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PLIENS FEUX SUR : Mohamed Boussaïd et Anis Birou
Publié dans La Gazette du Maroc le 27 - 10 - 2007

Ce sont les deux figures montantes du gouvernement El Fassi. Valeurs sûres, le premier a réussi à établir un score intéressant en matière de lutte contre l'analphabétisme avec une approche originale. Le second a bien secoué le cocotier de la fonction publique. En lançant notamment le fameux départ volontaire à la retraite.
Mohamed Boussaïd : ministre
du Tourisme et de l'artisanat
Un pontiste pour achever le Plan Azur
Celui qu'on pressentait logiquement aux commandes des Finances se trouve, en dernier ressort, gagnant au change en prenant la tête de deux départements clés, dans la compétitivité extérieure du Royaume, en l'occurrence le Tourisme, premier pourvoyeur en devises et l'Artisanat fer de lance du Plan Emergence dans la nouvelle stratégie industrielle du pays. Le pontiste, qui fût la révélation du gouvernement remanié de Jettou, est l'homme des défis de la nouvelle législature pour achever au mieux des objectifs touristiques, les méga-chantiers du Plan Azur, moderniser les infrastructures hôtelières en quête de relooking, restructurer la qualité de l'offre des produits et des prestations et mettre un point d'honneur à boucler et à dépasser le cap des 10 millions de touristes étrangers en fin de décennie, pour engager les programmes de la Vision 2020 définie aux dernières assises du tourisme de Fès. C'est que Boussaïd est un atout gagnant, d'un pragmatisme formidable et d'une rigueur intraitable dans les chantiers qu'il génère et les projets qu'il suscite à travers lesquels a émergé la force de l'ancien ministre de la Modernisation des Secteurs publics focalisée dans ses grandes capacités d'innovation. En menant dans les règles de l'art l'opération Intilaka des départs volontaires, en revitalisant les négociations avantageuses avec les partenaires sociaux, unique dans les annales des politiques publiques du Royaume, notamment en établissant le consensus général lors de la revalorisation indemnitaire et statutaire des fonctionnaires, qui fût un succès sur toute la ligne. L'ancien patron de la DEPP nouvelle formule «Cession de portefeuille public par projets industriels» a également montré tout son savoir-faire lors de la traque des fonctionnaires fantômes et de la mise en place du processus et des structures dédiées à la moralisation publique et à la lutte contre la corruption. Enfin, le programme électoral du RNI dont il fût l'un des penseurs, est un chef d'oeuvre sous ses angles économique, financier et fiscal.
Et ces dernières aptitudes connues et reconnues sont une véritable police d'assurance pour le chamboulement des méthodes de travail et la maîtrise des grands dossiers sous tous leurs angles, d'autant plus que « l'Eliott Ness » du gouvernement Jettou s'est taillé une réputation ferme de subtil meneur d'hommes et de stimulateur des compétences et des capacités d'innovation de tous ceux qui ont eu à collaborer de près ou de loin avec l'ancien président de l'Amicale des ingénieurs des ponts et chaussées. Cette dernière avait propulsé le jeune ministre aux premières loges de l'actualité nationale marquée par la tenue du premier colloque scientifique sur la Régulation économique au Maroc. Et c'est grâce au pontiste, qui avait ce jour là rameuté tous les ténors managériaux et économiques du Royaume pour livrer les premières grandes recommandations sur la mise à niveau et la modernisation d'une économie libérale indissociable d'une régulation indépendante et impartiale encore très peu connue au Maroc.
Anis Birou : Secrétaire
d'Etat chargé de l'Artisanat
Un fin négociateur reconduit
L'ex-patron du secrétariat à la lutte contre l'analphabétisme a reçu un poste sur mesure pour redresser l'artisanat. A 45 ans Anis Birou a derrière lui un parcours sans fautes. D'abord universitaire : Titulaire d'un diplôme d'ingénieur statisticien économiste avec grade d'ingénieur en chef. Puis un parcours professionnel où il ne perd pas de temps.
Il a été chargé de 1982 à 1985 du service statistique et documentation à la Direction de la planification et des études au ministère des travaux publics avant d'être nommé chef du service structuration des prix en 1990. De 1993 à 1995 il a occupé la fonction de conseiller en gestion à la Direction générale de l'Hydraulique, puis chef de l'unité centrale d'organisation au ministère des travaux publics de 1995 à 1997. Il a été désigné chef de cabinet de la secrétaire d'Etat à l'Entraide nationale de 1997 à 1998 et chef de cabinet du ministre de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique de 1998 à 2002.
Homme affable, d'une grande capacité d'écoute, ce responsable a piloté l'Office national des oeuvres universitaires sociales et culturelles, avant d'être nommé secrétaire général du ministère de la modernisation des secteurs publics. En juin 2004, il a été nommé par le Roi Mohammed VI, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, chargé de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle.
Pendant la dernière campagne contre l'analphabétisme, Anis Birou a su convaincre avec les mêmes arguments, mélange de pragmatisme et d'action. Grâce à une approche originale, l'homme a non seulement travaillé à sortir de nombreux marocains du gouffre de l'ignorance, mais surtout pour éviter que d'autres n'y tombent. En clair, le responsable a su rendre effective une politique sérieuse et réaliste, qui dure dans le temps, qui sait mobiliser les moyens nécessaires et adéquats en faisant adhérer le monde des affaires et la société civile au défi d'éradication de ce fléau qui handicape sérieusement la société marocaine. El Fassi, lui, a concocté un statut particulier de secrétaire d'Etat auprès du ministre du tourisme et de l'Artisanat, chargé de l'artisanat.
L‘homme qui a pris les rênes d'un secteur prometteur mais qui a besoin d'un sérieux coup de balai ne compte pas se presser. Pour l'instant, il prend le temps d'étudier les dossiers et de rencontrer les opérateurs du secteur.
«Ce secteur est riche, il y a des niches qui ont besoin d'être sérieusement explorées. La bijouterie et le cuir peuvent servir de locomotive pour sortir l'artisanat de la léthargie », explique-t-il. Le Département de l'Artisanat aura ainsi à accompagner des entreprises du secteur grâce notamment à la mise en place des partenariats durables avec des réseaux de commercialisation ciblés à l'export et ce, à travers un appui à la prospection et au démarchage de ces réseaux. Vaste programme.


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