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Forte volonté et solide attachement au Maroc
MAP
Le matin : 17 - 07 - 2009
Les Marocains résidant à l'étranger (MRE) manifestent une nette volonté d'ouverture sur l'extérieur et d'insertion durable dans les pays d'accueil, avec un solide attachement aux liens socioculturels avec le Maroc, à l'égard duquel ils expriment des «attentes pondérées», selon un sondage réalisé par le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME). Ce sondage, dont les résultats ont été présentés jeudi à Casablanca lors d'une conférence de presse, par Driss El Yazami, président du CCME et Gael Slimane, directeur adjoint de BVA, l'Institut qui a mené l'enquête, relève également «un sentiment de discrimination négative dans les pays de résidence très inégal selon les domaines de vie sociale», à l'égard des MRE. Les résultats de cette étude, la première du genre de par son envergure, montrent un certain encrage des MRE dans les pays de résidence. En effet, 78% des MRE interrogés se déclarent naturalisés (50%) ou en voie de l'être (28%), 87% fréquentent souvent (46%) ou quelque peu (41%) des personnes d'origines non marocaine et 95% des parents d'enfants de moins de 18 ans souhaitent que leurs petits maîtrisent la langue du pays d'accueil. D'autre part, 64% des personnes interrogées parlent la langue du pays de résidence à la maison (73% pour la 2e génération) et 63% des MRE qui ont des enfants de moins de 18 ans leur parlent en langue du pays de résidence (80% pour la 2e génération), selon les résultats de ce sondage, qui a porté sur un échantillon de 2.819 MRE âgés de 18 à 65 ans et répartis entre la France (503 personnes), l'Espagne (413 personnes), l'Italie (401 personnes), la Belgique (502 personnes), les Pays-bas (500 personnes) et l'Allemagne (500 personnes). Economiquement, l'étude souligne qu'il y a aujourd'hui autant de MRE propriétaires ou accédant à la propriété d'un bien immobilier en Europe qu'au Maroc (37% environ). De plus, 13% déclarent posséder un commerce ou des intérêts dans une activité économique dans le pays d'accueil, contre seulement 6% qui en possèdent au Maroc. Ces résultats, qui reflètent le degré d'enracinement des MRE dans les pays d'accueil, montrent que les Marocains du monde expriment un intérêt non négligeable pour l'actualité politique du pays de résidence (55%). Cet intérêt augmente de façon exponentielle auprès des 2e génération avec 70% qui disent s'y intéressés. Par ailleurs, 40% sont déjà inscrits sur les listes électorales du pays de résidence (76% pour la 2e génération). MRE toujours attachés à leur pays d'origine, le Maroc Malgré cette forte volonté de s'intégrer dans les communautés d'accueil, les MRE ont manifesté, à travers le sondage du CCME, un attachement solide à leur pays d'origine le Maroc. Une grande majorité des MRE interrogés (89%) déclarent regarder les chaînes de télévision marocaines (86% pour la 2e génération), 95% déclarent visiter le Maroc, 88% sont mariés avec une personne marocaine et 63% continuent de parler, en général, l'Arabe dialectal et 20% l'Amazigh. Il ressort également de ce sondage que les MRE de la 2e génération ont tendance à s'ouvrir davantage aux personnes du pays d'accueil tout en maintenant un lien tout aussi étroit que leurs parents avec le Maroc. 59% des personnes interrogées déclarent soutenir financièrement leur famille au Maroc. Globalement, les MRE ont une perception positive de leur pays d'origine, même s'ils expriment des «critiques très prudentes et des attentes pondérées» à l'égard de leur pays d'origine. Il ressort ainsi du sondage du CCME que 78% des MRE jugent que l'image du Maroc dans les pays de résidence est très bonne (28%) ou assez bonne (50%), alors que 57% expriment des attentes en matière d'amélioration des services consulaires et administratifs, 42% pour la facilitation de l'accès des nouvelles générations à la culture marocaine et 42% pour la facilitation des échanges économiques et l'investissement. D'autres attentes moins accentuées concernent plus particulièrement le renforcement de la coopération avec les pays de résidence, une meilleure représentation politique des Marocains de l'étranger ou encore l'amélioration des lieux de prière en Europe. Sentiment de discrimination négative dans les pays de résidence Selon l'étude du CCME, les MRE, dont plus de 25% déclarent vivre dans un logement social ou à loyer modéré, «apparaissent sociologiquement assez défavorisée». 40% des personnes interrogées, qui occupent majoritairement des emplois d'ouvriers (28%) ou d'employés de service (18%), déclarent avoir connu une période de chômage au cours des trois dernières années. Les pays où les MRE sont les plus touchés par le chômage semblent être l'Espagne (61%), l'Italie (41%) et les Pays-bas (38%). Les proportions de MRE cadres ou exerçant une profession intermédiaire sont très faibles avec 4% et 11% respectivement. C'est surtout à la 2e génération que l'on doit la majorité des cadres et professions intermédiaires avec respectivement 5% et 11%, au lieu de 3% et 6% pour la 1re génération. Par ailleurs, les MRE déclarent rencontrer plus de difficultés que la normale à trouver un emploi (72%) ou un logement (62%). Ce sentiment de discrimination est moins accentué en ce qui concerne les difficultés à être reconnu dans son travail (45%) ou à pratiquer sa religion (34%). Il chute nettement quant à la difficulté à poursuivre une scolarité ou une formation (26%) ou à se faire soigner correctement (17%). Le Maroc bien perçu en Europe Généralement, il ressort de ce sondage que l'image du Maroc est perçue comme «très bonne» en Europe, alors que celle des Marocains dans les pays d'accueil apparaît «plus mitigée». L'étude du CCME montre, par ailleurs, des spécificités pour chaque pays concerné par le sondage. Ainsi, il en se dégage «un sentiment de grande précarité» en Espagne et en Italie, «une situation tendue» aux Pays-bas où les MRE estiment être confrontés à des problèmes sociaux (travail, soins), et un plus grand ancrage et une forte satisfaction en Allemagne. En France, les MRE sont ceux qui déclarent à la fois un grand attachement au maintien des liens avec des personnes de même origine et la plus grande mixité avec la population locale. Il s'agit du pays où les MRE se disent le plus s'intéresser à l'actualité politique (67%), notamment au sein de la 2e génération (78%). Selon le sondage, la Belgique offre aux MRE un environnement de vie plutôt proche de celui de la France. La mixité avec la population locale existe, mais elle est «moins forte». 47% des MRE de Belgique déclarent fréquenter de locaux contre 60 % en France. L'intérêt pour l'actualité politique est également palpable avec 58 % des réponses.
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