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Le choix des délégations pointé du doigt
Pour la mise en place de critères clairs et précis pour le choix des parlementaires aux missions à l'étranger.
La diplomatie parlementaire est appelée à se développer. Les présidents des deux chambres ont à plusieurs reprises annoncé leur détermination à améliorer l'action du Parlement en la matière vu sa plus haute importance. Mais, jusqu'à présent, l'insatisfaction est le maître-mot. Les contestations s'élèvent au niveau interne. Les voix dissonantes estiment que l'amélioration devrait passer en premier lieu par la mise en place de critères clairs et précis pour le choix des parlementaires aux missions à l'étranger. A l'heure actuelle, ce sont les groupes parlementaires qui désignent les candidats aux différentes missions. Il arrive que le président choisisse les membres de la délégation. Mais, ces cas restent limités. A en croire députés et conseillers, on recourt souvent au tirage au sort ou au système de tour de rôle pour apaiser les esprits les plus récalcitrants qui cherchent «leur part du gâteau». Or, concrètement, il ne s'agit pas de voyage de courtoisie mais de missions nationales qui s'assignent pour objectif de promouvoir l'image du Maroc tant sur le plan touristique qu'économique et politique. Selon certains parlementaires, à plusieurs reprises, la participation du Parlement marocain à des rencontres internationales passe inaperçue, voire «catastrophique» en raison des profils choisis. En effet, certains parlementaires ne maîtrisent même pas la langue des débats pour pouvoir comprendre et réagir. La députée Fatima Moustaghfir tire la sonnette d'alarme. Elle a déjà envoyé il y a deux mois une lettre au Président de la chambre portant sur les critères du choix des députés dans le cadre des missions de la diplomatie parlementaire. Elle estime que les rapports doivent être rendus publics pour pouvoir juger de l'efficacité des différentes missions. «La diplomatie parlementaire reste incapable de jouer son rôle ; le vrai. Les désignations restent l'apanage des présidents des groupes qui ne se basent pas sur des choix logiques et préfèrent la politique du copinage.», tient-elle à préciser. Même son de cloche chez le député pjdéiste Lahcen Daoudi qui indique que les moyens sont certes limités. Mais, il reste beaucoup à faire pour améliorer la diplomatie parlementaire. Il lance la balle au camp des groupes parlementaires qui doivent changer d'approche pour donner un coup de fouet à l'action diplomatique à l'étranger notamment au niveau des grands dossiers comme la cause nationale, les groupes d'intérêt avec l'Espagne, les relations avec les pays africains
Le président du groupe de l'Unité et de l'égalitarisme à la chambre des conseillers Mohamed Ansari tient à tempérer la situation même s'il reconnaît l'existence des dysfonctionnements qui nuisent à la diplomatie parlementaire. Pour ce conseiller istiqlalien, la situation s'est largement améliorée au cours de cette législature notamment en ce qui concerne la coordination entre les deux chambres qui choisissent des délégations unifiées. On a de plus en plus tendance à recourir au critère de spécialité dans le choix des parlementaires qui doivent représenter le Maroc aux grands évènements internationaux. «Auparavant, on avait des délégations plutôt touristiques. Aujourd'hui, les choses commencent à changer», dit-il tout en reconnaissant qu'il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs escomptés. Une grande responsabilité incombe aux présidents des groupes. Profil des parlementaires Le développement de l'action de la diplomatie parlementaire passe en premier lieu par l'amélioration du profil des parlementaires. L'institution législative dispose certes de parlementaires compétents dans différents domaines. Mais, elle regorge aussi d'élus dont le niveau d'instruction s'avère très bas et qui ont du mal à suivre les discussions pointues tant en commissions qu'en séances plénières. Ces parlementaires représentent mal le Maroc à l'étranger. «Pourtant, ils réclament aussi leur droit aux missions car ils estiment qu'ils ont le même titre que les autres. En parallèle, on note un absentéisme flagrant des parlementaires lors des visites des délégations étrangères au Maroc. », indique une source au Parlement. La responsabilité incombe aux partis politiques qui cooptent des notables capables de leur garantir le maximum de place au sein du Parlement sans prêter une grande attention à la qualité du travail de leurs parlementaires.
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