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Boumehdi, un passionné des ondes
Abdelaziz Mouride Le matin : 07 - 02 - 2007

Il lui a fallu quatorze ans de combat acharné pour faire aboutir son rêve : créer une radio privée
En 1993, un journal de la place rapporte en bref qu'un jeune r'bati a reçu une fin de non-recevoir pour avoir présenté un projet de radio libre. Ce jeune aurait même été, d'après le journal, convoqué par la police pour interrogatoire.
C'était dans la logique de l'époque, sauf que l'information n'était pas fondée. «C'était moi qui faisait le pied de grue au ministère de l'Intérieur pour faire aboutir mon projet », protestera l'intéressé quatorze ans plus tard. «Depuis quelque temps, je rêvais de faire une radio pour les jeunes qui voulaient écouter autre chose que ce qu'on leur servait sur les ondes publiques. En 1993, c'était la tenue de l'Infocom, on parlait de libéralisation du secteur de l'audiovisuel etc., alors j'y ai cru d'autant plus que Médi 1 était déjà bien installé et que des radios étrangères étaient intéressées. »
Le jeune fou de Rabat ? C'est Younès Boumahdi, l'actuel directeur de Hit Radio qui fait un tabac auprès des jeunes et même, dit-on, auprès des moins jeunes, tous des amoureux de la musique alternative dont les jeunes musiciens du Boulevard que Hit Radio a justement contribué à sortir au grand jour.
«Il m'a fallu batailler dur pour en arriver là», se rappelle-t-il aujourd'hui. Younès avait 23 ans à l'époque. Un diplôme de marketing et de communication en poche fraîchement décroché dans une école française, et surtout beaucoup d'enthousiasme dans les yeux. «Je pensais que les choses allaient être faciles, mais ne voyant rien venir au bout d'un an, j'ai décidé de ne pas en rester là».
D'où le siège devant le ministère de l'Intérieur : «J'écrivais chaque mois au ministère de tutelle, chaque trimestre au Premier ministre». Que faisait-il en attendant ? Il travaillait dans un tout autre domaine que la radio, dans une société de distribution d'antennes paraboliques, puis dans une entreprise industrielle.
«Au départ, en réalité, je n'avais aucunement l'idée de faire de la radio et ma formation me prédestinait à une carrière dans la presse ou la communication». Et c'est en France que l'idée a commencé à germer dans sa tête. «Là, j'ai pris la mesure du retard de notre pays dans ce domaine car il n'y avait rien pour les jeunes en matière de musique». On imagine les effets pervers du «tout sécuritaire» de l'époque : «Pour faire passer des cassettes de musique à l'aéroport, il fallait les faire valider par le CCM». Alors ouvrir une radio privée!
Ce qui compliquait encore plus la tâche, c'était le vide juridique en la matière. L'audiovisuel faisant partie du domaine régalien exclusif à l'Etat sur lequel il exerçait un pouvoir discrétionnaire et somme toute arbitraire, ne laissant pas place à l'initiative privée, sauf autorisation exceptionnelle de sa part. C'est dans ce cadre que Médi 1 a pu s'installer et plus tard Radio Sawa, mais pas d'autres opérateurs.
On connaît la suite. La libéralisation du secteur tant attendue a fini par s'imposer. Younès, désormais familier du ministère de la Communication, se trouvait donc en première ligne des soumissionnaires. Il pouvait enfin «avoir sa radio», c'était en mai 2006. On imagine son euphorie, mais aussi son angoisse.
Avoir une radio c'est une chose, assurer sa programmation au quotidien de façon à soutenir la concurrence, à fidéliser l'auditoire, c'est une autre paire de manches, un défi supplémentaire que Younès et son équipe se devait de relever. Mais d'abord, il fallait trouver le financement : «J'ai fait appel à des amis pour ce faire, n'ayant pas d'immeubles à hypothéquer auprès des banques».
Mais bientôt, celles-ci lui font confiance : «Ce n'était pas facile, mais il fallait insister, développer des arguments convaincants». Pour le reste, Younès et ses partenaires -«tous marocains »- ont fait appel à des professionnels français de la radio pour former le personnel. Et ça marche !
Le credo de Younès, son créneau aussi : la jeunesse.
Pari gagné : en quelques mois, Hit radio est devenu le média obligé des jeunes. Le secret de la réussite de Hit-Radio ? Mettre l'accent sur les nouveaux groupes de musique alternative très prisés par les jeunes.
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Younès Boumehdi
Né le 29 juin 1970 à Rabat..
Après avoir décroché son baccalauréat en 1988, Younès s'envole vers la France, plus précisément Paris, pour poursuivre ses études supérieures.
Il s'inscrit alors dans une école de marketing et communication.
Il rentre au Maroc en 1992.
Et c'est à partir de là qu'il commence à penser sérieusement à la création d'une radio privée.
Après plusieurs années d'attente, le jeune R'bati peut enfin concrétiser son rêve de toujours. C'était en 2005.
Le 17 mai 2006, Boumehdi reçoit la licence de la HACA. Il crée alors Hit Radi. Et c'est parti pour une longue aventure…


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