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Baddou décide d'arrêter les salaires
Les concernées sont déterminées à continuer leur mouvement protestataire
Yousra Amrani Le matin : 13 - 11 - 2008

Le bras de fer entre le ministère de la Santé et les femmes médecins spécialistes fait de nouveau l'actualité. Selon une source proche du dossier, la ministre de la Santé Yasmina Baddou a décidé de mettre ses menaces en pratique et de procéder à partir du mois de novembre à l'arrêt des virements des salaires.
En effet, à partir de ce mois, les médecins protestataires n'y auront plus droit. Une décision, très mal prise par les médecins concernées qui espéraient toujours l'ouverture du dialogue de nouveau avec la ministre.
«Il n'y a absolument aucune justice, aucune égalité et surtout aucune transparence dans les décisions prises par cette nouvelle équipe ministérielle. Contrairement aux clichées, nous voulons rendre service à notre pays mais sans avoir à condamner nos foyers et nos enfants. Je crois que le droit au regroupement familial ne devrait même pas se discuter, et c'est vraiment malheureux que le ministère en fasse une impasse et qu'il veuille sacrifier une centaine de femmes spécialistes dont le Maroc a cruellement besoin pour l'unique raison qu'elles demandent un droit tout à fait naturel de rester près de leurs conjoints et de leurs enfants», souligne l'une des spécialistes sur un ton ferme.
Rappelons l'origine du problème. Le ministère de la Santé avait procédé à un tirage au sort en août dernier dans le but de désigner le lieu d'affectation de 111 médecins spécialistes. Ce dernier dit avoir recouru à une alternative démocratique et transparente pour désigner le lieu d'affectation des médecins. «Nous avons toujours du mal à comprendre la position de ces médecins. En effet, ces praticiens font partie d'une promotion de 327 médecins dont 210 se sont déjà rendus à leur lieu de travail. Certes 80% de ces médecins sont des femmes et la plupart d'entre elles sont mariées, mais cela n'est pas une raison pour faire l'exception à la nouvelle règle», souligne une source au ministère de la Santé. Ce tirage au sort avait donc mis fin à la pratique selon laquelle, l'affectation de la femme mariée se faisait dans un périmètre de 120 kilomètres de son lieu d'habitation. Un avantage qui lui permettait de rejoindre son domicile conjugal en fin de journée. Une décision qui a rapidement suscité la colère des femmes médecins mariées de la promotion 2007. Une promotion qui sera d'ailleurs la première à tester de l'efficacité de cette nouvelle méthode d'affectation.
Mais, le ministère reste indifférent. Pour Yasmina Baddou, il n'est plus possible de faire «la différence» entre les cadres de la Santé sur la base de leur situation matrimoniale surtout lorsque cela menace l'équilibre de la carte sanitaire. «Le Maroc a besoin de toutes ces compétences hommes et femmes. Il ne faut jamais oublier qu'il s'agit aussi de l'intérêt du malade. Tous les médecins veulent s'installer dans l'axe Rabat-Casablanca alors que certaines zones souffrent toujours d'un grand manque. Cela ne pourra plus durer. Il est temps de faire une répartition équilibrée des ressources humaines selon le besoin de chaque région», ajoute la même source. Selon la nouvelle circulaire du ministère de la Santé, les femmes médecins devront donc passer un à deux ans dans leur lieu d'affectation avant de pouvoir prétendre à une mutation à leur ville de résidence.
«Deux années de trop» pour les spécialistes mariées et mères. «Nous avons pratiquement le même âge entre 34 et 38 ans. Une trentaine d'entre nous sont enceintes. Comment peut-on demander à une femme qui a deux à trois enfants en bas âge d'accepter d'être affectée à 1200 km de sa ville de résidence. Le ministère réclame l'impossible. Et nous, nous continuerons d'exiger nos droits», ajoute une autre médecin protestataire. Le collectif des femmes médecins spécialistes a décidé donc de continuer son mouvement protestataire malgré les menaces du ministère d'arrêter les virements de salaire. Le ministère de la Santé, quant à lui, reste confronté à un véritable dilemme. Obliger ces femmes médecins à rejoindre leur poste en exerçant la pression, ou revoir leur dossier à la base de leur situation matrimoniale… le choix reste quand même difficile !
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Urgences
La ministre de la Santé, Yasmina Baddou, a du pain sur la planche. Désormais, la ministre devrait se trouver sur tous les fronts.
A l'instar de ce dossier épineux qu'elle doit gérer, la ministre est appelée à réhabiliter les urgences au Maroc, affecter de nouveaux cadres de la santé dans les différents hôpitaux du Royaume, revoir les dispensaires et les hôpitaux dans les milieux ruraux, et installer de nouveaux services obstétriques dans les unités de santés rurales.
En effet, le plan Baddou prévoit la régionalisation du secteur de la santé. Mais cette politique est toujours confrontée à la résistance des ressources humaines. Les prochains jours révéleront comment cette responsable procédera à la gestion de ces différents.


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