pour fêter leur joie, deux jumeaux sèment la terreur    Edito: Indépendance énergétique        Convention de partenariat entre l'ONDH, les Nations Unies et la Banque Mondiale : Revoir la méthode de ciblage dans deux Systèmes très importants :Tayssir et RAMED    Coupe du Monde FEI Lyon 2014 (finale/saut d'obstacles) : Victoire de Deusser, bonne prestation de Abdelkebir Ouaddar 12ème mondial    Soudan du Sud: les rebelles nient avoir massacré des civils et accusent l'armée    Corées: le Nord pourrait préparer un 4ème essai nucléaire    CAN Orange Maroc 2015 / Conférence de presse : Almamy Kabele Camara :« Vendre l'image de l'Afrique... »    Compensation : Baisse de 60%    Marchés publics : Dispositif d'avances pour alléger les charges de trésorerie des entreprises    A Dieu ...    Une mode ou une mutation sociale (1)    Réflexion sur les nouveaux enjeux de la question amazighe en Afrique du nord et au Sahel à Lyon    Imposant meeting de N.Benabdallah à Sidi Ifni    International : Tony Blair urges British intervention world against Islamic extremists around the world    Suicide à Sidi Bettach : le parquet général ordonne l'ouverture d'une enquête    Coupe du monde 2014 : report de l'inauguration de Cuiaba au 7 ou 14 mai    Ligue des champions : saison terminée pour Cech, Terry forfait jusqu'à une éventuelle finale    Exportations de fruits et légumes : Reprise du dialogue aujourd'hui entre le Maroc et la Commission européenne            Les mariages de stars à venir    Session extraordinaire de la Commission administrative nationale    Milliardaires peu scrupuleux !    Abdelhak Benchikha : "La qualification se jouera à El Jadida"    Casablanca : Près de 300 personnes arrêtées dans 11 cafés de chicha    Le Jeudi Média de l'INDH s'invite à Al Hoceima    Face à un prédateur, la mouche drosophile manœuvre comme un avion de combat    De jeunes Marocains explorent l'agriculture et la biodiversité    Grandeur d'âme par ( Jamal Berraoui )    Deuxième forfait inopiné du MCO    Insolite    Ce Driss, quel lascar...        Clôture de la 8ème édition d'Awaln'art    Attijariwafa bank engagée envers l'art au Maroc    Nouvelle édition du Festival méditerranéen du livre    Bouillons de culture    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

L'homme de Touissit
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 11 - 2002

La soixantaine flegmatique, le nouveau ministre RNI de la Pêche, Taïeb Rhafes, est un homme atypique, qui promène un regard détaché sur tout. Rencontre avec la révélation du gouvernement Jettou.
Il dégage une espèce de sérénité propre aux hommes qui ont de la distance et du recul par rapport à tout, y compris par rapport à eux-mêmes. Une qualité rare par les temps qui ne courent plus, agités et troubles. C'est certain, Taïeb Rhafes, le tout nouveau ministre RNI de la Pêche, a de la profondeur. Il ne le montre pas, bien sûr. Mais cela se sent comme une brise d'été. S'il n'est pas actuellement dans la posture d'un ministre fraîchement nommé avec fière allure et torse bombé, il est par contre conscient qu'il n'aura pas volé sa consécration. Sous la modestie pointe un tempérament bien trempé.
Natif le 23 décembre 1940 au lieu-dit Beni Bouhamdoune à Touissit (province de Jérada) connue pour ses mines de zinc et d'argent aujourd'hui fermées, voilà Taïeb Rhafes propulsé à la tête du département de la Pêche. Comment juge-t-il son entrée au gouvernement ? Une promotion, lâche-t-il sur un ton flegmatique. “ En dernier ressort, j'ai été choisi par S.M le Roi et par le Premier ministre “, conclut-il, refusant visiblement de s'étendre sur le sujet ou de se livrer à une quelconque genèse sur ce destin qui en a surpris plus d'un.
Par contre, M.Rhafes est disert sur son dernier livre publié en 2002, intitulé “ quelle place pour l'économie marocaine à l'aube du troisième millénaire ?“. Où l'auteur en analyse les “atouts et les faiblesses“ tout en proposant une “charte nationale pour le développement économique et social“ pour le pays.
C'est que Taïeb Rhafes maîtrise son sujet. Il est titulaire en 1969 d'un doctorat d'État en sciences économiques de la Sorbonne, décroché avec mention très bien comme il a tenu à le spécifier dans son long CV. La formation universitaire du docteur Ghafes est très riche. À son actif également, un diplôme supérieur de l'institut technique de banques à Paris (1971), un diplôme d'enseignement supérieur en sciences économiques de la Sorbonne (1965), une licence en sciences économiques de l'université Mohammed V de Rabat (1962) et un diplôme d'arabe classique obtenu dans la même ville (1960).
Après avoir été fondé de pouvoir chez les assurances la concorde à Paris et assistant technique à la Caisse centrale de coopération dans la même capitale, il rentre au Maroc où il devient fondé de pouvoir au Crédit du Maroc et puis directeur central à la société de Banque
et de Crédit, qui a fait faillite. Depuis 1970 jusqu'à aujourd'hui, M. Rhafes occupait le poste de directeur du centre de formation de la profession bancaire. Avec un tel parcours dans le domaine financier que valorise nombre de conférences aussi bien au Maroc qu'à l'étranger, il mériterait d'être l'argentier du Royaume d'autant plus que tous les banquiers de la place le connaissent. Mais l'intéressé ne va pas jusqu'à le dire, laissant à ses interlocuteurs le soin de le deviner en leur montrant toujours son CV long de deux feuillets avec cet air détaché mâtiné de sang froid et d'assurance.
Cependant, le docteur Rhafes, fort de son itinéraire, ne sera ni à l'étroit ni à contre-emploi dans ses nouvelles fonctions de patron des pêcheurs de la côtière, de l'artisanale et de la hauturière. Celui-ci refuse pour le moment de s'exprimer sur la manière dont il appréhende sa mission. “ C'est encore tôt de parler de la politique que je tracerai pour le secteur“, affirme-t-il en donnant l'impression qu'il fera parler de lui et faire oublier rapidement son prédecesseur.
Président de la commune rurale de Ras Asfour, depuis 1996, cet ami de Ahmed Osman n'a pas pu reconquérir son siège de député de Jerada à l'occasion des législatives du 27 septembre dernier. “ Pour être ministre, il n'est pas nécessaire d'être élu ou de gagner aux élections, indique-t-il. C'est même le contraire qui se produit souvent“.
Le très enviable destin ministériel de Taïeb Rhafes a été accueilli par une salve de critiques à l'intérieur du parti. “ Les mécontents existent et existeront toujours, note-il. Et puis, il ne suffit pas seulement d'avoir de l'ambition. Encore faut-il être compétent“. Et le nouveau ministre de joindre l'acte à la parole en exhibant comme une carte magique son long CV avec l'air de dire : n'est pas Rhafes qui veut.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.