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Hamid Chabat, le syndicaliste devenu politicien
Publié dans L'Economiste le 06 - 02 - 2009


· Il veut rempiler pour un 2e mandat à Fès
Fougueux, certes. Coléreux, non. C'est que l'on reconnaît à l'ouvrier, devenu très jeune, représentant des salariés, un sens inné de la répartie. Il a, dit-on, toujours le mot pour «démonter ses adversaires» tout en restant correct dans ses propos. Mais, Hamid Chabat n'est pas homme à se contenter du seul militantisme syndical. Il a d'autres ambitions, somme toute, légitimes. Il devient très vite membre actif du Comité exécutif de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM). La politique l'attire et le tente. Il gravit les échelles et siège désormais dans la citadelle du Bureau exécutif du Parti de l'Istiqlal.
Mais cela reste encore très peu pour le dynamique syndicaliste, arrêté et jeté en prison à plusieurs reprises. Il tente le coup et se fait élire président du Conseil de la ville de Fès. Une responsabilité et une ascension à la dimension des ambitions de Chabat. Très grandes donc. Il va réussir là où ses prédécesseurs ont échoué: donner à Fès un visage digne d'une capitale spirituelle. Cela lui a coûté des amitiés et fait apparaître des ennemis. PJD en tête. Lahcen Daoudi ne disait-il pas que son parti allait «déchabatiser» Fès? Mais cela n'a pas empêché Chabat et son parti de décrocher deux sièges à la Chambre des représentants au grand dam du PJD.
Chantiers, Cour des comptes et parti
Maîtrisant parfaitement ses dossiers et ses chantiers, le président du Conseil de la ville a su convaincre dernièrement la Cour des comptes qui avait relevé 149 «irrégularités». Il s'est expliqué une première fois et puis une deuxième jusqu'à ce que la Cour retirent toutes ses remarques.
Depuis le 31 janvier dernier, Hamid Chabat préside désormais aux destinées de l'UGTM. Une élection qui s'est déroulée, contrairement à ce que l'on s'attendait, sans heurts. Surtout après l'éviction le 4 décembre 2007 de l'ex-secrétaire général, Mohamed Benjeloun Al Andaloussi. Eviction dont a été «accusé», à tort ou à raison, Hamid Chabat. Ce dernier s'était défendu d'être derrière le «coup d'Etat» fomenté contre Al Andaloussi rappelant par la même occasion que c'est lui qui a été derrière l'élection, le 29 janvier 2006, de Benjeloun Al Andaloussi à la tête de la centrale syndicale. Après bien sûr la «déposition» d'Abderrazak Afilal.
A la tête de l'UGTM, Chabat veut faire de la centrale un syndicat modèle. Il a promis restructuration et réorganisation de l'organisation. Il veut aussi aller à la rencontre du patronat et remplir jusqu'au bout son rôle de syndicaliste vis-à-vis du gouvernement dirigé par Abbas El Fassi, lui-même secrétaire général du Parti de l'Istiqlal. A ce propos, Chabat ne prétendrait-il pas à ce poste que El Fassi ne pourra plus occuper dans quatre ans? Légitimement, il en a le droit. Seulement, il devra à ce moment abandonner celui de secrétaire général du syndicat! Le politique l'emportera-t-il sur le syndicaliste?
En attendant, Hamid Chabat ne cache pas qu'il compte rempiler pour un autre mandat à la tête du Conseil de la ville de Fès. Il affirme à qui veut l'entendre qu'il a commencé sa campagne électorale dès que les résultats du scrutin de septembre 2003 ont été proclamés.


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