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Les grands défis d'un club sexagénère
Brahim Oubel Le matin : 20 - 04 - 2009

Depuis sa restructuration, le FUS met les bouchées doubles pour professionnaliser sa gestion administrative et sportive. L'équipe, leader incontestable de la deuxième division, est désormais certaine de reprendre sa place parmi l'élite.
Le Fath omnisport, une ruche où se démènent plus de 10.000 sportifs, répartis dans 17 sections. Plusieurs générations de joueurs de talent et de dirigeants se sont relayées à la barre, animées du même désir : faire du Fath le digne représentant de la capitale administrative du Maroc. Si la gageure a été relevée (momentanément) au niveau de certaines sections (basket notamment), la section football, elle, est toujours à la recherche désespérée d'un titre en championnat. Elle a failli y parvenir à cinq reprises (1973, 1974, 1981, 1982 et 2001). C'est peu, très peu. Mais le bilan n'est pas totalement sombre. Le FUS dispose dans son escarcelle de quatre Coupe du Trône (1967, 1973, 1976 et 1995).
Depuis une dizaine d'années, l'équipe rbatie a brillé par son irrégularité. Elle est devenue le spécialiste de l'ascenseur. D'où les interrogations de l'opinion sportive locale (sur fond de colère) surtout que le Fath est à l'abri de toute impasse financière et ce, depuis 20 ans ; c'est-à-dire depuis qu'il a été sponsorisé par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Ce parapluie vient d'être consolidé après la signature en 2006 d'une convention d'association avec la société «Sport-Dév», filiale du mastodonte de la place Piétri. La modestie des réalisations a trahi le côté dépenses, considérées exorbitantes. Elles dépassent le milliard de centimes ces dernières années. Cela lui a valu la jalousie des autres sections FUS, notamment les plus performantes d'entre elles. Elles réclament «une redistribution équitable de cagnotte des sponsors». D'autres n'admettent pas que la totalité du budget du foot soit affectée aux dépenses courantes au lieu d'en réserver une partie pour l'investissement humain et l'infrastructure. Elles prennent comme preuve, le terrain de foot et les autres installations sportives qui sont dans un état de délabrement très avancé. Cela a contraint la section foot à «recevoir» au complexe Prince My Abdallah.
La salle couverte Hadj Bouaanane est mal conçue, le compartiment d'athlétisme ne dispose pas d'une piste pour les entraînements. Le club nautique a été démoli dans le cadre de l'aménagement de la vallée du Bouregreg. Les autres sections vivent des fortunes diverses en dépit des résultats sportifs probants. Certains cherchent le mal dans la pléthore des sections qui a conduit à la paupérisation de la plupart d'elles.
Autant de raisons qui ne pouvaient laisser indifférentes les bonnes volontés. Le 18 décembre 2007, jour de l'assemblée générale du comité directeur, est ainsi à marquer d'une pierre blanche. Cet après-midi-là, dans la salle de réunions du complexe du ministère de l'Equipement, Med Mounir El Majidi a été plébiscité pour un mandat de quatre ans. Le nouveau patron énonça les grands axes de son plan d'action, un plan ambitieux, empreint d'un grand professionnalisme.
La feuille de route se résume en une trilogie thématique stratégique : mise à niveau des structures et des infrastructures ; instauration d'une véritable politique sportive ; valorisation du « label FUS ». Le lendemain même, les nouveaux aiguilleurs s'étaient mis à l'œuvre. On a commencé par le projet de refonte du canevas juridique (Statuts et règlement intérieur), le renforcement de la gouvernance et l'élaboration d'un manuel de procédure pour l'ensemble des sections et ce, afin d'uniformiser les méthodes de gestion. Depuis 2008, les sections jouent sur la même corde et bénéficient de droits équivalents. Droits contre la présentation d'un plan d'action individuel avec fixation des objectifs.
Concomitamment, on a procédé à la rénovation de l'infrastructure : le stade de foot, la salle couverte Hadj Bouaanane, le complexe Tamajajt (en présence des médias) et le complexe sportif My El Hassan (quartier Annahda). Par ailleurs, le budget de fonctionnement alloué aux sections a été revu à hausse (+25%), par rapport à l'année 2007. Cependant, ces opérations ne sauraient aboutir à un résultat optimal, nous a-t-on confié à l'époque, en l'absence d'un accompagnement de marketing et de communication. On a procédé illico presto au reliflting du logo du club, pour une meilleure visibilité.
L'arrivée d'Ali Fassi Fihri au gouvernail de la section foot devrait sortir la locomotive de la torpeur dans laquelle elle se morfond depuis belle lurette. Le plébiscite de cet homme à la tête de la pyramide fédérale est un gage de confiance qui témoigne du respect dont bénéficie le président fussiste de la part de la communauté footballistique nationale. L'espoir est donc de mise du moment que le FUS dispose par ailleurs d'atouts primordiaux comme son adossement à une référence en bonne gouvernance et de la finance (CDG) auquel se sont joints des mastodontes de la place (Sama Dubaï, Royal Ranchees, Crédit Agricole, CGI, Marjane, SNTL et ONCF). Le budget général (omnisport) annoncé pour l'année 2008 est de 22 millions de dirhams.
