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«La Semaine du film documentaire sensibilise le public»
Khadija SMIRI Le matin : 16 - 05 - 2010

Cela fait déjà quatre ans que la Semaine du film documentaire rassemble des centaines de cinéphiles de la capitale spirituelle et de sa région. Avec ses projections, ses rencontres et ses débats, cet évènement est devenu une manifestation de grande importance pour la ville ainsi que pour les festivals dédiés au documentaire à travers le Maroc. Jean Dedolin, directeur de l'Institut français de Fès, nous parle de ''son bébé'' qui a soufflé sa quatrième bougie.
LE MATIN : Vous en êtes déjà à la quatrième édition du Festival du film documentaire de Fès. Qu'est-ce que cela vous fait ?
Jean Dedolin : De prime abord, c'est la satisfaction d'avoir jusque-là présenté plus de 70 longs-métrages en trois ans. C'est la continuité qui nous place au cœur d'un événement que nous souhaitons perdurer dans le temps.
C'est aussi l'expérience qu'on a acquise depuis la deuxième édition. Nous n'avons pas opté pour que cela soit un festival, on est sur le terrain plus que dans la prétention, pour faire découvrir au public fassi ce qui se produit au niveau du film documentaire dans le monde avec une approche ouverte.
La quatrième Semaine du documentaire de Fès est dédiée au monde arabe. Pourquoi ce choix ?
Les films en provenance du Moyen-Orient s'imposent mais le festival prévoit également une production documentaire locale et internationale s'intéressant à cette partie du monde. En plaçant le monde arabe au cœur de notre programmation, nous dévoilons une panoplie de sujets qui touchent de près ou de loin notre public. Cela dit, le monde arabe n'est pas seulement présenté par des réalisateurs arabes mais aussi par ceux étrangers sensibles au monde arabe.
La programmation, notamment de «La route pour La Mecque : le voyage de Mohamed Asad» de Georg Misch et «Inshallah Beijing» de Luca Cusani et Francesco Canito, s'inscrit d'ailleurs dans cette perspective.
Qu'est-ce qui caractérise cette édition par rapport aux précédentes ?
Cette édition se veut résolument optimiste et réaliste au travers d'une programmation centrée sur le Moyen-Orient et le Maghreb.
La mémoire y est présente, que ferait-on sans elle de toute façon? Elle est plutôt un socle sur lequel s'asseoir pour bâtir le futur et aller de l'avant. Le souffle, la dynamique et la jeunesse qui animent cette sélection sont porteurs et donnent à réfléchir sur une réalité souvent mal perçue, pour ne pas dire méconnue des Occidentaux.
Parlez-nous un peu des thèmes abordés par les films projetés dans le cadre de cette Semaine du film documentaire...
Ce sont pour leur majorité des sujets d'actualité, le contexte politique et sécuritaire dominant. Une prison du Liban permet une thérapie de groupe par le théâtre, dont on ressort marqué; le cirque, par son obligation de résultats, canalise des énergies qui auraient été perdues ; les musiques actuelles et traditionnelles donnent une respiration à un quotidien souvent insupportable; la compétition est un challenge où d'autres se plongent, en vue des Jeux olympiques. Il reste aussi ces témoignages émouvants d'une vie, d'un parcours, où la nostalgie vient bercer certains. Enfin, quelques figures emblématiques ponctuent une histoire qui, à tout instant, vient enrichir chacun de nous, par un engagement dont seul l'Homme peut être capable dans les pires moments.
Comment votre évènement participe-t-il au développement du genre du documentaire sur la scène cinématographique marocaine ?
Permettre à voir des films documentaires de l'ensemble du monde arabe produits depuis moins d'un an qui traitent des sujets d'actualité où l'offre en matière de films documentaires est réduite au Maroc, à l'exception de quelques chaînes TV qui ont une ligne éditoriale qui est trop axée sur le régional. Cette action entre dans le cadre d'une sensibilisation du public au film documentaire. Un autre volet, entamé depuis la troisième édition, est le partenariat qu'on a conclu avec l'Ecole supérieure des arts visuels (ESAV).
Parlez-nous davantage sur ce partenariat ?
L'accord avec l'ESAV de Marrakech vise à décloisonner le circuit de la diffusion des films documentaires de fin d'études réalisés par des étudiants. Via ce partenariat, des rencontres entre étudiants et réalisateurs voient le jour dans une ambiance professionnelle. Je crois que la Semaine du film documentaire de Fès est devenue un rendez annuel, inscrit dans l'agenda du Centre cinématographique marocain, marquant ainsi, un moment fort pour la scène cinématographique marocaine.
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Rencontre avec des réalisateurs
La Semaine du film documentaire de Fès n'est pas uniquement une occasion pour les projections mais également une opportunité pour la rencontre des réalisateurs. «Les réalisateurs qui accompagnent leurs films, savent pertinemment, que la raison principale de cette manifestation est le film documentaire.
C'est le débat autour des questions qui nous préoccupent . C'est pour cela que l'année dernière, Catherine Deneuve a accepté de venir défendre le film « Je veux voir » lors de l'ouverture de la 3e édition de la Semaine du film documentaire. ''C'est un acte d'engagement de sa part qu'il faut saluer'', explique Jean Dedolin, directeur de l'Institut français de Fès. Les organisateurs ont pour objectif d'organiser des ateliers avec des réalisateurs avec la complicité de l'ESAV de Marrakech.
La résidence d'artistes ''Dar Batha'' est un lieu qui peut, tout au long de l'année, abriter des rencontres qui permettent d'aboutir à des projets de films documentaires. «Oui à la diffusion mais aussi à l'aide à la création, qui est l'essentiel et ainsi préparer l'avenir de l'image de demain », conclut Jean Dedolin.


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