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Yasmina Baddou, une main de fer dans un gant de velours
Publié dans L'Economiste le 15 - 03 - 2002

· Le wali de Casablanca l'a choisie comme conseillère juridique
· L'avocate a son cabinet spécialisé dans le droit des affaires
· Acharnement et passion dans tout ce qu'elle entreprend
Les défis sont faits pour être relevés. Une devise qu'aurait pu faire sienne Yasmina Baddou. Avocate au Barreau de Casablanca, elle s'est vu récemment (en novembre dernier) confiée la mission de conseillère juridique du wali du Grand Casablanca. A elle incombe donc la tâche de “défendre les intérêts de la ville de Casablanca”, mission qu'elle remplit à titre gracieux. Flattée que Driss Benhima l'ait choisie, elle ne cache pas pour autant qu'elle est consciente du poids que cela représente. D'apparence frêle, Yasmina Baddou cache un tempérament de battante et une volonté à toute épreuve. Militante de longue date, elle voit dans cette mission un nouveau challenge qui stimule son désir de réussite. Mais c'est aussi, confie-t-elle, “une manière d'apporter quelque chose à la ville”.
Fille de diplomate, Yasmina Baddou a connu une enfance très particulière.
Partie du Maroc à l'âge de sept ans, elle a pratiquement passé toute son enfance à l'étranger. C'est au Liban et en Arabie saoudite, où son père, Abderrahmane Baddou était ambassadeur, qu'elle a effectué ses études primaires puis une grande partie des études secondaires. De cette période, c'est surtout le fait de devoir changer constamment d'établissement qui l'a le plus marquée. Elle a vite compris que pour s'intégrer, c'était à elle de faire le premier pas, d'aller vers l'autre. “Ceci m'a beaucoup aidée, par la suite, dans mon intégration sociale”. A l'âge de 12 ans, retour au Maroc et inscription au lycée Descartes. A 18 ans, elle quitte encore une fois le Maroc. Cette fois, elle se dirige vers la France en compagnie de son mari qui y poursuivait ses études. Son départ a soulevé un tollé à l'époque, se souvient-elle. Son père tenait à ce qu'elle termine ses études et s'inquiétait que ses nouvelles charges de femme mariée n'y mettent un terme. “C'était pour moi un défi d'autant plus que j'étais une élève assez moyenne”, confie Yasmina Baddou. Elle passe donc son bac en France et entame des études de droit. Mais c'est au Maroc, à la faculté de droit de Rabat, qu'elle les terminera. Elle mène parallèlement, et avec brio, ses études et sa vie de famille. Après une licence en droit privé, elle entame un 3e cycle et décroche, en 1998, un 2e CES avant de rentrer dans la vie active. Pour son stage, elle rejoint, en 1990, le bureau de Me Chaoui associé à l'époque à Me Bruno, grand spécialiste de droit foncier. A l'issue de son stage, son père alors à la retraite, lui propose de s'associer avec lui dans un cabinet d'avocats. “C'était une véritable association, nous avons monté ensemble un cabinet à Rabat”. Ce sont les années les plus bénéfiques de sa vie, où elle acquiert l'essentiel de son expérience, raconte-t-elle. Mais le désir de changer la reprend. “Je voulais faire quelque chose de nouveau”. C'est alors qu'on lui propose, en 1994, un poste de directeur à la BCM au sein du département juridique. Mais ni l'ambiance ni le mode de fonctionnement ou les contraintes de la hiérarchie n'étaient pour lui plaire. “Ce travail n'était pas fait pour moi”, confie l'avocate. Mais il lui aura quand même permis de se familiariser avec le milieu des entreprises. Elle apprend également beaucoup sur les rouages administratifs. Mais au bout de ces deux ans, elle décide de se relancer dans l'aventure en montant, cette fois, son propre cabinet à Casablanca. Spécialisé dans le droit des affaires, il compte de grandes institutions parmi ses clients.
Pour sa nouvelle “fonction”, depuis qu'elle a été choisie par le wali, elle s'est déjà saisie des dossiers brûlants qui ont fait, dernièrement, la Une de la presse. D'abord, l'affaire des abattoirs de Casablanca, puis celle de Boukhari et enfin celle du parc de Sindibad. Et ce n'est que le commencement. Mais quelle stratégie adopte-t-elle pour mener à bien sa mission? “Dans l'exercice du métier d'avocat, explique-t-elle, nous n'avons pas une obligation de résultats mais plutôt de moyens. Il faut tout mettre en oeuvre pour ne pas décevoir les gens qui vous font confiance”. Ceci est également vrai quand il s'agit des affaires de la ville. La moindre erreur risque de mettre en péril la ville et les intérêts des citoyens.