Un premier bilan prometteur pour l'instant, eu égard au temps de réalisation record. L'année 2009 s'inscrit dans la même lignée. Elle est qualifiée «d'année des grands défis ».
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Un peu d'histoire…
Dans les annales du sport marocain, il ne fait aucun doute que le Fath Union Sport (FUS de Rabat), l'un des plus anciens clubs du Royaume, a marqué de son empreinte l'histoire sportive marocaine, notamment en football et en basket. Le club omnisports dont la devise est ‘'Sport-éducation-moralité'' regroupe aujourd'hui 47.000 pratiquants autour de 18 sections, encadrés par quelque 300 dirigeants et moniteurs. De par sa longue histoire, le FUS (football) a connu des hauts et des bas, des passages à vide comme de ‘'hauts faits d'arme'', même s'il a tutoyé le sacre de champion sans jamais le savourer. En dépit du fait qu'il a ‘'fait l'ascenseur'' à plusieurs reprises, alternant curieusement le trophée de la Coupe du Trône -dont il s'honore de quatre titres- avec la relégation, il a su à chaque fois rebondir pour s'offrir un come-back salutaire dans la cour des grands et retrouver un rang plus conforme à son standing. Il peut s'enorgueillir d'avoir compté dans ses rangs l'une des figures emblématiques du football mondial du siècle dernier: la perle noire Larbi Ben Barek.
Créer un modèle FUS de référence
La rénovation du FUS est un projet porteur pour la ville.
Objectif: en faire un grand club professionnel capable de rivaliser avec les grands.
La création de deux entités : «FUS Développement» et «FUS Gestion», s'inscrit dans cette optique. Ces deux entités sont détenues à 100% par l'Association FUS Omnisports. Le FUS, implanté depuis plus de 60 ans au cœur de la capitale du Royaume, ne peut plus être géré à l'ancienne mode sous peine de disparaître à moyen et long termes.
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Entretien avec .Houcine Ammouta, entraîneur du FUS.
«On doit accéder au professionnalisme à moyen terme»
LE MATIN-SPORTS : Vous étiez le seul à refuser toujours de reconnaître que le FUS a scellé définitivement la montée en GNFE I. Pourquoi ? 
Houcine Ammouta : Pour la simple raison que mathématiquement, le FUS n'est pas encore hors de portée de ses poursuivants immédiats. Il reste encore des matchs à jouer. C'est vrai qu'il leur (les poursuivants) est difficile de rejoindre le FUS mais en tant que premier responsable des résultats, je ne n'accepterai pas que mes joueurs crient victoire trop tôt. Nos joueurs sont encore des amateurs et peuvent tomber dans le piège du relâchement. Or, c'est pas seulement la montée qui m'intéresse mais je voudrai que les éléments améliorent leur rendement afin d'être à la hauteur une fois en D1. Ceci sans oublier le volet éthique que le FUS est dans l'obligation de respecter afin de ne pas porter préjudices à autrui.
Après 28 journées, le FUS n'a concédé qu'une seule défaite. Votre équipe serait-elle trop forte ou bien c'est le niveau des autres équipes qui est modeste?
Tous nos matches ont été très difficiles même ceux gagnés par un score large. La différence réside à mon avis dans la détermination. Cela tient à la préparation technique, tactique et surtout psychologique. On ne doit pas non plus oublier le soutien et la confiance que nous procure le bureau dirigeant présidé par Ali Fassi Fihri. Malgré cette réussite, nous sommes encore au-dessous du niveau qui siérait à une équipe qui s'appelle FUS.
Justement, le public fussiste doute de la capacité de votre effectif, dans sa composition actuelle, à s'imposer en GNFE I…
C'est un avis que je respecte mais ce qui est vrai est que notre effectif sera renforcé. Il ne faut pas oublier que l'année précédente, 11 joueurs ont été libérés car la majorité était prêtée. Cela a créé un vide. Aujourd'hui, tous les joueurs sont ‘'une propriété'' du FUS, excepté Mansour. L'année prochaine, il n'y aura pas de problème. Il nous faudrait recruter 4 bons joueurs. Cela nous permettrait de nous maintenir au milieu du tableau et pourquoi pas créer carrément la surprise.
On laisse entendre que le fait d'avoir évolué au Complexe Prince My Abdallah, au lieu du Stade du FUS, vous a beaucoup servi… 
Absolument. Nous avions l'obligation de faire le jeu chez nous et cela nécessitait une bonne pelouse. Fort heureusement, les mensurations de ce complexe sont un atout supplémentaire.
Malgré votre excellent parcours, vos supporters vous boudent toujours…
C'est regrettable, vu le rôle salutaire que jouent des supporters de par l'impact sur le moral des troupes et son influence sur l'adversaire. Le FUS a besoin de son public mais d'un public positif et non de contestataires.
Le FUS s'apprête à franchir le stade du professionnalisme dans un contexte rongé par l'amateurisme. Certains estiment que c'est prématuré. Qu'en pensez-vous ?
Les clubs marocains vivent en effet dans des conditions difficiles mais il faudrait que quelqu'un prenne un jour l'initiative pour que, à moyen terme, nous puissions avoir un championnat professionnel. Le FUS a pris l'initiative, je souhaite que d'autres clubs en feront de même.


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