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La "bague de Minos" définitivement authentifiée
Le matin Le matin : 04 - 04 - 2002

La bague dite «de Minos», un magnifique sceau cylindre gravé du 15ème siècle avant J.C., a été certifié authentique par le Conseil supérieur de l'archéologie (KAS), a annoncé jeudi le ministre de la Culture, Evanguélos Vénizélos.
Il s'agit d'une pièce exceptionnelle considérée comme l'un des meilleurs exemples de la glyptique de l'époque mycénienne crétoise. Le sceau, de forme cylindique, comporte un décor gravé représentant une scène religieuse de la thématique de l'époque : un culte des arbres, une déesse assise, le ciel, la terre, et la mer avec un navire à forme d'hippocampe.
La bague est «un chef-d'œuvre de l'art minoen» et «peut être considérée comme un symbole, même un emblème, de la civilisation minoenne», a déclaré Catherine Dimakopoulou, membre de l'équipe d'experts qui a authentifié le sceau.
Le sceau, perdu pendant de longues années, a été retrouvé par hasard par un policier en retraite dans les affaires de sa famille dans une maison dont il avait hérité en Crète.
La bague appartenait à un pope, Nicolas Polakis, qui l'avait obtenu d'un berger. Ce dernier l'avait trouvé en 1928 sur une colline près du tombeau royal de Cnossos, le grand site minoen, mis au jour en 1900 par sir Arthur Evans près d'Héraklion sur l'île de Crète.
Le sceau avait été présenté à Evans qui l'avait intitulé «bague de Minos» et le considérait comme authentique tout comme le grand archéologue grec de l'époque, Nicolas Platon, mais plusieurs archéologues doutaient à l'époque de son authenticité en raison notamment du manque de connaisances sur la thématique.
Evans n'avait pas voulu l'acheter, en raison du prix excessif réclamé par le pope, et en avait fait deux copies qui sont détenues par le musée d'Oxford.
Le pope Polakis avait tenté en vain de le vendre à plusieurs reprises, et le sort de la bague s'était perdu après sa mort en 1950.
M. Vénizélos a indiqué que le sceau avait été estimé à 400.000 euros et que le policier qui l'a remis aux services archéologiques sera récompensé.
«Nous voulons encourager une conduite qui aide les services archéologiques», a déclaré le ministre sans fixer le montant de la récompense.
La bague sera remise au musée archéologique d'Héraklion qui rassemble les chefs d'oeuvre minoens.
• SCIENCES
Le séquençage du génome du riz ouvre d'immenses espoirs
Des chercheurs de la firme privée suisse Syngenta et des scientifiques chinois publient vendredi la première ébauche de la cartographie du génome du riz, une percée scientifique qui pourrait permettre d'améliorer la production et de mieux lutter ainsi contre la malnutrition.
Souvent appelée la «céréale du pauvre», le riz sert, en effet, d'aliment de base pour la moitié de l'humanité.
Cette publication dans la revue américaine Science concerne les deux sous-espèces de riz les plus répandues, l'Oriza sativa japonica (riz rond) et l'Oriza sativa indica (riz long), la variété la plus cultivée en Chine et en Asie du sud-est.
Ces recherches ont consisté à décrypter 430 millions de paires de bases nucléotidiques composant l'ADN de ses douze chromosomes.
Le riz s'avère une plante extrêmement complexe, avec un nombre estimé de gènes compris entre 42.000 et 63.000 (variété japonica) et 45.000 à 56.000 (variété indica), soit étonnament plus que le génome humain (entre 30.000 et 40.000).
Le code génétique du riz «va permettre d'accélérer l'amélioration de la qualité nutritionnelle, des rendements agricoles et de l'agriculture durable pour répondre aux besoins croissants de la planète», souligne le rédacteur en chef de Science, Donald Kennedy.
Chaque jour, 24.000 personnes meurent de faim et 800 millions s'endorment chaque soir la faim au ventre. Face à la croissance démographique et à la diminution des terres arables, les pénuries alimentaires dues aux catastrophes naturelles, aux guerres et à la pauvreté risquent d'être de plus en plus critiques.
La variété indica a été séquencée par le Pr Jun Yu de l'Institut de génomique de Pékin (BGI), à la tête d'une équipe de chercheurs de onze institutions chinoises.
Le croisement d'indica avec d'autres variétés permet de produire une espèce hybride et d'améliorer les rendements de 20% à 30% à l'hectare.
L'autre variété, japonica (ou Nipponbare), qui pousse dans des régions au climat tempéré, a été séquencée par le Pr Stephen Goff, à la tête d'une équipe de scientifiques de l'Institut de recherches de Torrey Mesa (TMRI), le laboratoire en Californie du groupe agrochimique suisse Syngenta.
Cette variété, souligne le Pr Goff, pourrait à terme permettre de produire un riz à haute teneur en vitamines. Le génome devrait révéler également les mécanismes de production du béta-carotène, un précurseur de la vitamine A.
Cette information génétique ouvre aussi la voie à la création d'espèces résistantes aux insectes et aux maladies, ajoute le chercheur.
Un consortium de laboratoires publics, baptisé Projet international de séquençage du génome du riz (IRGSP), financé par le Japon, s'était aussi lancé dans la course au séquençage du génome du riz en 1998. Mais il a recours à une méthode de séquençage plus systématique et traditionnelle mais qui prend davantage de temps. Son travail devrait aboutir en décembre.
La firme américaine Monsanto, qui avait achevé une première ébauche du génome en 2000, a décidé de fusionner ses efforts avec l'IRGSP.
Les deux ébauches de la carte du génome du riz publiées vendredi seront combinées ultérieurement avec la version à venir beaucoup plus précise de l'IRGSP.
La séquence indica est immédiatement accessible au public et aux chercheurs du monde entier à travers la banque de données GenBank.
Quant à la séquence japonica, elle est protégée par un brevet et n'est pour l'instant disponible que par le biais de Syngenta. Les chercheurs y auront accès sous certaines conditions.


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