La réforme des caisses de retraite prend enfin sa bonne dimension. En effet, ce n'est pas seulement une question technique et il ne faut pas que cela devienne une question politicienne, ni une question de corporatismes. Il est vrai que la pyramide des âges s'inverse doucement. Nous ne sommes plus dans la situation où les jeunes étaient si nombreux et les retraités si peu nombreux qu'il n'y avait pas besoin de politique spécifique. Le problème des caisses de retraite se pose depuis quelques années déjà. Jusqu'ici, les responsables politiques ont hésité, temporisé ou encore n'ont fait que prendre quelques mesures parcellaires. Autant de postures qui ne sont plus possibles aujourd'hui sous peine de voir les caisses de retraite faire inéluctablement faillite les unes après les autres, ce qui revient à déposséder de leur argent les gens qui cotisent depuis de longues années. Telle qu'est la démographie marocaine, telle que s'est allongée, fort heureusement, la durée de la vie, le système actuel n'est plus viable. Il est vrai, toutes les études le confirment, qu'il faut effectivement retarder l'âge de la retraite d'au moins deux ou trois ans et se préparer à le repousser encore dans quelques années; quitte à aménager un système spécifique pour les travaux pénibles; quitte aussi à aménager un système intermédiaire pour ceux qui auraient de nouveaux projets de vie. Il faut voir les choses telles qu'elles sont: aujourd'hui nombreux sont ceux qui abandonnent leur travail les larmes aux yeux, et dont l'expérience pourrait encore servir utilement. Il est aussi nécessaire de changer le mode de calcul, trop dispendieux pour la fonction publique d'un côté, trop démotivant pour le privé de l'autre.