Le Raja prend sa revanche sur l'AS FAR    Bellarabi décisif mais son équipe s'incline lourdement contre Wolfsbourg    Le WAC arrache le nul in extremis contre l'IZK    La semaine culturelle de Meknès    Le Raja ré-accueille les FAR et le MAT reçoit le DHJ    Terrorisme: retrait de la nationalité espagnole aux personnes condamnées pour terrorisme jihadiste    Formation professionnelle: Le Bac Pro arrive    Alexandrine Allard: L'UPM privilégie une pédagogie par l'action    Université Internationale de Casablanca: Un nouveau campus et de nouvelles filières    60.000 déplacés kurdes syriens arrivent en Turquie    Secteurs public et privé: L'enseignement supérieur à l'heure de l'évaluation    Alerte aux fortes averses orageuses au Maroc    L'arbitre international algérien Mounir Bitam fait éclater un scandale de manipulation des matchs en Algérie    Aïd Al Adha : l'offre couvre la demande    Un potentiel immense à valoriser davantage    Moulay Ismail Alaoui invité d'honneur de l'Université populaire de la Fondation du Fquih Tétouani    L'université Mohammed V fusionne    Le troisième axe le plus important de la ville, selon N. Benbdallah    Nouvelles mesures pour mettre fin aux pratiques bureaucratiques    Criminalisation et répression des ralliements des camps terroristes    El Jadida : Vingt cinq ans de prison pour un parricide    Oui au «Non» écossais    Irak: Premières frappes aériennes françaises contre les jihadistes    Ecosse: Après le non à l'indépendance, des pouvoirs accrus pour les 4 pays du Royaume-Uni    Mohammédia en Division Amateurs: Souvenir...souvenir    Le derby de l'eau : Rafraîchissant !    Ce samedi, la CAF tranchera à Adis-Abeba sur la CAN : Qui aura 2017/2019/2021    Sahara marocain / Droits de l'Homme : L'Algérie est mal placée pour critiquer le Maroc    Entre délices et toxines des fritures, pesez le pour et le contre    A savoir    Ebola : La Sierra Leone confine sa population, l'ONU mobilise    Les marocaines se démarquent : Une Marocaine, cinquième dauphine de Miss World    Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain : Plus qu'un espace d'exposition, un centre de la vie artistique    Intenses activités royales pour le développement économique et urbain de la ville à Tétouan    Les syndicats en rang serré contre Benkirane    Cinq Marocains parmi les milliardaires de l'UBS    La moitié des super-riches chinois projettent de partir à l'étranger    La lutte contre les narcotrafiquants passe à la vitesse supérieure    Baisse de la mortalité des moins de 5 ans    Driss Lachguar : Le gouvernement s'empêtre de plus en plus dans ses promesses pompeuses et désespérément creuses    Fin du moratoire sur les expulsions des migrants irréguliers    L'OFPPT présente les faits marquants de sa stratégie    La chronique parisienne : Un concours pour dénicher des auteurs de talent    56 courts-métrages en lice au Festival méditerranéen de Tanger    Les Haddarates d'Essaouira font vibrer Copenhague    Figures féminines radicales    Honteux !    Une étude plaide pour une croissance sobre en carbone d'ici à 2030    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

