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Après le statu quo du mois d'août, le marché va-t-il renouer avec un trend haussier ?
M D
La Nouvelle Tribune : 31 - 08 - 2010
La Bourse de Casablanca a tenu bon durant le mois d'août en maintenant ses performances boursières presque intactes et ce malgré les importants détachements de coupons relatifs aux distributions de dividendes par plusieurs entreprises cotées de la place. Ainsi, à une séance du bouclage du mois d'août, les indices MASI et MADEX réalisaient des performances boursières annuelles respectives de 12,65 % à 11 764,99 points et 13,40 % à 9 599,12 points. A priori, tout le monde s'attendait à une baisse des indices du marché et ce pour plusieurs raisons. D'abord, la période estivale est souvent marquée par le ralentissement de l'activité boursière à l'image de l'activité économique en général. Cela se justifie notamment par la faiblesse des volumes échangés au niveau du marché central actions dont les volumes moyens quotidiens des échanges tourne autour des 160 MDH. Et durant cette période, c'est le mouvement vendeur qui tend à dominer tirant par la même occasion les cours vers le bas. Ce qui n'a pas vraiment été le cas durant ce mois d'août. Ensuite, le marché est tiré vers le bas par les détachements de coupons de plusieurs sociétés cotées qui ont procédé à des distributions de dividendes durant le mois d'août dont : Atlanta, Alliances, Lafarge, Disway, Oulmès, etc. Ces distributions se traduisant par des baisses mécaniques des cours des sociétés distributrices. Enfin, il y a l'effet du retrait des holdings ONA et SNI avec son effet psychologique sur les investisseurs dont certains avaient quelques appréhensions sur le comportement du marché après les retraits de ces valeurs phares. En effet, ces deux holdings figurent parmi les titres les plus liquides du marché et jouent pour nombre d'investisseurs le rôle de valeurs de refuge lors des secousses boursières. Ainsi, en terme de liquidité, le retrait de ces deux valeurs constitue une perte pour un marché qui demeure peu profond à cause notamment du faible flottant des valeurs cotées. Cette situation d'attentisme de certains investisseurs dans une période de faible volumétrie a contribué à la baisse des indices du marché durant les séances précédents le retrait des deux valeurs. Ainsi, à la clôture de la séance du 19 août, les indices MASI et MADEX affichaient des gains annuels respectifs de 10,11 % et 10,75 %. Prémices d'une reprise Quant à la capitalisation boursière de la place, elle a fondu de 48 milliards de dirhams lors de la séance du 19 août, sous l'effet quasi exclusivement du retrait des deux valeurs qui affichaient une capitalisation globale de 47,9 milliards de dirhams. Toutefois, beaucoup d'investisseurs espèrent que la situation sera rapidement corrigée par l'engagement des actionnaires de la nouvelle holding qui naîtra de la fusion de ONA et SNI consistant à accroître le flottant des filiales des deux holdings cotées sur le marché en commençant d'abord par les filiales matures du secteur agroalimentaires (Lesieur Cristal, Cosumar et Centrale Laitière). En attendant que ces promesses se matérialisent, on peut affirmer que le marché a bien digéré l'effet de ces retraits comme en atteste l'évolution des indices boursiers depuis que ces opérations sont devenues effectives. Les indices du marché ont reprit lentement leur trend haussier pour retrouver leur niveau de fin juillet. A titre de comparaison, la capitalisation boursière s'est établie à la clôture de la séance du 27 août à 530,25 milliards de dirhams, soit un niveau meilleur que celui enregistré à fin juillet 2010 après le retrait de l'apport des deux holdings. Mieux, beaucoup d'analystes pensent que le meilleur est à venir. A quelques exceptions près, ils pronostiquent globalement une reprise du marché dans les semaines à venir. Ils s'appuient globalement sur un faisceau d'éléments qui militent pour une bonne orientation des indices boursiers. D'abord, la disponibilité du cash généré par les offres publiques de retrait des holdings ONA et SNI d'un montant global d'environ 10,4 milliards de dirhams auquel s'ajoutent les mannes financières provenant des dividendes distribués par quelques sociétés cotées qui devraient fortement bénéficier au marché boursier qui demeure le placement le plus intéressant et ce d'autant que les perspectives de croissance du marché sont meilleures. Ensuite, l'intérêt pour le marché boursier devrait être renforcé par les niveaux de valorisation actuelle de la place casablancaise qui traite avec un PER 2010 de 17,11x, les bénéfices et un P/B 2010 de 3,27x. Par ailleurs, le marché table sur une reprise réelle des opérations d'introduction en Bourse, véritables locomotives du développement du marché casablancais. Ainsi, après la société tunisienne Ennakl Automobiles, le marché table sur l'introduction en Bourse annoncée de CNIA Saada Assurance. Une grosse opération qui permettra de relancer les opérations d'introduction en Bourse d'entreprises locales en panne depuis bientôt un peu plus de 2 ans. D'autres entreprises de tailles moins importantes sont également annoncées d'ici la fin de l'année. Enfin, une partie non négligeable des investisseurs attendent les publications des résultats semestriels pour avoir une idée plus précise des comportements des différents secteurs d'activité face à une conjoncture nationale et internationale encore difficile pour se repositionner. Les analystes sont globalement optimistes et tablent globalement sur la réalisation de bonnes performances bénéficiaires par la plupart des sociétés cotées. Bref, tous les éléments semblent s'être ligués pour une reprise plus ou moins vigoureuse du marché boursier casablancais. Toutefois, outre les résultats semestriels, les investisseurs ne manqueront pas de jeter un coup d'oeil sur l'évolution de la conjoncture économique et financière internationale et son impact psychologique sur la place casablancaise. M.D.
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