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Le nouveau gouvernement
Publié dans L'Economiste le 08 - 11 - 2002

· Mohamed Saad El Alami: Un quart de siècle au Parlement
Saâd El Alami a été nommé au poste de ministre des Relations avec le Parlement. Et pour cause, il est parlementaire depuis 1977.
Né en 1948 à Chefchaouen, El Alami a obtenu sa licence en droit public de la faculté de Rabat" class="city">Rabat à l'âge de 19 ans. Deux ans plus tard, en 1969, il décroche le diplôme de l'Institut de journalisme du Caire. De retour à Rabat" class="city">Rabat, il prépare deux autres diplômes de troisième cycle à la faculté de droit.
Saâd El Alami s'est intéressé, dès son jeune âge, au militantisme associatif et politique puisque qu'il était l'un des membres les plus actifs de la jeunesse istiqlalienne et de l'UGEM. A 19 ans, il était déjà membre du Conseil national de l'Istiqlal et depuis 1978, il siège au comité exécutif, la plus importante instance du parti.
El Alami est le fondateur, en 1972, de la Ligue marocaine de la défense des droits de l'homme dont il sera secrétaire général de 1980 à 1986.
En 1975, il fait partie des volontaires de la Marche-Verte. Deux ans après, il représente sa ville natale, Chefchaouen, au Parlement. Depuis, il est toujours réélu. En 1997, il est élu à la Chambre des Conseillers où il siège toujours. El Alami a occupé plusieurs postes dans les collectivités locales (communales, provinciales et régionales). Il est marié et père de 3 enfants.o
· Mohammed Bouzoubaâ: 40 ans au barreau
Mohammed Bouzoubaâ a réussi à décrocher le poste de ministre de la Justice. Un grand chantier de réformes l'attend. Mohamed Bouzoubaâ est avocat au barreau de Rabat" class="city">Rabat depuis 1962. Il a occupé, en 1973, le poste de secrétaire général du barreau de Rabat" class="city">Rabat avant d'être élu en 1976 conseiller et premier vice-président du Conseil municipal de Rabat" class="city">Rabat.
Lors des deux gouvernements Youssoufi, il occupait le poste de ministre chargé des Relations avec le Parlement.Bouzoubaâ est né en 1939 à Meknès. Il est titulaire d'un diplôme supérieur de commerce de l'Université du Caire et d'une licence de droit de la faculté de Rabat" class="city">Rabat.
C'est un membre fondateur de l'UNFP, de l'USFP et de l'Organisation marocaine des droits de l'homme.
Bouzoubaâ a été élu, en 1984, député de Meknès. Depuis le sixième congrès de l'USFP, Me Bouzoubaâ est membre de la Commission administrative du parti.
Il est marié et père de trois enfants.
· Karim Ghellab: Le «technocrate politique»
Karim Ghellab est le nouveau ministre de l'Equipement et des Transports. Il doit donc quitter la direction générale de l'ONCF pour ce superministère. Agé de 36 ans, ce diplômé des Ponts et Chaussées fait ses premières armes au ministère des Travaux publics où il s'occupait des études et de la planification, quand Meziane Belfquih dirigeait ce département. Pendant cette période, il a piloté la commission de suivi du projet du port Tanger" class="city">Tanger-Atlantique. Par la suite, il fut promu responsable de la direction des routes et de la Circulation Routière. Un poste qu'il occupa jusqu'à son départ, il y a presque deux ans. Avant de rejoindre l'ONCF, Mourad Chérif fait appel à lui pour diriger la Free Zone de Tanger" class="city">Tanger.
· Adil Douiri: Ministre du Tourisme
Aucune méchante langue ne se fera faute de dire qu'Adil Douiri fait partie des "fils de", mais ces mauvaises langues le feront sans doute avec un fond de mauvaise conscience: Douiri, ingénieur de 39 ans, est un surdoué qui jusqu'ici n'avait pas sa carte du parti de l'Istiqlal. Il est le fils de M'Hamed Douiri, un autre fort en thème, qui a été dès le lendemain de l'Indépendance et plusieurs fois depuis, ministre.
