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La pharmacopée traditionnelle: «Tout mal a son remède»
Publié dans La Gazette du Maroc le 20 - 02 - 2009

Depuis la nuit des temps, les Marocains ont cru aux vertus thérapeutiques des substances naturelles. Ils ont aménagé une place de choix, tant dans leur esprit qu'au sein de la société, au guérisseur, au thaumaturge, au « sage » (Hakim) et au marchand de substances réparatrices (Attar).
Au-delà de l'abondante littérature léguée par la médecine arabo-persane, la tradition orale a pu préserver une mémoire pharmacodynamique impressionnante. Le traitement de l'hypertension au moyen de l'extraction du sang par le haut de la nuque (hjama), la dynamisation de la circulation sanguine par les euphorisants naturels, la surexcitation libidinale par les plantes homofluidifiantes ou la cicatrisation accélérée de la défloraison hypertrophique de l'hymen par des cailloux siliceux (chabba)…etc. nous viennent du fond des âges. A ce jour, l'écrasante majorité de nos compatriotes combinent les traitements modernes avec les médications traditionnelles. Même les couches supérieures de la société marocaine font leur marché dans la pharmacopée traditionnelle. Depuis quelques années, la profession d'herboriste a prospéré dans nos villes. Des magasins chics, aménagés à la manière des pharmacies, peuvent prescrire et livrer des traitements homéopathiques à prix d'or. Parfois au mépris du fameux principe de précaution. Au fin fond du souk «Sammarine», une série impressionnante d'échoppes de condiments et autres herbes séchées capte l'attention des touristes et des autochtones. On y trouve une infinité de parfums, de saveurs et d'odeurs. A côté de ces substances parées de toutes les couleurs, des peaux d'animaux desséchées et des feuillages de volatiles sont présentés à côté de minéraux divers et variés. Il n'est point de maladie qui ne puisse résister aux prétentions thérapeutiques de ces marchands de pharmacopée traditionnelle. A commencer par le rhume en passant par les déficiences érectiles. Certains n'hésitent pas à étiqueter les flacons en indiquant une série impressionnante de pathologies : néphrite, gastrite, migraine, bronchite et tutti quanti...Haj Mehdi va jusqu'à proposer une onction « spécialement préparée pour éradiquer syphilis et sida ! » Amateur de procédures judiciaires –une dizaine de plaintes déposées dans les tribunaux marrakchis –, un Français résident à Marrakech a intenté un procès pour « abus de confiance et escroquerie » contre le vieux Haj. L'Européen reproche au Marocain de lui avoir prescrit et fourni un cocktail herbacé censé juguler à jamais sa périarthrite. Celle-ci continuant de tordre le Français de douleur, un avocat fut requis pour déposer plainte contre le « prétentieux » herboriste.
«La perfection n'appartient qu'à Dieu»
Sur la Place Jamaâ El Fna, une dizaine d'herboristes alchimistes exposent à même le sol une quantité de « produits » les uns plus pittoresques que les autres. Sur leurs étalages, on trouvera des peaux de grenouilles, la chair de reptiles, la langue de volatiles, les boyaux de rats et tant d'autres « délices » de même acabit. Chacune de ces « médications » est particulièrement affectée à tel ou tel mal. Souvent, dans le but – d'ailleurs avoué – de souligner la consistance de la dose prescrite, le « sage » opère des mélanges dont le secret n'est connu que de lui. D'ailleurs, celui-ci se présente toujours en Sahraoui soucieux de faire des va-et-vient entre les contrées sahariennes et la ville ocre. Même si le personnage est visible de tous, tous les jours que Dieu fait, il persiste à répéter la même formule : « Je viens aujourd'hui même de rapporter du Sahara tel remède bien rare !» Du coup, les salariés exclus de la couverture médicale, les chômeurs et les chefs de familles nombreuses trouvent auprès de ces Sahraouis guérisseurs de quoi apaiser les symptômes persistants. De temps en temps, des cas d'intoxication se révèlent. Mais l' « alchimiste » a appris par cœur les réponses à toutes sortes de remontrances. Jamais une plainte n'a abouti dans ce business largement admis par la population. « Tout mal a son remède. On fait, quant à nous, pour le mieux, mais la perfection n'appartient qu'à Dieu ! », ne cessent de répéter les homéopathes traditionnels.


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