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Cette douleur qui nous mine
Fatim Zohra H Alaoui Le matin : 27 - 02 - 2007

Plus qu'un simple mal de tête, cette céphalée primaire doit être traitée
Le stress, une vie arythmique, une mauvaise alimentation… Les causes de la migraine ne manquent pas. C'est un de ces maux qui nous empoisonne la vie et sur lequel l'interve
«Sur le plan clinique, elle se caractérise par des maux de têtes, des céphalées, qui surviennent par crises et durent de quatre à soixante-douze heures. La douleur migraineuse est souvent très violente, elle débute généralement d'un côté de la tête mais peut gagner tout le crâne. Elle est amplifiée par la lumière et le bruit (photophobie et phonophobie). D'autres troubles peuvent être associés aux céphalées comme des nausées ou des vomissements. La migraine peut être précédée de signes transitoires qu'on appelle des auras. Les migraineux ressentent ainsi parfois, avant la crise, des troubles visuels ou auditifs», explique le professeur Abdelkhalek Mouhib, neurologue.
Quand la douleur est présente, son intensité interdit la poursuite des activités professionnelles ou domestiques. Les migraineux sont souvent obligés de s'isoler dans une pièce à l'abri de la lumière et des bruits violents. «Quelle en est la cause? », est vraisemblablement une question embarrassante pour les spécialistes puisque son origine reste inconnue. Le professeur le reconnaît, «une confusion continue de régner, encore aujourd'hui, entre les facteurs déclenchants et la cause de la maladie. Celle-ci reste pourtant toujours inconnue, même s'il existe actuellement un modèle élaboré, mais encore imparfait, pour tenter d'expliquer l'origine des crises de migraine». Ceci étant, on sait qu'il s'agit souvent d'une affection familiale qui peut sauter une ou deux générations.
Le fait que les femmes soient plus touchées que les hommes suggère l'influence de facteurs hormonaux. La crise est déclenchée par des circonstances qui sont variables selon les migraineux. Ce sont des facteurs déclenchants. Ces derniers sont très nombreux, ils peuvent être certains aliments ou certaines boissons, le stress, une mauvaise hygiène de vie, une pression artérielle élevée, un voyage, un éclairage fort ou tout autre stimulus comme les odeurs fortes.
«Afin d'éviter les crises de migraine, identifiez les facteurs déclenchants et essayez de les éviter. Evaluez les avantages dont vous pourriez bénéficier en évitant ces facteurs par rapport à leur effet négatif dans votre vie. Parfois, un seul facteur n'est pas suffisant pour déclencher une crise, mais plusieurs facteurs réunis le sont. Par exemple, sauter un repas après de longues heures de travail peut devenir le facteur déclenchant d'une crise», explique le docteur.
Quand celle-ci survient, la douleur est souvent insupportable. Des petits gestes peuvent aider à rendre la crise supportable. En premier lieu, les migraineux préconisent qu'il faut s'isoler dans une pièce calme à l'abri de la lumière et du bruit. L'application de froid sur la zone douloureuse (des glaçons enveloppés dans une serviette) ou serrer la tête peut diminuer la douleur. Boire un café noir réussit aussi à certains migraineux.
Bien sûr, en dehors de ces petites « astuces », un traitement médical est nécessaire. Pourtant, plus de la moitié des migraineux ne consultent jamais de médecin pour leur migraine, soit qu'ils acceptent de «vivre avec», convaincus de l'absence de traitement efficace, soit qu'ils recourent à une automédication désordonnée.
Alors qu' «il faut absolument consulter dans un premier temps, on va voir son médecin généraliste, qui orientera le patient vers un neurologue pour définir au mieux le traitement adapté, en accord avec le médecin généraliste, si l'on a utilisé des médicaments pour calmer une crise de maux de tête plus de cinq à six fois dans le mois.
Ce dernier point est très important, car l'automédication fréquente et excessive peut être très dangereuse, même s'il s'agit d'aspirine ! », met en garde le professeur. Dans ce domaine plus qu'ailleurs, les patients ont tendance à pratiquer l'automédication et donc à recourir à des traitements non spécifiques (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, etc.).
Ils ont recours à des traitements dont l'efficacité sur les migraines n'est pas démontrée. Résultat ? « Les malades avalent une quantité de pilules, parfois sans efficacité.
Outre une augmentation de leur scepticisme vis-à-vis des médicaments, ces abus favorisent l'apparition d'une forme très sévère de migraine : les céphalées chroniques quotidiennes, qui peuvent nécessiter une période de sevrage», déclare le médecin.
Sentiment de fatalité, renoncement à disposer enfin d'un traitement efficace, peur d'en parler au médecin ? Rassurez-vous plusieurs études prouvent que la majorité des céphalées migraineuses, appelées primaires, ne sont pas provoquées par une autre pathologie.
D'autant plus qu'il est préférable de consulter pour avoir une meilleure qualité de vie.
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La migraine chez l'enfant
Près d'un enfant sur dix souffre de migraine. Pourtant, les médecins ne prennent pas beaucoup en charge cette maladie, car elle reste méconnue. La migraine chez l'enfant peut parfois survenir dès l'âge de deux ans. Il aura mal au niveau des tempes et du front. L'enfant migraineux en crise devient pâle, parfois livide même et souffre de nausées, il n'a plus la force de jouer. On a souvent mis ces crises sur le compte de l'agitation ou de la contrariété, mais aussi d'un problème de vue ou de la sinusite.
En prêtant un peu plus d'attention sur la description du mal, le diagnostic médical pourrait être fait facilement. Souvent, il faut prendre en compte les antécédents familiaux. Heureusement, il est plus facile de traiter la migraine chez l'enfant que chez l'adulte.


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