Adil Douiri est de ces Marocains qui voyant le décollage dans les années 90, y est revenu créer une entreprise, CFG Group, dans un domaine tout à fait nouveau: la bourse, la désintermédiation financière et la banque d'affaires. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg.
Adil Douiri, membre du G14 du temps de Hassan II, a participé à la plupart des grandes réformes économiques du Maroc depuis dix ans, dont celle des marchés financiers.
On ne sait pas si au poste qu'il occupe dans ce gouvernement, il aura la possibilité de redresser cette vision du développement. Douiri a aussi activement participé avec son associé Amyn Alami à l'élaboration et la mise en place de la politique touristique, qu'il connaît donc bien mais dont il devra mettre en place les instruments qui lui manquent encore. Peut-être plus important encore, Douiri a une vision très pragmatique du développement économique et social et des méthodes pour y arriver.
Parce qu'il a un talent reconnu de pédagogue, cette vision, au départ personnelle, irrigue aujourd'hui l'ensemble des instances patronales de la CGEM. Elle a été aussi largement reprise dans le programme électoral du parti de l'Istiqlal et a influencé des pans entiers du programme de l'USFP.
· La ministre new-look
Yasmina Baddou est ministre chargée de la Famille, de la Solidarité et de l'Action sociale. Elle fait sans doute partie avec Adil Douiri de la génération de ministres new-look (les deux sont d'ailleurs istiqlaliens). Cette avocate, spécialisée en droit des affaires et conseillère juridique de Benhima, a été élue aux dernières législatives à la circonscription de Casa-Anfa.
Elle est âgée de 40 ans. Fille d'un ex-ambassadeur, ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères membre du comité exécutif de l'Istiqlal, Yasmina Baddou est membre du Conseil national du parti, membre du Conseil exécutif et secrétaire de la section Istiqlal à Casa-Anfa depuis quelques mois.
· Taoufik Hjira: Une carrière dans l'habitat insalubre
Taoufik Hjira est nommé ministre chargé du Logement et de l'Urbanisme. Ce Oujdi, âgé de 43 ans, est membre du comité central de l'Istiqlal. Il est né dans une famille nationaliste. Son père, décédé il y a plus d'une année, était le représentant du parti dans la région de l'Oriental.
Sa nomination à la tête du ministère de l'Habitat est une réelle consécration. Docteur en urbanisme de l'Université de Montréal, Hjira est un fin connaisseur du secteur. Il a roulé sa bosse au ministère de l'Habitat pendant 19 ans. Sa carrière a démarré à la cellule de l'habitat insalubre. En 1987, il intègre l'ANHI où il gravit vite les échelons. En 1991, il sera nommé directeur des études et de la documentation. Neuf ans après, il quittera ce poste pour la délégation de l'urbanisme de Fès où il assumera la fonction d'inspecteur régional. Son expérience dans le domaine de la résorption des bidonvilles l'aidera sûrement dans la gestion du projet-phare du ministère: le programme national de lutte contre l'habitat insalubre. Hjira est également licencié en économie de la Faculté de droit de Rabat" class="city">Rabat. Il est marié et a 4 enfants.
· Mohand Laenser: Pour le monde rural
Le patron du Mouvement Populaire est désormais ministre de l'Agriculture et du Développement rural. Ce natif d'Immouzzer, âgé de 60 ans, fait partie des vieux loups de la politique qui reviennent aux commandes. Cette nomination trouve peut-être sa logique dans la prédominance du monde rural dans le programme politique du MP. Avec le portefeuille de l'Agriculture, Laenser entame une nouvelle expérience. Car sa carrière a été entièrement consacrée au secteur des postes et télécommunications.
Il a été ministre des PTT pendant 11 ans, de 1981 à 1992. Auparavant, il a assumé plusieurs postes au sein de cette administration. Il était ainsi directeur des Affaires administratives et directeur des services postaux et financiers avant d'être promu secrétaire général du ministère.
