· 35 propriétaires d'unités de congélation du poulpe favorables à la reconversion… · ... Ils attendent les résultats de l'INRH Contrairement à ce que tout le monde croyait, les rencontres de Taieb Ghafes avec les propriétaires des unités de congélation de poulpe étaient plus des réunions de travail que de négociation(1). On serait presque tenté de penser que les professionnels de Dakhla et Laâyoune attendaient les propositions du ministre. Et que ce dernier en avait la conviction. C'est compréhensible dans la mesure où les énormes recettes que les professionnels du poulpe engrangeaient, il y a quelques années, se rétrécissent comme une peau de chagrin. Ils avaient donc tellement besoin de cette bouée de sauvetage qu'est la solution proposée par le ministre. Pour une première visite aux provinces du sud, la prestation est honorable. Elle reste pourtant tributaire de ce qui va advenir dans exactement dix jours. Les prémices d'une solution sont pourtant palpables. 34 professionnels de Dakhla parmi 90 (14 à Laâyoune et le reste à Dakhla) ont exprimé leur acception de principe de la solution de Ghafes. Celle de se reconvertir dans des nouvelles pêcheries et de quitter le poulpe (L'Economiste du jeudi 20 novembre). Dans ses déclarations aux professionnels, Ghafes a souligné mardi à Dakhla que «le nombre des unités de congélation dépasse aujourd'hui de loin la capacité réelle du secteur». Idem pour les professionnels de Laâyoune. Qu'ils soient à Dakhla ou à Laâyoune, les reconvertis bénéficieront en échange de licences pour pêcher d'autres espèces de poissons principalement le pélagique. Le ministre est allé jusqu'à proposer les niches que représentent les espèces vivant dans les profondeurs. La nature des autorisations auxquelles les propriétaires des unités de congélation auront droit ainsi que les différentes modalités y référant seront tributaires des recherches que l'INRH (l'Institut national de recherche halieutique) mènera dans la région d'ici à la fin du mois de novembre. Les professionnels sont dans l'expectative. Pour mieux les convaincre, le ministre s'est fait accompagné de responsables de banques. Ces dernières se sont engagées à aider financièrement les professionnels qui auront besoin de fonds pour mettre en place les infrastructures qui conviendront aux nouvelles pêcheries. Par ailleurs, Ghafes a annoncé que les professionnels qui quitteront le poulpe auront aussi droit à des subventions de l'Etat. ------------------------------------------------------------------------ Verdict Selon Mohamed Berraho, directeur de l'INRH, la biomasse (du poulpe) est à son niveau le plus bas. «Le stock de poulpe représente aujourd'hui moins de 10% de ce qu'il était il y a une décennie». La reproduction de l'espèce devient de plus en plus limitée. A l'INRH, on espère qu'il ne s'agit que d'un phénomène de passage. Pire, Berraho craint la disparition du poulpe dans des zones comme le nord de Dakhla, qui étaient connues par leurs fort potentiel en poulpe. Les raisons de cette situation alarmante sont dues, selon Berraho, à une exploitation sauvage qui dépassait depuis le début des années 90, de 40 % les capacités du stock en mer. Le verdict de l'INRH est sans appel. Mostafa BENTAK ----------------------------- (1) A l'invitation du Premier ministre, Driss Jettou, le ministre des Pêches maritimes, Taieb Ghafes, a effectué une visite du 17 au 19 novembre à Dakhla et Laâyoune avec dans son escarcelle des propositions concrètes aux professionnels du poulpe, pour les aider à faire face à la diminution alarmante du stock de poulpe.