Pluies sur le Nord et l'Est du Royaume avec chutes de neige et baisse des températures à partir de dimanche    SM le Roi accomplit la prière du vendredi à la mosquée Abi Al-Abbas Sebti à Casablanca    Benkirane au Forum des retraites : « Je ne veux pas laisser au prochain gouvernement un braise entre les mains »    COP22 : «La place des O.N.G dans le paysage institutionnel»    La date du sommet arabe est-elle reportée ?    Botola en D1 : la reprise avec Raja-FUS au complexe Mohammed V    «Journée Espagne» à l'Université internationale de Rabat    Le soutien de l'Etat aux manifestations cinématographiques    Du cinéma colonial au cinéma social    Les groupes de la majorité apprécient l'initiative des projets de lois relatifs au sage-femme et à l'infirmière    200 millions de dollars pour la lutte contre l'EI en Afrique du Nord    Le vélo de Mme Taubira    Orange soutient les PME d'Afrique et du Moyen Orient    Le futur Lion Sofiane Boufal est courtisé par Chelsea    Affaire Legler : l'épilogue pointe enfin à l'horizon
    Fantômes : comment éradiquer le phénomène?    Commencer par rénover l'hôtellerie    Festival des musiques sacrées du monde: une 22è édition en hommage aux « femmes fondatrices »    Rencontre de communication à Inezgane-Aït Melloul    M. Benkirane souligne l'engagement du gouvernement et sa mobilisation totale pour faire aboutir la COP22    Agenda culturel du 12 au 18 Février 2016    Handball: FAR-Hassania Guercif à l'affiche de la 9e journée    Badou Zaki: « Mon successeur pourra travailler avec sérénité. » Spécial    Le Maroc compte le plus grand nombre de détenus des pays arabes    Qualité de l'air : Une cellule de veille mise en place    Salon International de l'Edition et du Livre : Plus de 650 exposants    Grève nationale : Un taux de participation probant    Insolite    Divers sportifs    Un podium pour El Hassani sur le Pro Golf Tour    Prochaine visite de Ban Ki-moon dans nos provinces sahariennes    Appel au soutien des jeunes porteurs de projets en Afrique    Erdogan hausse le ton sur la Syrie    Une attaque au mortier vise l'aéroport de Mogadiscio    L'Association Chouala célèbre l'art gnaoui    Les mystères de la formation des plis et replis de notre cerveau s'éclaircissent    Le Maroc vidé de sa substance grise : Médecins et ingénieurs du cru se laissent séduire par d'autres horizons    Pyongyang expulse les Sud-Coréens de la zone industrielle conjointe    Fixation des dotations    Lancement officiel à Settat du recensement général de l'agriculture    Clôture de la session parlementaire d'automne    La plainte contre "Much loved" tombe à l'eau    Casablanca à l'heure de son 22ème Salon international de l'édition et du livre    DROIT AU BUT    Syrie : Les déplacés toujours bloqués à la frontière turque    Le bon, la brute et le théâtre    Tanger : Arrestation de 4 individus, membres d'un réseau criminel spécialisé dans le vol qualifié    Trois artistes marocains décorés par la France    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Mohamed Hachem Tyal : «Pour éviter une dépression, il faut renforcer son système de défense»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 08 - 2010

Mohamed Hachem Tyal explique, dans cet entretien, les types de dépressions et les différents traitements et démarches disponibles pour faire guérir les personnes atteintes de cette maladie. Il explique également le rôle de la spiritualité dans ce cadre.
ALM : Pourquoi l'on a de plus en plus tendance à qualifier la dépression du «mal du siècle» ?
Mohamed Hachem Tyal : C'est tout simplement parce que cette maladie est de plus en plus diagnostiquée et aussi parce que l'on vit dans un monde dans lequel les agents révélateurs de nos failles sont de plus en plus nombreux. Cela veut dire que la majorité des cas de dépressions sont ceux qu'on qualifie de névrotiques, c'est-à-dire des dépressions réactionnelles qui sont liées à des failles dans notre système de fonctionnement. En fait, il y a des fragilités qui sont propres à l'être humain, et ces fragilités vont, quand on est confronté à des situations à risque, des situations stressantes et d'agressions psychologiques intenses et surtout répétées, déterminer une réponse de notre psyché sous forme de dépression. Cette dépression exprime en réalité une faillite dans notre système défensif. Les dépressions sont plus ou moins graves, durent plus ou moins longtemps et disparaissent seules ou avec l'aide de soi approprié.
Quelle est la différence entre déprime et dépression ?
La déprime est une réaction physiologique de l'organisme. On passe tous, durant notre vie, par l'expression d'une sollicitation de nos émotions particulières qui sont à l'origine d'un sentiment de déprime assorti d'une tristesse et d'un mal vie . La déprime est en général passagère. Elle dure une ou deux semaines. C'est le temps nécessaire à la réorganisation du système défensif de l'individu. Par exemple, pour un deuil, une personne plonge dans la tristesse et arrive un moment où elle reprend le dessus. Dans le cadre de la déprime, la majorité des individus arrivent à reprendre le dessus. Mais certaines n'arrivent pas à le faire d'où la faillite du système défensif.
