Tourisme: Pauvre com! Encore des déficits en promotion
La Méditerranée a perdu 4,2% de parts de marché en 12 ans
Près de 310 millions de touristes reçus en 2012
La Méditerranée est de loin la première destination touristique mondiale. En 2012, la région a reçu quelque 310 millions d'arrivées internationales (plus du double en arrivées domestiques), selon l'Association méditerranéenne de voyages (Meta). Ce qui représente près du tiers des arrivées dans le monde, estimées à environ 1 milliard. Et pourtant! La destination souffre encore de pas mal de lacunes, selon Meta, à commencer par le manque d'informations sur les attentes des touristes. Valeur aujourd'hui, aucune étude ne permet d'évaluer le poids réel des activités recherchées par les touristes (balnéaire, santé, spa, culture, trekking, golf, famille, …), ni leur évolution. Chose qui pourrait servir à mieux adapter l'offre aux besoins. La Méditerranée souffre également d'un déficit d'image en matière de tourisme durable. Selon TCI Research, membre de Meta spécialisé dans le suivi de la qualité tangible et intangible, la région traîne «une mauvaise réputation en matière d'hygiène, de bonne gestion des ressources en eau et en énergie, de traitement des déchets et de protection des écosystèmes». Pour le moment, il ne s'agit que d'un premier constat, mais qui pourrait porter un sérieux coup au tourisme dans la région dans les années à venir. Surtout que la Méditerranée a perdu quelque 4,2% de parts de marché mondial sur les douze dernières années, passant de 34,6% en 2000, à 30,4% en 2011. Alors que l'Asie en a récupéré 5,8%, passant de 16,1 à 21,9%. Meta attribue ce recul au manque «d'efforts qualitatifs» de la destination, et plus particulièrement du côté de ses rives. En matière de promotion, là aussi beaucoup reste à faire. Une bonne partie des T.O continuent de recourir à des publicités classiques (affichage dans les métros, télévision, radio, …), qui ne séduisent que 10% des consommateurs. Or aujourd'hui, les campagnes sur le Web, plus dynamiques, créatives et plus innovantes, s'avèrent plus payantes. Au Maroc, l'on a compris la tendance. La part du web dans le budget promotionnel de l'Office national marocain du tourisme (ONMT) est passée de 5% en 2008 à 55% en 2012. Même si le secteur privé, qui demande son implication dans la gestion de l'Office, estime que le pays reste toujours classique dans son approche. Côté communication, non plus, l'on n'est pas toujours bon. Après le printemps arabe et les soulèvements en Syrie, par exemple, peu d'actions ont été menées pour contrer le «catastrophisme» des médias occidentaux. Un catastrophisme qui a impacté le tourisme dans plusieurs destinations, dont la Turquie, la Jordanie, le Liban et l'ensemble de l'Afrique du Nord. 2013: Mi-figue mi-raisin Il n'y a pas encore de données permettant d'évaluer les intentions de voyages vers les 30 marchés de la Méditerranée en 2013, mais les professionnels s'attendent déjà à une année plutôt mi figue mi raisin. «Le premier semestre 2013 s'annonce morose, mais une lueur d'espoir s'allume sur le second», prévoit Meta. L'association parie surtout sur la reprise économique aux Etats-Unis et en Chine durant la 2e moitié de l'année. En 2012, le secteur s'en est plutôt bien sorti, avec une plus value globale de 700 milliards d'euros.