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Mustapha Bakkoury, la « jeune garde » aux commandes du PAM…
Fahd Yata
La Nouvelle Tribune : 22 - 02 - 2012
Pour beaucoup d'observateurs, l'élection de M. Mustapha Bakkoury à la tête du Parti Authenticité et Modernité, à l'issue du congrès tenu le week-end dernier à Bouznika, a constitué une réelle surprise. Le nouveau Secrétaire général, en effet, est quasiment vierge en politique, même s'il avait fait partie en 2008, des fondateurs du Mouvement de Tous les Démocrates, une association qui avait servi de creuset originel pour le PAM, à l'époque où M. Fouad Ali Al Himma, quittant le sérail gouvernemental, s'était lancé dans l'arène politicienne. Jusque-là, M. Bakkoury était surtout connu des milieux bancaires et financiers, ses compétences ayant été essentiellement exercées dans des organismes privés (BMCI, BNP Paribas) ou publics (CDG, MASEN) liés au financement de grands projets et au développement économique et infrastructurel national. Nonobstant le fait que son élection à la tête d'une formation politique pourrait peut-être entraîner sa démission de MASEN, une société anonyme à capitaux publics, dont il a été nommé président du Directoire par Dahir royal, son profil et sa personnalité indiquent clairement que le PAM veut aujourd'hui « relooker » son image de marque. En effet, avec Mohamed Cheikh Biadillah, son prédécesseur, homme politique blanchi sous le harnais, le PAM était clairement dans une position transitoire. Chacun savait que l'ancien ministre de la Santé, ex-gouverneur de Salé, autrefois encarté au Mouvement Populaire, avait été choisi pour ses aptitudes politiciennes, sa bonne connaissance du terrain politique, son carnet d'adresses bien fourni…et sa fidélité, sinon sa proximité du Pouvoir. Il était, en somme, le représentant légal et investi comme tel du « deus ex machina », Fouad Ali Al Himma, tenu à une certaine discrétion du fait de ses qualités de compagnon d'études et d'ami du Souverain. Cheikh Biadillah a donc géré la maison, avec une certaine réussite puisque, malgré la (petite) tourmente née du 20 février dernier 2011, les slogans anti FAH lancés par des cohortes juvéniles habilement manipulées, l'image négative que le PAM projetait à certains moments comme formation aux ambitions monopolistiques sur la scène politique nationale, le parti au Tracteur a pu obtenir 46 sièges lors du scrutin législatif de novembre 2011. En se positionnant désormais comme la quatrième force à la Chambre des Représentants, dotée d'une implantation réelle dans le pays, le PAM avait incontestablement besoin de faire peau neuve, d'offrir une nouvelle image aux citoyens et de se mettre en situation de faire bonne figure lors des prochaines échéances électorales, (communales et municipales) d'une part, mais aussi d'assumer son rôle de force d'opposition au sein du Parlement. Biadillah faisait sans doute trop « vieux », Bakkoury, 48 ans en 2012, représente en fait la nouvelle génération dirigeante. Et gageons qu'il apprendra très vite le métier de politicien professionnel qui est désormais le sien…
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