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L'INFO
Publié dans L'Economiste le 02 - 03 - 2017

Tous ces travaux seront achevés dans 5 mois, précise-t-on auprès du département de l'Agriculture (Ph A.K)
Un nouveau recadrage agricole vient d'être mis en place pour accélérer la réalisation des projets de développement lancés dans la province de Taourirt. Ainsi le programme annuel agricole 2017 cible un ensemble d'actions de croissance économique avant fin décembre. Il concerne la petite et moyenne hydraulique dans l'ensemble des communes ciblées par le plan agricole 2017/2019.
En détail, il s'agit de la transformation de cinq forages de reconnaissance en forages d'exploitation, l'installation et mise en service d'un système de pompage solaire pour trois forages, l'équipement en hydromécanique de trois points d'eau, l'équipement en génie civil de trois autres points d'eau et la transformation et l'équipement des points d'eau pour un montant de 10 millions de dirhams. En parallèle des travaux d'aménagement hydro-agricoles, de réhabilitation, réparation et protection du réseau d'irrigation dans cinq communes rurales pour 5 millions de dirhams sont en phase de finalisation.
De son côté, le programme 2017 du pilier II du plan Maroc Vert (agriculture solidaire) a réservé 113,3 millions de dirhams pour la plantation de 230 ha d'oliviers, 1.100 ha d'amandiers et 750 ha pour de nouvelles variétés de cactus. En perspective la constitution de coopératives et la construction d'unités d'extraction d'huile de cactus à des fins commerciales.
Pour protéger les parcours d'élevage, le département de l'Agriculture procède à la plantation de 400 ha de triplex. Il est également en phase de réalisation d'unités d'engraissement pour accélérer le cycle de production intensive des viandes rouges. Des programmes réalisés dans un cadre participatif, en partenariat avec la province de Taourirt et le Conseil régional de l'Oriental. Idem pour les 400 km de pistes rurales prises en charge par le département de l'Agriculture. Toutefois, ce dernier programme attend la constitution du gouvernement pour être financé à partir du fonds de développement rural.
Quant au projet phare de Tafrata, lancé en juin 2013, il sera achevé au cours de 2017 avec un retard dans l'exécution de 6 mois à cause des contraintes administratives et techniques, précise-t-on auprès de la Direction régionale de l'agriculture de l'Oriental. Ce programme profitera à 527 petits agriculteurs et bénéficiera d'une dotation en eau de 10 millions de m3/an à partir du barrage Oued Za via un système d'irrigation localisé (goutte-à-goutte). Ce projet s'étale sur 1.330 ha et a nécessité 370 millions de dirhams pour sa réalisation.
«Plusieurs de ses composantes sont achevées. C'est le cas pour l'adducteur (24,6 km) qui transporte l'eau du barrage au périmètre irrigué et la construction d'un bassin de 207.000 m3 pour la régulation et le stockage. Quant à la réalisation de deux stations de pompage, elle est à 75%», confie à L'Economiste Mohammed Melhaoui, chef de service de l'équipement, responsable du projet Tafrata.
Toutefois, la finalisation de tous ces projets est conditionnée par le visa d'un marché de ligne électrique (sur 52 km), qui stagne au niveau du ministère des Finances depuis octobre 2016.
D'autres travaux sont également en cours et seront accomplis au cours de cette année. Ils se rapportent à la réalisation d'un réseau d'assainissement, des bornes pour des prises d'eau individuelles et une station de filtration collective pour ne pas colmater les goutteurs et les tuyaux d'irrigation. Et pour assurer une bonne gestion des 387 parcelles octroyées, un marché de mesures d'accompagnement est lancé pour convertir les éleveurs de Tafrata en agriculteurs confirmés et leur permettre de maîtriser de nouvelles techniques d'irrigation, les cultures à valoriser et l'économie en eau.
Des partenariats parallèles
Cinq conventions de partenariat engagent les départements de l'Agriculture, le Conseil de la région de l'Oriental et la province de Taourirt pour 2017 et 2019. Elles ciblent le développement de l'élevage ovin sur un parcours de 1.650 hectares pour un montant de 23,6 millions de dirhams. Le renforcement de l'arboriculture (olivier + amandier) est aussi concerné via l'aménagement de 4.881 hectares supplémentaires nécessitant 54,6 millions de dirhams et la modernisation d'un site pour groupement d'intérêt économique au profit de six coopératives. La dernière convention cible l'économie solidaire par le renforcement de la filière du cactus sur 1.350 hectares pour un montant de 16, 3 millions de dirhams.
Droits des soulaliyates: Le grand enfumage
Une grande part des terres de la région de Tafrata concernées par le périmètre d'irrigation sont collectives (soulaliyates). L'apurement des réserves foncières sous ce statut aura été un lamentable échec en dépit des promesses réitérées par le ministère de l'Intérieur (département de tutelle dans cette affaire) et alors même que le Roi a insisté sur le caractère urgent de ce dossier les 8 et 9 décembre 2015 à Skhirat, à l'occasion des Assises nationales de la politique foncière. Sur le papier, plusieurs circulaires (30, 42, 51, 70 et 123) de l'Intérieur en plus d'un guide de répartition (n° 2799) insistent depuis des années sur la nécessité de rétablir les femmes dans leurs droits. Du grand enfumage.
Des soulaliyates ayant approché la province de Taourirt, nourrissant l'espoir que justice soit rendue, en ont fait l'expérience. Officiellement, les fonctionnaires de l'Intérieur arguent de leur incapacité à tenir tête aux Nouabs (représentants des tribus) lesquels, d'après eux, sont intouchables dans l'attribution des droits de jouissance, la fixation des listes des bénéficiaires.
Un argument qui ne résiste pas à la jurisprudence. Par exemple, l'ex-wali de Kenitra (et actuel wali d'Agadir), Zineb El Adaoui, a bien réaffirmé le vrai pouvoir de l'Etat et de ses démembrements quand il s'agit de corriger des injustices, forçant la présence de soulaliyates au conseil de la Jemaâ qui se prononce sur la gestion des terres collectives, nommant 18 Naibates (déléguées) à Kenitra. L'Etat peut changer le cours des choses quand il le veut!
De notre correspondant,


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