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Le nouveau destin mythique du Hilton Rabat
Le groupe Accor mobilise 1 milliard de dirhams pour acquérir, moderniser et repositionner l'établissement de prestige.
Hassan Alaoui Le matin : 25 - 09 - 2009

Son histoire n'a jamais cessé de se confondre avec le destin de la capitale du Royaume, voire du pays. L'Hôtel Hilton , en rénovation depuis janvier 2009, devient désormais l'hôtel Sofitel , il ouvrira ses portes dans quelques semaines après avoir été acquis par Risma - filiale du groupe Accor - en juillet 2007.
Le rachat par ce groupe international de l'un des plus prestigieux établissements hôteliers du Maroc, sa réfection accélérée pour ne pas laisser un vide dans la capitale, l'effort déployé en termes d'investissements, de rénovation et d'architecture s'inscrivent en effet dans une tradition de performance, bien entendu, mais de continuité : confirmer l'engagement du groupe Accor au Maroc.
Il convient de rappeler que lorsque le groupe Somed a racheté l'hôtel au constructeur sud coréen Daewoo pour la somme de 280 millions de dirhams, il ne pensait pas bien faire. En juillet 2007, il le cédera en effet au groupe Accor pour une somme de 720 millions de dirhams, soit plus que le double de la mise. Ce qui constitue en effet l'investissement le plus important de Risma depuis sa création. Or, ce dernier groupe n'a pas seulement acquis l'hôtel, il a racheté également la société Emirotel à la tête de laquelle Marc Thépot a été nommé président également.
Entre juillet 2007 et aujourd'hui, l'histoire de l'établissement hôtelier aura connu une accélération inédite. Sa reprise en main et sa rénovation marquent un tournant, parce qu'il portera désormais une enseigne emblématique et redonnera à l'hôtellerie nationale ses lettres de noblesse. Le Hilton Sofitel de Rabat avait participé grandement à l'histoire diplomatique du Royaume pour ne pas susciter un vif intérêt de l'un des principaux opérateurs et investisseurs engagés au Maroc comme Risma. Il avait abrité en 1969 le tout premier Sommet islamique , suite à l'incendie de la Mosquée Al Aqsa et à la décision de feu S.M. Hassan II de réunir les chefs d'Etat et de gouvernement musulmans. Il avait également réuni à plusieurs reprises les Sommets arabes et africains de l'OUA, comme aussi plusieurs conférences internationales organisées au Maroc. L'hôtel Hilton Rabat a été également, dans la foulée, témoin de l'histoire, car c'est au cours d'un Sommet arabe organisé en 1974 que feu Houari Boumedienne, président algérien, a officiellement soutenu la marocanité du Sahara et appelé à combattre contre l'Espagne franquiste aux côtés du Maroc. De même, la réconciliation spectaculaire entre Yasser Arafat, fondateur de l'OLP et feu le Roi Hussein de Jordanie a eu pour cadre emblématique les salons de l'hôtel Hilton.
On doit cependant cette acquisition à la vision de trois hommes, Gérard Pélisson , président du groupe qui voue au Maroc une tendresse reconnue, à Yann Caillère, président de Sofitel international, lui-même originaire d'Agadir et Marc Thépot, président du groupe Accor Maroc qui ne cesse depuis sept ans maintenant de faire du Maroc l'un des pôles significatifs dans la stratégie du groupe mondial. La conjugaison de leurs efforts, inscrite dans une irréductible volonté de renforcer la plateforme marocaine, a permis le rachat du Hilton Rabat pour le transformer en « Sofitel , Jardins des Roses ». Au-delà, il y a surtout la crédibilité du groupe, engagé au Maroc depuis des années, lançant des projets ici et là, édifiant des hôtels, employant des jeunes, renforçant constamment sa présence en somme.
Yann Caillère, tout à sa grande vision , a immédiatement vu et compris l'importance que constitue l'acquisition dans l'escarcelle de son groupe de l'enseigne Hilton, il s'est dit convaincu d'en faire une luxueuse marque, le Sofitel phare du réseau africain. D'où la volonté, partagée par Marc Thépot et les partenaires marocains , de renforcer le positionnement de cet emblème nouveau.
