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Benkirane : Mezouar est un poltron de la polique. Il n'a pas les épaules pour dire NON
Publié dans Lakome le 16 - 07 - 2013

L'Istiqlal s'est retiré officiellement du gouvernement. Dans un entretien accordé à Lakome.com, Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD a déclaré que « nous sommes face à trois scénarios possibles : reconstituer une majorité avec les partis de l'opposition, dissoudre le parlement en annonçant des élections anticipées ou continuer avec un gouvernement minoritaire».
La troisième hypothèse est à écarter car elle se heurte à des difficultés d'ordre technique notamment pour l'adoption de projets et de propositions de textes législatifs. De plus, des élections anticipées semblent moins plausibles car l'Etat n'est pas prêt d'assumer leur coût matériel, administratif et politique surtout dans un contexte économique délicat. Reste alors la possibilité d'alliance avec un parti d'opposition. Se pose alors la question de savoir quel parti a le plus de chance de succéder à l'Istiqlal ?
Le Premier Secrétaire de l'USFP, Driss Lachgar a à mainte fois déclaré qu'il était hors de question de collaborer avec ce qu'il qualifie de « forces obscures » en faisant allusion au PJD. De son côté, le parti de Benkirane considère toute forme d'alliance avec le PAM comme une ligne rouge à ne pas franchir. L'UC quant à lui a déclaré par le biais de son Secrétaire Général qu'aucune consultation officielle à ce sujet ne lui a été adressée. Ainsi, le RNI semble le seul parti susceptible d'intégrer la coalition gouvernementale.
Al Masse, dans son édition du 11 juillet a écrit que Benkirane avait lancé, depuis le cimetière de Abdellah Benhassoune de Salé, des tractations avec les dirigeants du RNI pour étudier leur entrée au Gouvernement. C'était à l'occasion des obsèques du conseiller RNI du Conseil de la ville de la Salé, Abdelillah Mkinssi.
Dans le même ordre, d'autres journaux se sont fait l'écho de différentes réunions tenues récemment par « les états-majors » du RNI chez le Président du parti Salahdine Mezouar. Tous, semble-t-il sont d'accord pour intégrer le Benkirane II. En revanche, les bases du parti s'interrogent sur ce que le RNI gagnera d'une telle participation.
Mais est-il éthiquement et politiquement concevable que Benkirane, Mezouar, Bouanou et Aftati soit réunis dans une même équipe gouvernementale ?
Mezouar va adultérer la politique marocaine
Depuis l'indépendance du Maroc, jamais un leader politique ne s'est fait autant désavoué comme ne l'a été le président actuel du RNI, Salahdine Mezouar par les dirigeants du PJD.
Lors d'un meeting archicomble à la veille du scrutin du 25 novembre, Benkirane s'est adressé à Mezouar en tenant les propos suivants : « Crois-tu que les gens vont oublier comment tu as accédé à la présidence du RNI ? Ilyass Omari t'a aidé. Il a écarté Mensouri de la course car celui-ci a refusé de se plier aux exigences de Omari et de Fouad Ali El Himma. Comment pourras-tu défendre ton indépendance si demain tu es Chef de Gouvernement ? Comment pourras-tu te dresser contre les instructions provenant de personnes qui se disent proches du Palais ? Tu n'as pas les épaules pour ça » .
Benkirane à Mezour : ton mentor c'est le dénommé Ilyass Omari
Au cours de ce même meeting, Benkirane a continué ses attaques à l'encontre de Mezouar en disant : « Monsieur Mezouar, Excuse moi mais tu n'as pas la carrure. Au Maroc, ce ne sont pas les chiffres ou le taux de croissance qui sont problématiques. Le problème est avant tout politique. Le Maroc a besoin d'un Gouvernement responsable qui agit dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles. Je te conseille de ne pas te mouiller car si tu le fais, il te sera difficile de t'en sortir »
Cette phrase, « Crois-tu que les gens vont oublier comment tu as accédé à la présidence du RNI ?» va constituer une véritable épée de Damoclès contre Mezouar durant toute la campagne qui a précédé les élections.
Le 22 novembre 2011devant ses sympathisants à Meknes, Benkirane déclare : « As-tu été choisi dans des conditions normales et démocratiques ? Sais-tu que ton prédécesseur, Monsieur Mansouri a refusé d'obéir aux pressions du PAM conduites par le dénommé Ilyass Omari ? Sais-tu que lorsque Mansouri a refusé de mettre un terme à son alliance avec Jamie Mouatassime à Salé, ils ont juré de le chasser de la présidence du RNI et par la suite, du Parlement ? Ce sont eux qui t'ont mis à sa place. Y a-t-il autre chose que l'on ne sait pas Monsieur Mezouar ? »
Benkirane : Mezouar est un poltron de la politique
Pire encore, Benkirane accuse Mezouar de lâcheté et d'incapacité à l'affronter lorsqu'il a refusé de participer à un face à face télévisé sur Médi 1 TV.
