Culture





«On a souhaité avoir un financement plus important»

Naima RAMI
Le matin : 27 - 07 - 2010
Cela fait déjà 6 ans que le Festival de Casablanca rassemble une centaine d'artistes internationaux des quatre coins du monde. Avec ses concerts, ses rencontres et ses «Nouzah Fania», cet évènement est devenu une manifestation de grande importance pour la ville.
Farid Bensaïd, directeur du Festival de Casablanca, nous parle de cette 6e édition du Festival. LE MATIN : Quel bilan faites-vous de cette 6e édition du Festival de Casablanca ?
Farid Bensaïd : Tout d'abord, la fréquentation du festival est très importante. Entre 2.500.000 et 3.000.000 de personnes se sont déplacées pendant les 4 jours du Festival et c'est une première réussite de cette édition.
Les Casablancais étaient contents de la qualité et de la diversité des artistes puisque le Festival de Casablanca est réputé pour être à l'image de la ville et de sa population avertie. Le public a eu droit à un programme varié et accessible à tous, de quoi les rendre vraiment fiers de leur ville et de leur festival.
Il y avait certes quelques places payantes pour les gens qui veulent être près de la scène, mais plus de 85% du festival était gratuit. La particularité de cette édition est aussi «Nouzah Fennia». Ce programme a pour but de faire découvrir aux Casablancais certaines places marginalisées.
Depuis sa création, le Festival de Casablanca a été sujet à plusieurs polémiques notamment parmi les élus de la ville, il a aussi connu plusieurs changements. Croyez-vous qu'il a réussi cette année à se trouver une identité personnelle qui répond à toutes les attentes ?
Oui, les élus ont participé à la création et à la programmation du Festival. On a écouté leurs demandes et on a changé des choses selon leurs exigences. On travaille la main dans la main avec les élus.
Pour le volet musical, vous n'avez pas invité beaucoup d'artistes étrangers de gros calibres cette année, est-ce un choix pour donner plus de chances aux artistes marocains ou est-ce question de budget ?
Il y avait des jeunes artistes de gros calibres mais on ne pourra pas nier que nous n'avons pas invité des grands artistes telque Madona à cause du budget. En plus, notre cible est les jeunes on n'a pas la même vocation que mawazine et avec les moyens qu'on a nous avons amené le maximum de stars et surtout on a pu répondre aux attentes des casablancais.
Est-ce que les ressources financières qu'on met à la disposition du festival sont à la hauteur de ses ambitions ?
Non, le budget ne suffit pas. On a souhaité avoir un engagement financier beaucoup plus important pour avoir plus de scènes et des grands artistes. Notre budget était au tour de 28.000.000 dh
En plus de l'animation musicale, vous avez programmé cette année Nouzah Fania dans plusieurs espaces publics de la ville, ne comptez-vous pas continuer ce programme au-delà du festival pour montrer les faces oubliées de Casablanca ?
Oui, on va essayer de réfléchir pour faire vivre un peu ces places tout au long de l'année. Nous avons mené cette expérience et je crois qu'elle a réussi. Les casablancais ont beaucoup aimé l'idée originale de faire revivre des places oubliées.
Les ateliers et débats étaient très présents dans le programme. Quelles sont les motivations de cette action ?
Les ateliers et débats ont permis de créer une dynamique dans le sens où ils ont poussé les décideurs à prendre des décisions importantes. A titre d'exemple, le débat «espace public espace d'expression» a aidé et a poussé les autorités à mettre en valeur des espaces de la ville pour permettre aux artistes d'y travailler et de s'y exprimer.
Comment voyez-vous l'évolution du festival de Casablanca pour qu'il garde toujours son rayonnement ?
Le plus important pour garder le rayonnement du festival est d'abord de lui laisser ses moyens financiers et il faudrait qu'on continue à travailler la main dans la main avec les autorités et les élus de la ville pour que cet évènement ne soit pas le festival des autorités ou des élus ou des sponsors mais pour qu'il soit le festival de tout le monde.
Nous avons réussi ce pari cette année et il faudrait qu'on continue à avoir ce dialogue avec les élus de la ville pour maintenir ensemble cet évènement et le modifier selon la demande et les avis de tous. Ce sont nos deux grandes contraintes pour l'instant.
Quel était le point fort de cette édition ?
C'est l'affluence du grand public qui était sur place. Il y avait des moments très importants tels que le spectacle d'ouverture avec les plumes sur la place Mohammed V et la clôture avec les feux d'artifices et des artistes mythiques.
Quel est votre meilleur souvenir du festival ?
Sur le plan personnel, j'ai apprécié la visite du passage Somica. Pendant la visite, on a découvert Casablanca les yeux fermés.
Sur le plan professionnel c'est le fait de voir 100.000 ou 200.000 personnes chantant en même temps avec un chanteur marocain ou étranger, aussi le fait de voir des objets volants le jour de l'ouverture des plumes partout et les Casablancais qui les ramassaient. * Journaliste stagiaire