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L'enjeu de la qualité
Les différents chantiers lancés dans le cadre du plan d'urgence au niveau de Fès-Boulemane sont sur la bonne voie.
Le plan d'urgence de l'enseignement à Fès-Boulemane est d'emblée sur rails. Le bilan de la première année de son application au niveau de la région est très positif, indique Mohamed Ould Dada, directeur de l'Académie régionale de l'éducation et de la formation de Fès-Boulemane lors d'une conférence de presse organisée en marge de la deuxième session du Conseil d'Administration de l'Académie, réuni le 26 juillet sous la présidence de la secrétaire d'Etat chargée de l'enseignement scolaire, Latifa Labida. « Nous avons réussi dans certains dossiers comme nous avons rencontré des difficultés à réussir dans d'autres. Nous avons réussi entre autres, la mise à niveau et la qualification de plusieurs établissements et leur dotation d'équipements nécessaires. A cela s'ajoute l'appui et le soutien social aux familles pour les encourager à scolariser leurs enfants, la formation et l'implication des différents intervenants dans le plan d'urgence », précise t-il. Ceci étant, le Chantier de la mise à niveau des établissements scolaires n'est pas fini selon lui, mais les projets lancés dans ce cadre ont permis la qualification et la construction de plusieurs établissements scolaires. Dans sa note de présentation du bilan devant le Conseil d'administration, le directeur a indiqué qu'entre 2009 et 2010, 10 écoles primaires et six communales devraient voir le jour. A cela s'ajoute la construction de 11 établissements secondaires dans le milieu urbain, l'extension de 9 établissements secondaires et la création de 10 internats dans le milieu rural. L'enseignement secondaire qualificatif a été aussi enrichi par 7 nouveaux établissements sur 10 prévus. L'objectif étant in fine de disposer à l'horizon 2012 de quelque 85 nouveaux établissements. Au volet mise à niveau et qualification, 119 établissements ont été réhabilités en 2009 au niveau de la région Fès-Boulemane et 60 sont prévus en 2010. « 97 établissements ont été réhabilités grâce à l'appui financier de l'association des écoles de l'espoir, la fondation Jamai et l'INDH », précise Mohamed Ould Dada. Il ajoute aussi que 252 établissements nécessitent la réhabilitation (sans compter les unités communales en milieu rural) entre 2010 et 2012 avec un budget estimé à quelque 141 550 milles DH. Le projet de l'appui social aux familles pour les encourager à scolariser leurs enfants, commence de son côté à donner de bons résultats. «Grâce entre autres au programme Tissir qui a couvert cette année près de 19 communes et a bénéficié à 18 580 familles de la région et aux opérations de distribution d'habits, de cartables avec fournitures scolaires et de bicyclettes, nous avons enregistré un taux en dessous de 1% concernant les déperditions scolaires. C'est un grand pas en avant mais il reste encore des efforts à faire notamment au niveau du secondair », précise le directeur de l'Académie. Ce volet comprend aussi l'augmentation de prés de 45% entre 2009 et 2010 du budget des cantines et des internats. Les résultats de ces différents chantiers se font par ailleurs d'ores et déjà sentir. Il ressort du bilan de la première année d'application du plan d'urgence, l'amélioration des taux de scolarité et de réussite et la baisse des taux de déperdition et d'échec au niveau de la région. La question de la disponibilité des ressources humaines compétentes a été également soulevée par le directeur de l'Académie lors de sa rencontre avec la presse. Pour lui, c'est un enjeu important pour mener à bien le plan d'urgence. « Nous avons 325 enseignants qui partent en retraite cette année et le ministère nous a permis de les remplacer par seulement 100 personnes ce qui rendra la prochaine rentrée scolaire plus difficile. Nous trouvons aussi des difficultés à améliorer le rendement des enseignants et la question qui s'impose aujourd'hui est comment changer cette réalité et convaincre les femmes et les hommes de l'enseignement que l'avenir de plusieurs générations dépend de la qualité de leur enseignement et de la manière d'enseigner. Et là, je pense qu'il est important de renforcer les prérogatives des Académies pour pouvoir intervenir davantage dans la manière d'enseigner et assurer la qualité aussi bien au niveau du public que du privé qui n'est pas à la hauteur des attentes. Nous ne voulons pas jouer le rôle du gendarme mais nous espérons pouvoir impliquer tous les intervenants pour la réhabilitation de l'enseignement », reconnaît t-il. Pour lui, le renforcement de la décentralisation au niveau des Académies devrait aussi comprendre le volet recrutement. « Nous ne pouvons plus former des enseignants à Tanger pour les recruter dans la région du Souss. Cela crée d'énormes problèmes et se répercute sur la qualité de l'enseignement dispensé. Je pense que chaque Académie devrait disposer du droit de recruter selon ses besoins précis et de manière à avoir des enseignants candidats dans les régions qu'elle couvre », ajoute t-il. Le Chantier de l'éducation informelle avance de son côté. Il a permis à quelques 986 élèves de revenir aux bancs de l'école avec l'appui de 14 associations au titre de l'année scolaire 2009-2010. Il est prévu d'atteindre le nombre de 1867 bénéficiaires entre 2010 et 2012. Ce qui nest pas une mince affaire sachant qu'il existe aujourd'hui selon les chiffres de l'Académie prés de 6 mille enfants dans la rue âgés entre 6 et 15 ans, en dehors du circuit scolaire. Il reste beaucoup à faire au niveau des différents chantiers inscrits dans le plan d'urgence pour insuffler un nouveau souffle dans le secteur de l'enseignement. L'implication selon Mohamed Ould Dada, aussi bien des parents, des enseignants, de la société civile, des élus et des autorités publiques, est primordiale pour réussir le pari de l'école de la réussite. Les heures supplémentaires
l'arme de pression La question des heures supplémentaires dispensées aux élèves de manière illégale par des enseignants a été largement abordée lors de la rencontre du directeur de l'Académie avec les journalistes. Ce phénomène se développe de manière alarmante et met en mauvaise posture les familles démunis. Le directeur de l'Académie reconnait que le phénomène représente ujourd'hui une arme de pression sur les parents pour que leurs enfants puissent avoir de meilleures notes tenues en compte dans le contrôle continu et que beaucoup d'enseignants s'enrichissent de manière illégale. La fixation d'une certaine moyenne pour que les bacheliers puissent avoir accès aux instituts et grandes écoles encourage aussi cette tendance. « Nous ne pouvons pas arrêter le contrôle continue par ce qu'il représente un appui majeur pour l'élève et nous ne pouvons pas jouer seul le rôle du gendarme pour interdire les heures supplémentaires. Il y a plusieurs intervenants qui doivent chacun à son niveau et avec les moyens dont il dispose lutter contre ce phénomène. Les grandes écoles doivent aussi revenir au système du concours pour promouvoir l'égalité des chances et aussi parce que celui qui a une grande moyenne dans les résultats du Baccalauréat n'est pas forcément le meilleur.
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