Au cours du même meeting, Benkirane s'interroge : « depuis quand une personne qui est parachutée à la tête d'un parti soutient un autre parti (PAM) alors que ce même parti lui a ôté la présidence du Parlement et lui a retiré ses parlementaires ?? Est-ce qu'une personne pareille peut se dresser contre les instructions et éteindre son téléphone face aux lobbies qui se disent proches du pouvoir et qui gravitent autour du carré d'or ? »
Et Benkirane de poursuivre: « Je n'ai rien contre cet homme. C'est un homme charmant. S'il veut devenir Ministre, on peut voir ce qu'on peut faire pour lui mais jamais il ne pourra être Chef de Gouvernement. C'est un poltron ! Il ne peut pas dire NON aux conseillers. Il sait qui sont ses mentors et ceux qui ont fait tomber Moustapha Mensouri » .
Il est humiliant pour moi de faire partie d'un Gouvernement dirigé par Mezouar car c'est quelqu'un qui n'a pas le niveau
En novembre 2011, Benkirane poursuit ses attaques contre Mezouar et déclare devant ses militants : « si tu gagnes aux élections, je te félicite dès aujourd'hui mais ne compte pas sur moi pour faire partie de ta coalition. Ce serait une humiliation pour moi car tu n'as pas le niveau. Par contre, si nous accédons à la Présidence du gouvernement, tu peux éventuellement prétendre à un poste de ministre mais jamais au poste de Chef du Gouvernement car tu n'as pas la carrure politique pour une telle fonction ».
Benkirane à Mezouar : Sois un homme !
Malgré la victoire du PJD aux élections du 25 novembre, Benkirane n'a pas cessé de prendre pour cible le président du RNI comme il l'a fait au mois de septembre 2012. Ses propos acerbes à l'égard de Mezouar ne s'arrêteront pas là. Benkirane va profiter de l'affaire des primes pour demander à l'ancien Ministre des Finances « d'agir en homme au lieu de se cacher derrière les signatures d'autrui ».
Aftati : Mezouar prend 400 000 dirhams sous la table
Benkirane n'a pas été le seul à attaquer Mezouar. Ce dernier va être la cible de plusieurs dirigeants du PJD dont le plus célèbre est Abdelaziz Aftati, membre du Conseil National. Sa critique durant le mois de juin 2012 au Parlement demeure la plus virulente lorsqu'il accusera Mezouar, alors Ministre de l'Economie de « prendre 400000 dirhams sous la table».
D'aucuns pensent que Aftati est à l'origine de la publication de documents qui attestent de l'existence de primes mutuellement autorisées entre Mezouar et le Trésorier Général du Royame, Noureddine Bensouda. Aftati deviendra alors l'ennemi juré de Mezouar. C'est ce qu'il a laissé entendre lorsqu'il sera interrogé dans l'émission de « l'invité du dimanche » sur les personnes à l'origine du scandale.
Bouanou rappelle à Mezouar l'échec du G8
Un autre dirigeant du PJD et président de son groupe parlementaire, Abdellah Bouanou, a lui aussi sorti son attirail contre Mezouar à plusieurs occasions. Sa plus célèbre critique est intervenue lorsque Mezouar a été l'invité de la MAP et avait demandé la démission de Benkirane.
Ainsi, lors de la réunion de la commission de l'Intérieur au sein de la chambre des représentants qui s'est tenue en mai dernier, Bouanou avait lancé à Mezouar : « vous avez échoué. Au lieu de demander la démission de Benkirane, demandez-lui de dissoudre le Parlement et d'organiser des élections...Avez-vous peur ?
Bouanou avait considéré les propos de Mezouar à la MAP comme « un retour à l'autoritarisme pré-constitutionnel ». Lors de son intervention devant la commission il dira: « le G4 et le G8 ont échoué et Dieu s'y est opposé. Et maintenant Dieu changera d'avis ? Vous ne reviendrez pas grâce à Dieu »
Mezouar : impossible de s'allier aux obscurantistes
De son côté, Mezouar n'est pas resté bras croisés devant ce torrent d'attaques successifs. Il va alors tenter à plusieurs occasions de résister aux critiques et d'y répondre. Cela a été le cas lorsque le Chef du Gouvernement l'a accusé de jongler avec les chiffres relatifs à l'exécution de la loi de finance 2011. Dans le journal Assabah, Mezouar a répondu qu'il s'agissait d'une accusation « gratuite » et « dangereuse » en accusant le Gouvernement d'inertie et d' « idéation déficiente ».
Pire que cela, Mezouar va même jusqu'à accuser Benkirane et ses amis d'être porteur d'une idéologie obscurantiste. Lors de l'émission Hiwar sur la première chaîne publique, Mezouar va déclarer : « Nous avons des divergences profondes avec ces messieurs du PJD. Nous refusons que la religion s'immisce dans le politique. Avec nos amis progressistes nous lutterons contre l'idéologie obscurantiste ».
Mezouar : On perdera tout crédit si nous faisons alliance avec Benkirane
Pendant le mois de décembre 2011, lorsque Benkirane était en consultation avec d'autres partis politiques pour constituer l'équipe gouvernementale, Mezouar avait fait une sortie médiatique remarquée en disant : « nous devons préserver la crédibilité du jeu politique. Chacun doit rester fidèles à ses choix et à ses priorités. Qu'adviendra-t-il de notre crédibilité si demain Mezouar et Benkirane dépassent leurs désaccords profonds pour gouverner ensemble ? C'est la démocratie de notre système politique qui en prendra un coup »
Après tous ce passif d'accusations et d'attaques mutuelles, les deux formations peuvent-elles vraiment cohabiter au sein d'un même Gouvernement ?


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