Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
Le blues des industriels
Bien que leur moral ne soit pas gonflé à bloc, des industriels commencent par se dépêtrer de leur spleen.
La récession économique qui touche de plein fouet les économies développées a des effets sensibles sur les débouchés des industries manufacturières au Maroc. Cette baisse est due principalement aux industries du textile-habillement, du cuir et de l'automobile qui sont à leur troisième trimestre de contraction de l'activité. Au terme du premier semestre 2009, la production industrielle, approchée par l'indice de la production industrielle, a accusé un repli en glissement annuel de 1,3% contre une hausse de 5,3% un an auparavant. Ce retournement est lié à la baisse de la production des industries destinées à l'export, affectées par le tassement de la demande des principaux partenaires. Ainsi, les indices de la production des industries du textile- habillement, du cuir et chaussures et des industries automobiles ont enregistré des replis respectivement de 2,4%, 2,6%, 8,3% et 7,1% par rapport à fin juin 2008. Dans le même sillage, d'après les résultats de l'enquête de conjoncture, réalisée par le HCP, relatifs aux réalisations du deuxième trimestre et aux pronostics pour le troisième trimestre 2009, les chefs d'entreprises prévoient une amélioration de la production industrielle au troisième trimestre par rapport au deuxième trimestre de l'année en cours. Cette augmentation résulterait de la hausse prévue de la production des industries alimentaires et de celle de la chimie et de la parachimie. Néanmoins, la production du textile et bonneterie, d'habillement et des boissons et tabacs serait en baisse en glissement trimestriel. Hormis les branches mécaniques et métallurgiques ainsi que le textile et le cuir, des industriels sondés par la Banque centrale anticipent, pour le dernier trimestre de cette année, un bon climat des affaires dans l'ensemble des branches. Qualifié de bon au 2ème trimestre 2009 avec un solde d'opinion de 20%, le climat général des affaires a été considéré comme médiocre au 3ème trimestre 2009 selon les résultats de l'enquête de conjoncture menée par Bank Al-Maghrib. En effet, 15% des industriels l'ont estimé bon, 64% l'ont jugé moyen et 21% l'ont considéré médiocre, soit un solde d'opinion négatif de 6%, en baisse de 26 points d'un trimestre à l'autre. Ce jugement est partagé par les opérateurs dans l'ensemble des branches, à l'exception de ceux de l'agro-alimentaire et des industries chimiques et para chimiques, qui ont indiqué une situation favorable du climat des affaires. Les résultats de l'enquête révèlent que seulement 7% des entreprises ont estimé que l'approvisionnement a été facile durant le troisième trimestre 2009 contre 10% qui ont éprouvé des difficultés d'approvisionnement, soit un solde d'opinion négatif de 3%, en hausse d'un point de pourcentage d'un trimestre à l'autre. La détérioration des conditions d'approvisionnement a concerné toutes les branches, à l'exception des industries mécaniques et métallurgiques. Le niveau des stocks détenus par les entreprises est jugé quasi-normal dans l'ensemble pour le 2ème trimestre consécutif. Cette situation recouvre un niveau supérieur à la normale dans les industries mécaniques et métallurgiques, un niveau quasi normal dans l'agro-alimentaire et la chimie et parachimie et un niveau inférieur à la normale dans les autres branches. L'évolution des effectifs employés a connu une stabilité d'un trimestre à l'autre. Cette situation recouvre un renforcement du personnel dans l'agro-alimentaire et les industries électriques et électroniques, une baisse des effectifs dans le textile et cuir et une quasi-stabilité dans les autres branches. Une progression des effectifs est prévue durant le prochain trimestre, notamment dans les industries électriques et électroniques. 95% des entreprises enquêtées ont qualifié de calme le climat social au cours du troisième trimestre 2009, en baisse d'un point de pourcentage. En revanche, 5% l'ont estimé tendu, notamment dans les industries électriques et électroniques et les industries du textile et du cuir. Selon les résultats de l'enquête, le coût unitaire de production a augmenté au cours du troisième trimestre 2009, avec un solde d'opinion de 14%, en baisse 5 points de pourcentage. Cette progression a concerné l'ensemble des branches, particulièrement les industries électriques et électroniques et les industries agro-alimentaires. Par composante, les coûts financiers et les coûts des matières premières, autres que l'énergie, ont augmenté par rapport au trimestre précédent avec respectivement des soldes d'opinion de 44% et de 34%, suivis par les coûts énergétiques et le niveau des salaires avec des soldes d'opinion de 29% et de 23% respectivement. Au niveau sectoriel, les coûts financiers et énergétiques ont constitué les principales sources de l'augmentation du coût unitaire de production, particulièrement dans les industries agro-alimentaires, les industries chimiques et parachimiques et les industries du textile et du cuir. Dans la branche des industries électriques et électroniques, le niveau des salaires et les prix de l'énergie ont représenté les deux facteurs essentiels ayant affecté les coûts de production. La situation de la trésorerie des entreprises a été affectée essentiellement par les difficultés de recouvrement et par les charges non financières, qui ont pesé lourdement sur l'ensemble des branches. La trésorerie dans les industries mécaniques et métallurgiques et les industries du textile et du cuir a été affectée principalement par la baisse des ventes. -------------------------------------------------------------------- Contre vents et marées Dans leurs efforts à faire face à ce choc externe majeur, les entreprises ont recouru à différents moyens pour en atténuer les effets et maintenir leur niveau d'activité. Dans une de ses enquêtes, le CMC a relevé ainsi que 35% des entreprises interrogées ont privilégié la réduction des coûts de production, 25% ont opté pour les facilités de crédit pour la clientèle et 14% ont préféré lancer de nouveaux produits pour faire face au tassement de la demande. Estimant dans leur grande majorité que la crise n'est pas passagère et qu'elle risque de durer au-delà de 2010, les opérateurs envisagent, pour les douze mois à venir, des action en profondeur pour redresser la situation de leurs entreprises à travers l'amélioration des performances (25% des réponses), la recherche de nouvelles opportunités de marché (23% des réponses), la restructuration de leurs activités (22% des réponses) ou encore la sécurisation de leurs actifs (12% des réponses). Les dépenses d'investissement réalisées au troisième trimestre 2009 sont restées quasiment stables, pour le 2ème trimestre consécutif, dans l'ensemble des secteurs. À brève échéance, les industriels tablent sur une augmentation des investissements. Concernant la structure du financement des investissements envisagés à court terme, l'autofinancement vient en première place avec 52% du montant investi, suivi du crédit bancaire avec 41% et le crédit bail avec 4%. L'augmentation de capital vient en dernière place avec 2%. L'accès au financement bancaire a été jugé normale par 83% des entreprises industrielles, difficile par 12% des entreprises et facile par 5%. Après avoir considéré stable le coût du crédit bancaire au 2ème trimestre, les entreprises enquêtées estiment qu'au cours de la période sous revue, ce coût a augmenté dans l'ensemble des secteurs, particulièrement dans les industries du textile et du cuir et les industries mécaniques et métallurgiques.
Cliquez
ici
pour lire l'article depuis sa source.
|
|
|
|