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Dans un contexte économique marqué par une diminution de la réserve de change et un assèchement des liquidités, Bank Al-Maghrib continue d'inscrire à son actif des réalisations financières fort probantes. A l'issue de l'exercice passé, le total du bilan de la Banque a atteint 217. 144 MDH, enregistrant une progression de 1,9% au lieu de 9,6% en 2007. En dépit d'un repli de 3,6% des avoirs et placements en devises à 178,4 MMDH, imputable pour l'essentiel à la contraction de la réserve de change, suite au creusement du déficit commercial et à la diminution des transferts des MRE, Bank Al-Maghrib continue de voir certains de ses indicateurs d'activité emprunter des allures assez vives. Ainsi et consécutivement à l'appréciation du cours de l'or, les avoirs et placements en or ont crû de 8,6% à 5 MMDH. D'un montant de 178.351 MDH, les avoirs et placements en devises ont accusé une diminution de 3,6%, marquant, ainsi, une rupture avec la tendance haussière des dernières années. « Cette évolution est imputable à la contraction des réserves en devises, consécutivement au creusement du déficit commercial, ainsi qu'au recul des recettes de voyage et des transferts des marocains résidant à l'étranger », peut-on lire dans le dernier rapport de l'institut d'émission au titre de l'exercice 2008. Pour ce qui est de la structure des avoirs et placements en devises, le même rapport indique que celle-ci a été dominée à hauteur de 77% par les placements obligataires. Les avoirs auprès des organismes financiers internationaux ont accusé une diminution de 4,6% pour s'établir à 1.468 MDH, en liaison avec la baisse de 36,6% des avoirs de la Banque en droits de tirage spéciaux, atténuée par l'appréciation du cours des DTS (Droits de tirages spéciaux). Parallèlement à la persistance du besoin de liquidité, les interventions de la banque centrale sur le marché monétaire au titre des avances à 7 jours sont passées, d'une fin d'année à l'autre, de 5.000 MDH à 15.000 MDH. Le portefeuille de bons du Trésor de la Banque s'est établi à 3.069 MDH, en baisse de 2.460 MDH correspondant essentiellement aux bons échus en 2008. Les autres actifs ont augmenté de 28,4% pour atteindre 11.748 MDH, en relation principalement avec la hausse des comptes d'encaissement. Quant à l'actif immobilisé de la Banque, il a progressé de 8,2% pour s'établir à 2.531 MDH, en raison notamment de l'augmentation des immobilisations corporelles et incorporelles d'exploitation. L'année passée a été marquée par une croissance de 7,4% des billets et monnaies en circulation à 134,8 MMDH. Cette évolution, moins soutenue qu'en 2007, est liée au renforcement de la bancarisation de l'économie. Tandis que l'institut d'émission a enregistré un recul de 7,4% des dépôts et engagements en dirhams à 59,6 MMDH, attribuable à la détente des disponibilités du compte du Fonds Hassan II pour le développement économique et social, les produits de la banque se sont améliorés de 24,8% à 9,9 MMDH, profitant essentiellement au bon comportement des produits de placement en devises, dont la contribution dans le total ressort à 80%, alors que le résultat net s'est élargi de 29,8% à 3,9 MMDH. Le résultat net de la Banque poursuit, pour la troisième année consécutive, sa progression pour atteindre 3.905 MDH, soit 897 MDH de plus que l'exercice 2007. Cette hausse s'explique par l'amélioration substantielle des produits qui a largement couvert la hausse des charges de la Banque. Par ailleurs, suite à l'accroissement des recours des banques à la banque centrale, les intérêts perçus sur les créances sur les établissements de crédit et assimilés marocains au titre de la régulation monétaire sont passés de 166 MDH en 2007 à 387 MDH à fin 2008, dont 377 MDH provenant des avances à 7 jours. Quant aux commissions, elles se sont établies à 303 MDH contre 359 MDH en 2007, en baisse de 15,6%, suite au repli des commissions de change. Les autres produits financiers, constitués principalement de plus values générées par les opérations en devises, ont, pour leur part, quasiment doublé pour atteindre 1.401 MDH, en relation avec l'appréciation de la valeur des titres, suite à la baisse des taux. S'agissant des ventes de biens et services produits par la Banque, elles sont revenues à 62 MDH, en repli de 38,6% par rapport à l'exercice 2007 dont les ventes recouvraient un produit exceptionnel de 68 MDH, provenant de la cession de pièces démonétisées. Les provisions reprises en 2008 sont passées de 294 MDH à 1 023 MDH, consécutivement au changement de la méthode de comptabilisation des provisions pour dépréciation des titres étrangers. -------------------------------------------------- Une démarche prudente Dans un environnement financier international marqué par des tensions inhabituelles et la faiblesse des rendements obligataires en 2008, la banque a adopté une stratégie d'investissement prudente en matière de gestion des réserves de change. Cette stratégie a reposé sur la préservation de la sécurité et de la liquidité des avoirs en devises, tout en assurant un seuil optimal de rentabilité. Tirant parti du niveau momentanément élevé des rendements obligataires au cours des premiers mois de l'année, la Banque a pu dégager un rendement global des réserves de change, en progression d'une année à l'autre. Elle a notamment privilégié l'acquisition des titres supranationaux triple A bénéficiant de la garantie explicite des Etats et a limité son exposition sur les placements monétaires. Face à la montée des risques liés aux défaillances des établissements bancaires dans les pays directement affectés par la crise financière internationale, la banque a amélioré son dispositif de suivi des risques de crédit liés à la gestion des réserves de change, en prêtant une attention particulière aux révisions apportées aux notations de ses contreparties, en rehaussant le niveau minimal du rating admis pour les contreparties éligibles aux opérations avec la Banque et en assurant un suivi en temps réel des risques par catégorie de portefeuille. Dans le même sens, la Banque a mis en place un comité de placement qui prend les décisions relatives aux contreparties et à la politique d'investissement de la banque sur les instruments à court terme, au jour le jour.
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