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Le Maroc renoue avec les cycles pluviométriques
Après trois années successives de sécheresse, le Maroc semble renouer avec les cycles pluvieux. Tant attendue, la pluie a fait un retour remarquable. En moins de quarante-huit heures, la hauteur des précipitations a atteint dans certaines régions plus de Tout en réconfortant l'ensemble de la population, les dernières pluies ont entraîné des inondations dans plusieurs régions du Royaume et causé des pertes humaines et matérielles. Selon les derniers bilans, dix personnes ont trouvé la mort alors que deux autres sont portées disparues; un pont a été endommagé, plusieurs routes sont coupées et les parties de deux villes (Mohammédia et Berrechid) inondées. On compte également de nombreux dégâts dans d'autres localités, notamment celles traversées par des oueds en crue qui ont emporté arbres, animaux et parfois taudis se trouvant dans ou à proximité de leurs lits. Il est tout à fait sûr que ce bilan, provisoire, ne reflète pas l'ampleur des dégâts. Mais une chose est sûre, les pluies qui se sont abattues sur notre pays ont mis à nu certaines anomalies. A Berrechid ou à Ben Ahmed par exemple, c'est la réalisation de projets (zone industrielle et lotissements) sur des zones à risques qui est le plus souvent évoquée. Des aménagements appropriés auraient, semble-t-il, permis d'éviter la catastrophe. On signale huit morts et 25 entreprises, employant environ 7.000 personnes, sont à l'arrêt à Berrechid. A Settat, c'est le sous-dimensionnement des canalisations destinées à évacuer les eaux de l'oued Boumoussa et de son bassin versant qui est mis en cause. Selon les informations dont nous disposons, la capacité de refoulement des canalisations est d'environ 90 mètres cubes à la seconde. Au cours des intempéries, le débit de l'oued Boumoussa a atteint, selon un communiqué des autorités provinciales de Settat, cité par l'agence Maghreb Arabe Presse, 125 mètres cubes/seconde. A Mohammédia, c'est l'aménagement de l'oued Maleh et de son bassin versant qui sont cités. Du fait de l'altitude (certaines parties de la ville sont en-dessous du niveau de la mer) et de la petite capacité du barrage (8,2 millions de mètres cubes) il était tout à fait normal que les eaux inondent la partie basse de la cité des fleurs. Puis il y a le cas de certains douars et quartiers périphériques. La question qui se pose est de savoir à qui incombe la responsabilité, aux autorités qui n'ont pas effectué les travaux nécessaires (réseaux d'assainissement) ou aux populations qui ne devraient pas être sur ces lieux ? Le problème reste entier. Voici pour le côté méfaits. Côté bienfaits, et comme nous l'avions annoncé dans l'une de nos précédentes éditions (cf. Le Matin du Sahara et du Maghreb» du 24 décembre 2001), le taux de remplissage des barrages a atteint 43,3 % avec un volume total d'eau stockée de 6.483.300.000 mètres cubes au 24 décembre 2001 (à la même date de l'année dernière, il était de 35,1 %, soit 5,2 milliards de mètres cubes). Six barrages, sur les 38 que compte le Maroc, ont atteint la limite de leurs capacités (Hassan II, Nakhla, El Maleh, Imfout, Daourat et Sidi Saïd Maâchou) treize barrages sont à plus de 75 % de leurs capacités de stockage et six sont à plus de 40 %. Les pluies des dernières 48 heures ont certainement amélioré ces pourcentages et les perturbations atmosphériques attendues la semaine prochaine devraient conforter nos réserves hydriques. L'ampleur de ces pluies qui ont arrosé la majeure partie du Royaume aura également un impact économique et social très important puisque la campagne agricole n'est plus comprise et se déroule normalement. L'influence de la pluie sur la vie économique, sociale et même politique n'est plus à démontrer et, sans les malheureuses victimes, la joie aurait été générale. Espérons que des dispositives nécessaires vont être prises pour secourir les populations et leur apporter l'aide nécessaire pour qu'elles puissent surmonter les difficultés. Déjà, le ministre de l'Intérieur, M. Driss Jettou, s'est rendu dans différentes régions touchées par les intempéries pour s'enquérir de la situation.
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