Maroc - Espagne :
Publié dans Finances news le 13 - 09 - 2012

Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics (FNBTP), nous fait part de l'impact de la crise espagnole sur l'économie et rappelle la nécessité d'établir le principe de l'équivalence basée sur l'ouverture et le libéralisme dans les deux sens.
- Finances News Hebdo : Les prévisions pour l'année 2012 manquaient d'enthousiasme pour le secteur du BTP à cause de la crise européenne. Comment se présentait la situation durant le premier semestre de l'année en cours ?
- Bouchaïb Benhamida : Dans sa note de conjoncture trimestrielle publiée en juin 2012, le Haut Commissariat chargé du Plan constate que les activités de construction, principal socle de la croissance économique au début de 2012, auraient affiché, au deuxième trimestre 2012, une inflexion de leur dynamique, enclenchée à la mi- 2011. Cette inflexion touche principalement la demande tempérée par le retrait des crédits immobiliers destinés aux promoteurs. On peut également imputer cet infléchissement aux aléas politiques et au retard dans l'adoption de la Loi de Finances. Par ailleurs, le même Haut Commissariat chargé du Plan, dans le Budget Exploratoire publié en juin 2012, relève que le secteur du Bâtiment et Travaux Publics poursuit sa tendance favorable et devrait connaître une croissance soutenue en 2012.
Ce qui permet de noter que le secteur continue sa résilience par rapport à la crise internationale et européenne. Les entreprises sont plutôt inquiètes pour les années à venir avec l'achèvement de plusieurs programmes structurants dans les infrastructures ou les problèmes de financement des programmes immobiliers. Le gouvernement, pour sa part, assure maintenir l'effort d'investissement public, ce qui doit nous rassurer sur l'évolution future avec de nécessaires adaptations liées à l'introduction graduelle de nouveaux modes de financement comme les contrats de partenariat public-privé ou les concessions.
- F. N. H. : L'année 2012 a également connu l'aggravation de la crise financière espagnole. En avez-vous ressenti l'impact sur votre activité? Dans quel sens ?
- B. B. : Depuis le début de la crise financière en 2008, nous assistons à une déferlante d'entreprises de tous les pays, notamment espagnoles, attirées par les programmes dans le BTP au Maroc et l'ouverture totale de notre marché.
Ces entreprises de toutes tailles et de toutes les régions déstabilisent le marché en pratiquant une concurrence très agressive.
- F. N. H. : Qu'en est-il des investissements espagnols dans le BTP durant cette année?
- B. B. : Je ne peux répondre à cette question. La presse a fait état en son temps du retrait de FADESA. Mais d'autres projets initiés par des investisseurs espagnols continuent.
Mais, ceux qui nous intéressent ce ne sont pas les investisseurs qui sont les bienvenus dans notre pays et qui y bénéficient d'un cadre favorable.
Nous sommes préoccupés par des entreprises qui viennent prendre des marchés chez nous pour ramener de l'argent chez elles.
Ces entreprises n'investissent pas, au contraire !
- F. N. H. : Pour tirer vers le haut son économie, le gouvernement espagnol a entamé l'internationalisation de ses entreprises dans d'autres pays, notamment au Maroc. Quel regard portez-vous sur cette stratégie ?
- B.B. : Tous les pays développés ou émergents ont mis en place, et depuis longtemps, des politiques d'incitation à l'internationalisation de leurs entreprises avec des modalités et des leviers différents, que ce soit l'Espagne, le Portugal, la Turquie, la Chine ou les autres.
C'est même un choix obligé dans notre secteur, car après les guerres ou les cataclysmes naturels, et pour faire face aux besoins des populations et des économies nationales, les pays doivent construire des infrastructures, des parcs de logements, des équipements collectifs. Mais aucun pays ne peut construire indéfiniment des autoroutes ou des voies ferrées, des ports et aéroports. Il faut donc penser à des débouchés pour les entreprises qui se sont fait les dents sur les programmes nationaux. Donc, il faut aider ces entreprises à s'exporter sur des marchés extérieurs et des pays en construction, comme le Maroc, l'Afrique, ou le Maghreb.
En même temps, ces pays d'Europe, comme d'Asie, ferment leurs marchés et même leurs frontières physiques. Rien que les contraintes du visa rendent impossibles toute intervention d'une entreprise marocaine en Espagne ou partout ailleurs en Europe. Le Statut avancé ne s'applique que dans le sens Nord-Sud!
- F. N. H. : De quelle manière ces entreprises peuvent affecter les entreprises marocaines ?
- B. B. : Les entreprises espagnoles et autres de toutes tailles s'attaquent à tous les segments du marché du BTP et pratiquent une concurrence très agressive avec une casse incroyable des prix.
Ce qui affecte nos entreprises qui doivent faire face à une stratégie de terre brûlée de la part d'entreprises étrangères qui, bien des fois, se révèlent défaillantes ou finissent leurs marchés par des litiges et des réclamations avec l'appui de leurs gouvernements.
Certaines entreprises espagnoles ayant travaillé au Maroc viennent de défrayer la chronique en saisissant le Parlement européen contre le Maroc.
L'autre impact négatif, durablement négatif, est l'intervention des entreprises étrangères au Maroc qui n'a pas de retombées sur notre économie en matière de transfert de savoir-faire. Les entreprises étrangères se contentant de débaucher le personnel formé par les entreprises nationales sans du reste lui offrir l'opportunité de perfectionner ses connaissances en le confinant dans des tâches non stratégiques. Ou alors, elles se contentent de sous-traiter à des tâcherons qui se retrouvent souvent avec des ardoises non réglées.
En effet, les rares expériences de groupements ou de sous-traitance avec des entreprises marocaines n'ont été ni durables ni bénéfiques pour les Marocains.
Il est intéressant de noter que les entreprises espagnoles, malgré la proximité et les liens de l'histoire, n'ont pas réussi à pérenniser leur présence au Maroc. Les Dragados, Ferrovial, FCC sont venues et reparties. D'autres arrivent poussées par la crise, avec toujours la même approche ignorant le partenariat et une vision sur les long et moyen termes. Que d'opportunités ratées, hier, aujourd'hui et demain! Pas seulement sur le marché marocain mais aussi en Afrique et au Maghreb!
- F. N. H. : L'Espagne est aujourd'hui à la recherche de toutes les pistes exploitables, comment protéger alors notre économie et nos entreprises notamment dans le secteur du BTP ?
- B. B. : Nous devons importer leurs stratégies de «défense» de leur marché national du BTP et de leurs entreprises.
Les projets de BTP, qui sont financés, immédiatement ou de manière différée mais avec des intérêts sonnants et trébuchants par la collectivité nationale, doivent permettre de construire parallèlement des entreprises qui iront chercher des marchés et des devises et améliorer l'état de notre économie. Nous devons apprendre à raisonner avec le principe de l'équivalence: oui à l'ouverture et au libéralisme, mais dans les deux sens.
Il est heureux que ce débat coïncide avec l'étude en cours pour l'élaboration et la mise en œuvre d'une stratégie de développement de l'ingénierie et de l'entreprise nationale du BTP, lancée par le ministère de l'Equipement et des Transports, la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics, la Fédération Marocaine du Conseil et d'Ingénierie et qui permettra d'analyser les impacts négatifs de l'intervention des entreprises étrangères du BTP dans notre pays et les voies et moyens de développer l'excellence et la compétitivité de nos entreprises.
Dossier réalisé par L. Boumahrou


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.