D'autant plus que les actionnaires de Risma n'ont pas hésité une seconde pour soutenir un tel choix et donner libre cours aux responsables d'Accor. Peut-être, faudrait-il mettre en exergue le choix judicieux des deux architectes qui réalisent ainsi la rénovation du site, Karim Chakor dont la notoriété n'est plus à faire et Didier Gomez, «Interior Designer» connu au plan international. Deux noms sont ainsi liés au renouveau de l'hôtel mythique ! Si Yann Caillère s'est investi dans cette exaltante aventure, Marc Thépot en aura été , à vrai dire, une cheville ouvrière. Depuis son arrivée au Maroc , avec ses équipes , il y a 8 ans, il a su asseoir le groupe Accor sur les bases de la crédibilité, du savoir faire, de la créativité et, ce n'est pas le moindre détail, du dialogue social.
Le succès de sa politique, menée à force de discernement aussi, peut être opposé aisément aux échecs, ce qu'il appelle «les débuts catastrophiques du groupe Accor au Maroc» avec les mésaventures du Mansour Eddahbi à Marrakech et le Palais Jamaï à Fès.
La reprise de l'hôtel Hilton aura été rendue possible aussi grâce à la diligence d'un Mouâatassim Belghazi , qui était président de la Somed, aujourd'hui président du groupe ONA.
Il convient de rappeler que l'investissement mobilisé par Risma, les travaux de réfection et de modernisation engagés à hauteur de 300 Millions de dirhams, le repositionnement de l'établissement sur le haut de gamme « Luxury », participent certes d'une logique qui est le signe emblématique du groupe. Mais, il restait à régler un autre problème non moins crucial : le traitement du dossier social, du personnel et des ressources humaines du Hilton. Là aussi, l'entregent, la méthode sociale des équipes Accor Maroc et de son dirigeant auront été précieux. Ils ont consisté à satisfaire toutes les catégories d'employés qui, chacun dans sa sphère et ses propres préoccupations, ont trouvé réponse à leurs attentes.
Jamais en effet, question sociale inhérente à une reprise d'établissement hôtelier n'aura été réglée avec autant de célérité et de responsabilité, respectant le loyalisme et la dignité des employés. Fermé en janvier 2009, le départ des employés a été minutieusement préparé, en coordination étroite avec les syndicats et les autorités de la ville, appuyé surtout sur un plan de départs volontaires, d'indemnisations et , pour ceux qui restent ou qui sont recrutés dans le cadre du projet Sofitel Jardin des Roses, un programme de formation spécifique. Hassan Bargach, directeur général au parcours reconnu dans notre pays, et Marc Thépot son président ont joint leurs efforts pour illustrer ce que l'on peut appeler la théorie et la pratique du management du groupe Accor.
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Pérenniser la présence du groupe
Risma S.A. dont le groupe Accor est le principal actionnaire, a été retenu pour acquérir et moderniser l'hôtel . En le rachetant à Somed, il a aussi acquis Emirotel pour l'acquisition de l'hôtel Hilton de Rabat, fleuron de 5 étoiles de 269 chambres. La holding Risma a engagé un « programme d'investissement substantiel sur l'hôtel afin d'en faire l'emblème de référence de l'enseigne Sofitel au Maroc, en adéquation avec la montée en gamme de la marque Luxus à travers le monde Il sera le premier Sofitel du genre en Afrique et , avec Diwan, le deuxième de la ville de Rabat. Par ailleurs, le groupe Accor envisage un parc national enrichi de 13 nouveaux établissements vers 2009, de toutes les catégories avec un investissement de 1,5 milliard de dirhams. Cette montée en puissance s'inscrit dans la volonté des dirigeants du groupe de consolider et de pérenniser aussi la présence de celui-ci au Maroc .
En juillet 2007, il le cédera en effet au groupe Accor pour une somme de 720 millions de dirhams.
L'investissement mobilisé par Risma, les travaux de réfection et de modernisation engagés à hauteur de 300 Millions de dirhams.
La reprise de l'hôtel Hilton aura été rendue possible aussi grâce à la diligence d'un Mouâatassim Belghazi , qui était président de la Somed, aujourd'hui président du groupe ONA.


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