Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
L'activité économique s'annonce relativement bien orientée en ce début d'année en dépit de la persistance de nombreux facteurs d'incertitude pesant sur l'environnement économique international. La perspective d'une campagne agricole des plus performantes à la suite des précipitations abondantes et bien réparties des derniers mois contribuera non seulement à atténuer les effets des chocs de la crise financière mais aussi à consolider le mouvement de redressement enregistré dans l'exercice précédent. Le rythme de progression du PIB réel, tel qu'il ressort des derniers pronostics du CMC (Centre marocain de conjoncture) basés sur les données les plus récentes, devra atteindre 5,4% au terme de l'année 2009. Cette projection table sur le maintien d'une dynamique de croissance soutenue après redressement du cycle conjoncturel observé en 2008. La consolidation de l'activité économique qui ressort de la configuration prévisionnelle pour l'année qui commence recouvre cependant des tendances assez contrastées selon les secteurs d'activité. Dans un contexte international fortement éprouvé par la crise financière et ses prolongements au niveau de la sphère réelle, la dynamique de croissance sera soutenue au plan interne principalement par les activités primaires. Les analystes du CMC s'attendent à ce que le secteur agricole puisse, à la faveur de conditions climatiques satisfaisantes, enregistrer l'une des plus fortes performances depuis plusieurs années. La valeur ajoutée de l'ensemble des activités primaires devra, selon les hypothèses de projection les plus vraisemblables, enregistrer au terme de l'année une progression de 20% en valeurs réelles. Tenant compte de l'importance des activités primaires dans la dynamique économique non seulement à travers le volume de production mais aussi à travers la génération de revenus et la demande intérieure, cette progression pourra assurer jusqu'à 3 points de croissance du PIB. A l'inverse du secteur agricole et l'ensemble des activités primaires, les activités non agricoles devront observer des évolutions sensiblement plus ralenties que l'exercice précédent. La persistance de la crise financière au plan international et ses implications sur les revenus et la demande devront être plus directement ressenties sur certaines branches industrielles les plus exposées aux chocs externes, que ce soit à travers l'affaiblissement de la demande ou la perte de compétitivité. Les mêmes effets pourront être ressentis au niveau des activités de services liées au tourisme ou, plus généralement, à l'ensemble des services liés aux activités des entreprises. L'ensemble des activités non agricoles devront, par ailleurs, être affectées par l'affaiblissement de la demande généré par les flux financiers au titre des investissements étrangers ou encore au titre des transferts effectués par les MRE. Tout en marquant une nette tendance au ralentissement par rapport à l'exercice précédent, la configuration prévisionnelle des activités non agricoles devrait présenter un profil assez contrasté. Les indices d'évolution basés sur les appréciations des opérateurs font apparaître une tendance relativement affaiblie pour le secteur des industries manufacturières avec un taux de progression prévisible de la valeur ajoutée consolidée réduit à 3,1%. Les branches les plus affectées par ce ralentissement de cadence seraient celles du textile, de la métallurgie, de la mécanique et des industries électriques et électroniques. Déjà, les carnets de commande de ces activités industrielles ont connu un fléchissement à la fin de l'année 2008 et la situation au début de 2009 ne semble pas annoncer un début de retournement de tendance. Le secteur du bâtiment et travaux publics, autre activité déterminante de la configuration sectorielle, devrait continuer sur l'élan des exercices précédents mais avec un taux de croissance sensiblement plus ralenti. La valeur ajoutée globale de ce secteur devrait progresser au taux de 7,5% à la faveur de la poursuite des programmes de construction de logements mais aussi de la mise en chantier des grands projets d'infrastructure prévus dans le cadre du budget 2009. L'activité minière qui a subi une conjoncture déprimée en 2008 en raison de l'affaiblissement de la demande externe devrait connaître un certain redressement en 2009 avec un accroissement de la valeur ajoutée estimé à 3,5%. Enfin, le secteur des services devrait profiter essentiellement de la conjoncture agricole favorable pour contrebalancer l'atonie de la demande extérieure et réaliser ainsi une progression de l'ordre de 3,2% au terme de l'exercice 2009. Toujours selon le CMC, le profil conjoncturel pour l'année 2009 tel qu'il ressort de la configuration consolidée des activités agricoles et non agricoles fait apparaître une nette tendance au ralentissement de l'activité sous l'effet des chocs externes. Un tel ralentissement ne manquera pas de retentir sur la demande globale aussi bien de consommation que d'investissement. La demande des ménages devra, en effet, progresser de 7,8% en valeur nominale, perdant ainsi un point de croissance par rapport à l'année 2008. La prise en compte de l'évolution prévisible des prix devrait réduire cette progression à moins de 4% en termes réels. La même tendance devra affecter la formation de capital fixe malgré l'effort important consenti par l'Etat dans le cadre de la programmation budgétaire pour l'exercice 2009. Le volume d'investissement devrait progresser au rythme annuel de 14% contre 15% en 2008. --------------------------------------- Tensions sur l'emploi Au chapitre de l'emploi, le ralentissement attendu de l'activité économique, qui affecterait plus particulièrement les secteurs de l'industrie, de la construction et des services, induirait de fortes tensions sur le marché de l'emploi. Les perspectives agricoles fort prometteuses ne suffiraient pas à elles seules pour induire une véritable détente sur ce marché, compte tenu de l'ampleur du déséquilibre qu'il connaît. Le taux de chômage devrait, dans ces conditions, augmenter de façon sensible particulièrement en milieu urbain. On estime que la moyenne du taux de chômage global gagnerait près d'un point par rapport à l'exercice précédent pour s'établir autour de 10,5%.
Cliquez
ici
pour lire l'article depuis sa source.
|
|
|
|