Député de Boulmane, Laenser a assisté aux différentes scissions de la famille populaire. La plus importante, qui le conduira à la tête du parti, est celle de 1986 suite au retrait de Mahjoubi Aherdane. Ce dernier fondra plus tard le Mouvement National Populaire. Aujourd'hui, entre les deux, c'est l'ère de la réconciliation après la constitution d'un seul bloc parlementaire.
· Mustapha Mechahouri: Un pur produit de la CDG
Mustapha Mechahouri, 55 ans, a été nommé ministre du Commerce extérieur. Ce militant du MP a fait ses armes à la CDG. Depuis 1995, il y occupait le poste de secrétaire général. Auparavant, il a assuré la responsabilité du portefeuille Titres. En 1974, il a été nommé directeur de la CNRA où il procéda à l'étude et à la création du Régime collectif de l'allocation des retraites (RCAR), du système RECORE, du Fonds de retraite des avocats du Maroc, de la Caisse de retraite des parlementaires, des produits Addamane Al Hirafi et Addamane Al Bahri. A son actif, plusieurs stages à Paris" class="city">Paris et au Québec. En 1994, Mechahouri a mené, en tant que consultant, une étude sur la restructuration de la CNSS du Congo" class="city">Congo-Brazzaville" class="city">Brazzaville.
Administrateur de plusieurs filiales de la CDG, il est secrétaire général de l'association Ahmed Al Hansali pour le développement des provinces de Béni Mellal et Azilal.
· Khalid Alioua, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
Ce polyglotte de 53 ans a occupé le poste de ministre du Développement social, de la Solidarité, de l'Emploi et de la Formation professionnelle dans le premier gouvernement de Youssoufi. Khalid Alioua était également porte-parole du gouvernement. Cet ancien chef de cabinet de Feu Abderrahim Bouabid joue un rôle important dans la définition des orientations idéologiques et politiques au sein de l'USFP. Parmi les actions à mettre à son actif lors de son passage au gouvernement, figurent la création de l'Anapec et de l'Agence de développement social. Alioua avait aussi réussi le pari de réunir, après plus de 10 ans de blocage, le Conseil d'administration de la CNSS et ce, en dépit du boycott de l'UMT. Et même s'il n'est pas arrivé à faire passer le dossier de l'assurance-maladie obligatoire, il n'en reste pas moins qu'il l'avait activé. Ce membre du bureau politique de l'USFP est titulaire d'un doctorat en sociologie politique. Il est également titulaire d'un diplôme d'études comptables supérieures. Alioua s'est aussi distingué auprès de milieux universitaires étrangers par ses analyses sur les sociétés fermées. Il est aujourd'hui directeur de la rédaction du quotidien Al Itihad Al Ichtiraki.
· Nezha Chekrouni, ministre chargée des Résidents marocains à l'étranger
Native de Meknès, Nezha Chekrouni occupe le poste de ministre déléguée auprès du ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle, du Développement social et de la Solidarité, chargée de la Condition de la femme, la Protection de la famille et de l'enfance et l'Intégration des handicapés. Depuis 1987, elle est membre du secrétariat provincial de l'USFP. Elle assume aussi des responsabilités au sein du secrétariat national du secteur féminin USFP depuis 1992. Chekrouni est professeur de linguistique à la Faculté des lettres de Meknès. Elle est aussi membre de la société internationale et du groupe Jarel (équipe de recherche pluridisciplinaire sur la femme ethnolinguistique judéo-arabe - CNRS France" class="city">France). Elle s'est illustrée par sa position par rapport au plan d'intégration de la femme au développement.
· Mohamed El Gahs: Un journaliste-ministre
Mohamed El Gahs est secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse. Ancien militant de la Jeunesse de l'USFP dès l'âge de 14 ans, Mohamed El Gahs s'est engagé dans la vie politique, dès son jeune âge. Le journaliste, député USFP de la circonscription de Sidi Bernoussi, est diplômé de l'école de journalisme de Strasbourg. Auparavant, il a décroché une maîtrise en économie et un diplôme de troisième cycle en gestion de l'Université de Nancy (France" class="city">France).
Beaucoup de mérite lui revient dans la gestion et le développement du journal de l'USFP. Actuellement, Mohamed El Gahs est directeur de la publication du quotidien Libération.


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