Comment expliquez-vous les mécanismes physiologiques de la dépression?
Toutes les dépressions existent en même temps qu'une modification des médiateurs chimiques cérébraux, c'est-à-dire ces petites substances qui sont dans le cerveau et qui déterminent son système d'information. Généralement, ce sont les anti-dépresseurs qui régularisent ces substances. Contrairement à ce que l'on pense, ce n'est pas parce qu'il y a chez quelqu'un une baisse des médiateurs chimiques qu'il y a automatiquement dépression. C'est l'état psychologique de la dépression qui détermine la modification de ces substances.
Quelle est la différence entre dépression névrotique et celle dite psychotique ?
C'est la question de l'origine de la dépression. Les dépressions névrotiques ont du sens, quand on examine la situation du patient en tenant compte de ses failles à lui et la lourdeur de ce qu'il a à digérer dans son quotidien. La dépression psychotique, pour sa part, est un autre type de dépression qui est généralement grave. C'est une dépression qui n'a pas de sens, c'est-à-dire une dépression endogène qui vient de l'intérieur par opposition aux dépressions exogènes qui ont une relation avec ce qui se passe autour de nous. Les pathologies qui rentrent dans ce cadre-là sont les dépressions mélancoliques. La mélancolie est caractérisée le plus souvent par des idées de culpabilité et des idées d'incapacité à guérir un jour qui sont très difficiles à vivre et qui génèrent le plus souvent des tentatives de suicide réussies. Pour les mélancoliques, le suicide est la seule voie pour qu'ils payent pour leurs fautes illusoires, soit ce suicide est dicté par l'idée que leur souffrance est trop importante d'où l'impossibilité de guérir un jour. Dans les dépressions psychotiques, il y a aussi les dépressions dites délirantes.
Que faire pour éviter une dépression?
Pour éviter une dépression, il faut commencer par renforcer son système de défense. C'est-à-dire aménager notre vie de telle sorte à ce que l'on subisse le moins possible les agents stressants. Car le stress nous agresse et nous fragilise. Et aussi penser à faire sur soi un travail de renforcement et de développement personnel. L'être humain n'est jamais statique, il se développe en permanence. Ainsi même si on a un bon niveau de fonctionnement, il faut chercher à l'améliorer.
Quels sont les traitements disponibles?
Ce qu'il y a de plus efficace en matière de traitement contre une dépression c'est l'association des anti-dépresseurs à l'accompagnement psychothérapique par un spécialiste. Quand on donne uniquement des anti-dépresseurs, leur efficacité est énormément amoindrie. Les anti-dépresseurs ne sont pas des bonbons ou des antibiotiques, ce sont des médicaments qui doivent s'inscrire dans une logique globale de prise en charge.
Quel rôle peut jouer la famille du patient ?
Dans ce cadre, les maladies psychologiques posent un problème réel. Quand l'on n'a pas vécu des problèmes psychologiques, d'abord on ne les comprend pas et ensuite on les rejettent. C'est comme si l'être humain ne pouvait pas avoir de problèmes psychologiques alors que c'est le psyché qui fait fonctionner tout. Autant l'on accepte une maladie organique, autant la maladie psychologique est rejetée complètement. Ainsi, la famille du patient, ses proches et ses collaborateurs du travail ne doivent absolument pas lui dire qu'il n'a rien, et que s'il croit en Dieu, il n'aurait pas eu cette maladie. Car cette personne est déjà malade et le fait de lui répéter à maintes reprises qu'il ne croit pas suffisamment en Dieu va aggraver sa situation. Tout ce qu'il faut faire à l'égard du patient, c'est le soutenir par de bonnes paroles et jamais par de bons conseils. Il faut être à son écoute. Tout ce qu'il faut faire à l'égard du patient, c'est lui démontrer qu'on a compris sa souffrance et qu'on est prêt à l'écouter et l'aider s'il a besoin de nous.
Quel rôle peut jouer la spiritualité dans ce cadre ?
Certes la spiritualité aide. Dans la vraie spiritualité, on transcende et on s'élève. Ainsi, la spiritualité donne un soutien important, mais elle nous ne protège pas. Parce que nos failles sont déjà en nous. En fait, la spiritualité aide surtout quand on est bien. Alors que quand on n'est pas bien, la spiritualité n'a plus aucune place, car elle-même est un effort. Par exemple, durant le mois de Ramadan, on s'abstient durant la journée des plaisirs basiques, à savoir manger et faire l'amour, pour pouvoir rencontrer la spiritualité. Ainsi, c'est un effort qu'on fournit. Et on ne peut pas fournir cet effort si on est mal psychologiquement.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.