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Les crédits bancaires marqueraient le pas
Abdelali Boukhalef Le matin : 27 - 11 - 2009

La phase de ralentissement conjoncturel de la création monétaire s'est bien installée, eu égard à l'évolution des agrégats monétaires au cours des derniers mois. La création monétaire a évolué en dessous de sa tendance de long terme au deuxième trimestre 2009.
A l'instar de 2008, l'exercice en cours serait moins liquide. Les prévisions établies, pour le troisième et le quatrième trimestres, laissent entrevoir une poursuite des tendances récentes. L'offre des moyens de paiement prolongerait sa décélération. Aussi, prévoit-on une progression trimestrielle de la masse monétaire respectivement de 1,9 et 2,2% au troisième et quatrième trimestres 2009.
Le ralentissement de la croissance des crédits bancaires se maintiendrait. Les prévisions laissent présager un niveau des concours à l'économie en hausse de 3,4 et 3% aux mêmes périodes. La phase de ralentissement conjoncturel de la création monétaire s'est bien installée, eu égard à l'évolution des agrégats monétaires au cours des derniers mois. La création monétaire a évolué en dessous de sa tendance de long terme au deuxième trimestre 2009. Le profil conjoncturel, caractérisé par un début de décélération à partir du troisième trimestre de l'année 2008, se poursuivrait, après de fortes croissances successives à partir de la deuxième moitié de l'année 2006 et qui ont duré deux ans environ. La baisse du rythme de la création monétaire a été tirée par une faible demande des actifs monétaires. Ainsi, la liquidité de l'économie continue de se maintenir sur une phase cyclique descendante, tout en évoluant en dessous de son potentiel au deuxième trimestre. Corrigée des variations saisonnières, la progression s'est arrêtée à 1,9%, en glissement trimestriel. La masse monétaire a contribué à hauteur de 1,6 point à cette hausse. Les placements liquides ont enregistré une croissance positive, soit 5%, à la suite de la reprise de la demande des titres d'OPCVM obligations. Toutefois, leur contribution à l'évolution de la liquidité reste faible, soit 0,3 point seulement.
La masse monétaire a augmenté de 1,6%, en glissement trimestriel, soit au même rythme qu'un trimestre auparavant et en forte baisse par rapport au deuxième trimestre 2008. Cette tendance est due au repli sensible des avoirs extérieurs nets. En revanche, les concours à l'économie ont contribué positivement à la croissance, malgré une poursuite de la baisse conjoncturelle de l'encours à la même période. Les avoirs extérieurs nets se sont nettement détériorés et leur niveau s'est situé largement en dessous de sa tendance de long terme. Corrigé des variations saisonnières, l'encours a diminué de 3,6% au deuxième trimestre 2009 en glissement trimestriel.
Leur contribution à la création monétaire reste négative pour le quatrième trimestre consécutif (-1 point). Les créances monétaires sur l'Etat ont marqué une évolution en forte hausse. L'encours s'est accru de 10,5%, au lieu d'une baisse de 5,2% un trimestre auparavant. Cette variation tient compte de la reprise du financement de l'Etat sur le marché monétaire, à travers les levées des fonds sur le marché des adjudications. Les concours à l'économie ont évolué au rythme de leur tendance de long terme au deuxième trimestre 2009. La fin de l'année 2008 a marqué un retournement conjoncturel à la baisse, après un cycle de fortes croissances entamé à la deuxième moitié de l'année 2006 et qui a duré deux années. Corrigé des variations saisonnières, l'encours a augmenté, en variations trimestrielles, de 3,6%, après 2,2% un trimestre auparavant. Il est tiré par une demande de crédits bancaires émanant à la fois des entreprises et des ménages.
Les crédits bancaires, toutes catégories confondues, continuent de ralentir au deuxième trimestre 2009, après avoir évolué sur un sentier de forte croissance, avec un pic au troisième trimestre 2008. Le retournement conjoncturel, à partir du quatrième trimestre 2008, se traduirait par des décélérations successives pour les mois à venir. Les crédits de trésorerie ont enregistré une croissance négative, après avoir légèrement stagné aux deux derniers trimestres, alors que la progression a été la plus rapide dans l'équipement. Par ailleurs, le risque encouru sur le crédit global a augmenté.
Amorcée à la deuxième moitié de l'année 2006, la phase de forte croissance des crédits de trésorerie semble s'estomper dès le quatrième trimestre 2007. Au deuxième trimestre 2009, ces crédits ont évolué nettement en dessous de leur tendance de long terme. Corrigés des variations saisonnières, les crédits nets se sont repliés de 0,5%, après une progression de 0,9% un trimestre auparavant. Les crédits à l'équipement semblent se maintenir sur un cycle de croissances continues, tout en accompagnant la dynamique des investissements au niveau national. L'ampleur du rythme consistant a débuté dès le troisième trimestre 2006. L'encours de ces types de crédits a évolué de 5,2% au deuxième trimestre 2009. Quoiqu'en constante évolution à la hausse, la croissance de grande ampleur des crédits immobiliers, amorcée à la deuxième moitié de l'année 2007, s'est estompée à partir du troisième trimestre 2008, abordant, ainsi, une phase de ralentissement conjoncturel. Au deuxième trimestre 2009, ces types de crédits ont évolué en dessous de leur tendance de long terme. La progression trimestrielle s'est située à 2,9%, au lieu de 4,4% un trimestre plus tôt.
A partir du deuxième trimestre 2008, les crédits à la consommation semblent entamer une phase de ralentissement conjoncturel, en enregistrant, toutefois, des niveaux de croissance au dessus du trend de long terme. Ces crédits poursuivent leur ralentissement en 2009 et l'encours a marqué un taux de croissance de 5% seulement au deuxième trimestre. La demande des ménages pour ces types de crédits reste soutenue et les taux d'intérêts y afférents sont en baisse.
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Loyer de l'argent
Les taux d'intérêts ont globalement reculé, pour le deuxième trimestre consécutif, au cours de l'année 2009. Bank Al-Maghrib a augmenté le niveau des liquidités injectées dans le circuit bancaire, sous forme d'avances à sept jours, et ce malgré la décrue de la réserve monétaire obligatoire. Dans le sillage de la réduction du taux directeur de 25 points de base à 3,25% au cours du mois de mars, liée à une anticipation de baisse des prix au niveau intérieur, le taux d'intérêt interbancaire a marqué une poursuite de la baisse au deuxième trimestre 2009. Les interventions de Bank Al-Maghrib ont dissipé les tensions qui auraient pu augmenter les taux d'intérêts. Ainsi, le taux moyen interbancaire est passé de 3,40% au premier trimestre à 3,21% au deuxième trimestre.


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