Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.
Priorité au petit agriculteur
La troisième tranche doit prendre en considération les critères du Plan Maroc Vert.
En attendant les résultats de l'appel d'offres de la troisième et dernière tranche des terres de la Sodea-Sogeta, le débat bat son plein sur le degré de conformité du cahier des charges aux exigences du Plan Maroc Vert. Lors d'une récente réunion de la Commission ministérielle de partenariat public-privé (PPP) sur l'exploitation des terres agricoles relevant du domaine privé de l'Etat, le Premier ministre a insisté sur l'importance que les projets gagnants s'inscrivent dans l'esprit et la dynamique du Maroc Vert. Il s'agit en fait de prendre en ligne de compte l'intégration de la production et l'industrialisation agricoles, la commercialisation, la fédération des petits producteurs dans des projets à même de dépasser la problématique foncière et d'accéder aux nouvelles techniques. Autant de critères qu'il va falloir respecter et dont la plupart sont inscrits dans le cahier des charges de le troisième tranche. L'objectif, in fine, étant de diversifier les investissements prévus et de les élargir à l'ensemble des agriculteurs, dont les plus petits qui devraient, justement, constituer un axe central du Plan. A en croire aussi les déclarations d'Ahmed Hajjaji, directeur de la Sodea, un nouveau critère entre désormais en jeu à savoir que certains grands acquéreurs puissent jouer le rôle d'agrégateurs et prendre sous leurs ailes des petits agriculteurs organisés ou non dans des coopératives. A titre d'illustration, un investisseur qui souhaiterait mettre en place une unité de transformation sera exhorté à faire travailler les agriculteurs de la région où il s'implante. Sans rentrer dans des considérations politiques, les pouvoirs publics veulent que cette troisième tranche de plus de 21.000 hectares ne tombe pas dans les mêmes erreurs des deux précédentes où le petit agriculteur a été mis sur le banc de touche. Plusieurs cas d'acquéreurs n'ayant pas respecté la paysannerie locale ont défrayé la chronique et apporté de l'eau au moulin de la presse. En effet, le social et l'économique sont devenus difficilement dissociables en ces temps de crise où les exportations marocaines de produits agricoles ont du mal à rebondir. Lors d'une récente déclaration au Matin, Abderrahim Handouf, secrétaire général adjoint de la Fédération nationale du secteur agricole, relevant de l'UMT, a regretté que sur le plan social, le bilan des précédentes expériences soit négatif, hormis quelques cas où le cahier des charges est plus ou moins respecté. Certains bénéficiaires, nous chuchota-t-il, sont même allés jusqu'à sous-louer les terres dont ils ont bénéficié. C'est bien d'avoir des locomotives dans l'agriculture marocaine, mais ce serait mieux si celles-ci tirent dans leur élan les wagons qui peinent à avoir la tête hors de l'eau. En tout cas, les choses semblent épouser une nouvelle tendance et à l'issue de la commission ministérielle, le Premier ministre a arrêté les orientations à suivre pour définir les critères de sélection des meilleurs projets pour la 3è tranche. Il a mis en relief la nécessité d'encourager les nouveaux investisseurs et les petits agriculteurs, et d'uvrer pour préserver leurs intérêts. Pour sa part, Ahmed Hajjaji, directeur de la Sodea a présenté un exposé détaillé sur les deux premières tranches ainsi que des données sur la troisième. A cet égard, il a indiqué que la 3ème tranche porte sur plus de 21.000 ha des terres de l'Etat, soit 279 projets, dont 57 grands projets portant sur plus de 100 ha, 139 de projets moyens (entre 20 et 100 ha) et 83 microprojets (moins de 20 ha). Il a, également, précisé que ces projets se répartissent sur 12 régions, avec en tête Meknès-Tafilalet, suivie du Gharb-Chrarda-Bni Hssen en termes de nombre de projets et des superficies concernées. Quant aux deux premières tranches, le responsable a souligné qu'elles ont concerné 80.000 ha de terres agricoles, avec 296 projets pour une enveloppe de 12,3 milliards de DH permettant la création de 3.500 postes d'emploi. 200 MDH par an La troisième tranche compte les dernièrs 8000 hectares de la Sodea, le reste étant de la propriété privée de l'Etat. C'est en quelque sorte la fin d'un processus et le début d'un autre. Désormais, s'il doit y avoir une quatrième tranche, elle concernera uniquement les domaines privés de l'Etat. Toutefois, pour cette troisième expérience, les mêmes approches et procédures appliquées à la deuxième tranche ont été de mise. Plus explicitement, une partie des terres vouées aux grands projets d'investissement dépassant généralement les 100 millions de DH a fait l'objet d'un appel à manifestation d'intérêt passant par une étape de présélection des dossiers avant l'approbation finale. L'autre partie concernant les petits et moyens projets a été soumise à la simple procédure de l'appel d'offres. Quant à la valeur locative, indique-t-on, elle sera évaluée en fonction de la moyenne régionale avec en sus un rabais accordé de 20%. Pour Ahmed Hajjaji, la valeur de la location n'est pas un critère de choix que l'on peut faire valoir face à l'investissement et l'impact économique en matière de création d'emplois et de promotion agricole des régions concernées. En termes de ressources pour l'Etat, les trois tranches injecteraient en moyenne 200 millions de DH par an à raison d'une moyenne de 2.000 DH par hectare et par an. Depuis le début des années 1990, l'Etat aurait consenti 450 millions de DH pour renflouer les caisses de la Sodea-Sogeta.
Cliquez
ici
pour lire l'article depuis sa source.
|
|
|
|