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Un solitaire qui voulait aider

AFP
Le matin : 27 - 07 - 2010
Le Français Michel Germaneau, 78 ans, enlevé au Niger et dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a annoncé l'exécution dimanche, était un ingénieur à la retraite, sans conjoint ni enfant, engagé dans l'action humanitaire. La France n'avait pas eu confirmation de sa mort dimanche soir et cherchait à vérifier l'information donnée par le chef d'Aqmi dans une déclaration sur la chaîne télévisée arabe «Al-Jazira».
Jeudi une opération militaire mauritanienne dans le désert malien, soutenue par la France, avait visé au Mali le groupe qui le détenait, selon Paris, mais sans qu'il soit libéré. ivant à Marcoussis, dans la région parisienne, Michel Germaneau était parti au Niger pour le compte d'une association, Enmilal (entraide, en touareg), créée fin 2006, spécialisée dans le soutien à la scolarisation et à la santé.
«C'est un membre très actif de l'association, qui prend des médicaments pour le cœur. Il était allé voir le fonctionnement d'une école que nous avons ouverte en 2009 dans le village In-Abangharet au Niger, qui accueille des enfants pensionnaires. La construction d'un dispensaire est en projet et il venait de quitter le village lorsqu'il a été enlevé», avait raconté à l'AFP Yvonne Montico, présidente de l'association, avant les informations sur sa mort. «Michel, c'était notre conseiller technique, il avait notamment fait en sorte de poser un panneau solaire sur le toit de l'établissement scolaire», a confié Yvonne Montico au quotidien le Parisien. «Il voulait aider tout le temps».
L'enlèvement s'est déroulé le 19 avril dans le nord du Niger. Michel Germaneau aurait été détenu dans le nord du Mali. Aqmi menaçait de l'exécuter si elle n'obtenait pas d'ici au 26 juillet la libération de plusieurs de ses membres détenus dans des pays de la région. Sur la photo diffusée à la mi-mai par Aqmi, Michel Germaneau apparaissait fatigué. Il disait souffrir de la chaleur et parlait de ses problèmes cardiaques, soulignant ne plus avoir de médicaments. Barbu, il portait une tunique ocre et un turban sur la tête.
Au cours de sa vie professionnelle, Michel Germaneau a travaillé pour différentes entreprises en tant qu'ingénieur électronicien avant de prendre sa retraite, selon Pierre Duprat, un ami de longue date de l'otage. «A ce titre, il a beaucoup voyagé, à Mururoa en Polynésie française, au Brésil ou au Gabon», a-t-il précisé à l'AFP : «Il a notamment participé à la construction du train transgabonais».
Le Français avait de la famille en France mais avait rompu tout lien avec elle, indique cet ami. Originaire de Bordeaux, Michel Germaneau était aussi un passionné de ski et de montagne, selon l'une de ses voisines à Marcoussis, Danielle Gourmelin. Il vivait depuis plusieurs décennies dans une maison située dans une petite rue de cette ville, sans beaucoup de contacts avec ses voisins.
Bernard Kouchner à Nouakchott
Il doit immédiatement rencontrer le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avant de partir au Mali. Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, est attendu lundi soir à Nouakchott, après l'exécution par Al-Qaïda de l'otage français Michel Germaneau, avant de se rendre au Mali et au Niger, a-t-on appris lundi de source gouvernementale à Noaukchott.
Bernard Kouchner est attendu dans la capitale mauritanienne vers 17h00 GMT (même heure locale), a précisé cette source à l'AFP. Il doit immédiatement rencontrer le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz avant de partir dans la soirée pour le Mali. Les entretiens de MM. Aziz et Kouchner tourneront autour de la «coopération entre Nouakchott et Paris en matière de sécurité et des moyens de faire face aux défis qui menacent la sécurité des personnes et de la Mauritanie», a-t-on précisé.
Le Président français Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi la visite de Bernard Kouchner, après l'exécution samedi du Français Michel Germaneau, 78 ans, qui était détenu par Al-Qaïda du Maghreb depuis avril. Son exécution a suivi l'échec jeudi d'un raid franco-mauritanien contre une unité d'Aqmi dans le désert malien pour le libérer.