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Le militantisme, un héritage sacré
Yasmina Baddou a dès son enfance baigné dans une ambiance nationaliste et militante. Son père, Abderrahmane Baddou, était un grand militant istiqlalien qui a connu, dit-elle, la vraie torture et les prisons. Aujourd'hui, elle a épousé la cause militante et marche sur les traces de son père. “Je me suis toujours retrouvée dans le parti de l'Istiqlal.
D'aucuns disent que c'est un parti ringard, mais je trouve qu'il correspond toujours à mon idéal”, explique-t-elle. “Si la première génération, celle de nos parents, a milité pour l'indépendance du pays, nous, nous militons pour l'établissement de l'Etat de droit, pour plus de démocratie”. Si aujourd'hui, elle est secrétaire de section, chargée de l'animation de la Commune d'Anfa, elle a commencé à la base.
“C'est très formateur, cela permet de connaître le pays, de côtoyer les gens et de connaître leurs besoins. C'est cela la clé de la réussite”, confie l'avocate. Aujourd'hui, Yasmina Baddou mène avec brio un combat quotidien sur plusieurs fronts. Son secret: l'acharnement et la passion pour tout ce qu'elle entreprend. Elle est aussi vice-présidente de l'association Alliance Pro et présidente de sa commission juridique.
· Famille et sport pour se ressourcer
D'abord un cabinet, puis des responsabilités au sein du parti et de l'association Alliances Pro et enfin son nouveau rôle de conseillère du wali. Tout cela demande beaucoup de temps et d'énergie. Comment fait Yasmina Baddou qui est aussi mère de trois filles?
“C'est très difficile, mais j'y arrive avec un peu d'organisation”, répond-t-elle. Pour elle, le déjeuner et les week-end sont des moments sacrés.
Elle ne manquerait pour rien ces instants d'échange et d'intimité avec sa petite famille. Le week-end est aussi consacré à la famille. Parfois, le dimanche matin, elle est prise par le parti mais le reste du week-end est pour la famille.
Le sport occupe aussi une place dans sa vie. C'est une grande adepte de body-building. “C'est ce qui m'aide à tenir, être opérationnelle et avoir de l'endurance” malgré un emploi du temps très chargé.
Elle commence sa journée très tôt mais la séance habituelle de sport doit toujours avoir une place au milieu de ses nombreuses contraintes et charges quotidiennes.
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Les Abattoirs de Casablanca, son premier test
Pour sa première affaire, les abattoirs de Casablanca, le dossier était épineux et soulevait de nombreuses protestations. La construction même des abattoirs, surdimensionnés par rapport aux besoins de la ville, était controversée, explique Me Baddou. Mais ils étaient construits et il fallait qu'ils fonctionnent. Les négociations avec des espagnols étaient donc engagées pour modifier le contrat de départ que l'avocate trouvait très inadapté et très désavantageux pour la ville de Casablanca. «Pour moi, c'était un véritable test, je devais faire toutes mes preuves». De sa réussite dépendait en fait sa «confirmation» au poste de conseillère du Wali qui ne fait de cadeau à personne», explique-t-elle. «Si j'avais raté ce contrat, il aurait cherché quelqu'un d'autre». Le contrat a donc été revu dans sa globalité. «Nous sommes arrivées, en fin de compte, à un contrat extraordinaire avec de nouvelles dispositions en faveur de la ville», souligne-t-elle fièrement. Elles cite à titre indicatif, la durée du contrat qui n'est plus que de 5 ans ce qui réduit considérablement les risques encourus par la ville et la possibilité donnée à la communauté urbaine d'intervenir à tout moment si le besoin s'en fait ressentir. Selon Me Baddou, les Espagnols ont apprécié le nouveau climat plus professionnel, et au lieu de fuir sous le nombre des exigences, ils étaient plus confiants.
Pour les parcs de distraction (au nombre de sept) jusqu'alors concédés à la société des foires de distraction, dans le cadre d'un contrat de gestion, l'approche était plus facile selon Me Baddou. Le concessionnaire avait attaqué la décision administrative de la Communauté Urbaine de Casablanca (CUC) de résilier le contrat. Or, selon l'avocate, le contrat était clair. «Si la société gestionnaire faillit à une seule de ses dispositions, le contrat était automatiquement nul, sans même avoir à le signifier par une mise en demeure», précise-t-elle. Pour Yasmina Baddou, la société a failli à plusieurs des obligations citées dans le contrat. Aucune de ces obligations n'a été honorées selon l'avocate. Aujourd'hui, affirme-t-elle, «le dossier est entre les mains du juge et notre position est très bonne».


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