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Les temps forts de 2006
Khadija Smiri Le matin : 01 - 01 - 2007

Des recontres qui réunissent des millions de Marocains à travers le Royaume
Quelque 50 festivals ont été organisés au Maroc durant l'année 2006. Musique, cinéma, folklore, humour, magie, danse et chant…autant d'arts venus de chez nous et d'ailleurs ont été célébrés, de Tanger à Tan Tan en passant par Fès, Rabat, Casablanca, Assilah, Agadir…et j'en passe. Chaque ville du Royaume fête désormais la créativité et le talent à sa manière. Et les festivals se font de plus en plus nombreux dans un pays où la culture trébuche encore. En voici les temps forts.
Le FIFM, stars et strass
S'il y a une chose qu'on retient du Festival international du film de Marrakech, c'est bien évidemment le tapis rouge, les foules de photographes, les stars internationales et parfois nationales, leurs tenues chics et leurs potins. Mais ça reste tout de même un grand festival de cinéma. Quelque 120 films représentant 20 nationalités ont été projetés lors de cette 6e édition, un hommage a été rendu aux cinémas italien et indien.
Quinze films inscrits à la compétition officielle étaient départagés par quatre prix. L'Allemagne a été doublement primée cette année à travers le film "Le perroquet rouge" de Dominik Graf qui a raflé l'Etoile d'or et le prix de la meilleure interprétation masculine attribué à Max Riemelt. Vous direz : "Et le cinéma marocain dans tout ça?" Et bien, notre 7e Art, malgré ses crises et ses problèmes, était au rendez-vous. Deux films étaient en lice pour les prix du festival, mais sans succès. Il s'agit de "Wake up Morocco" de Narjiss Nejjar et "What a wonderful world" de Faouzi Bensaïdi. Un hommage a été par ailleurs rendu à une figure de proue du cinéma marocain, l'acteur Mohamed Majd. On s'en contente pour l'instant en attendant d'autres hommages…
Le Festival de Gnaoua
Avec près de 500.000 visiteurs cette année, le Festival d'Essaouira reste la manifestation «grand public» par excellence. Mais c'est d'abord une grande fête dédiée à la musique gnaoua et aux musiques du monde à laquelle ont pris part cette année quelque 140 musiciens. Ainsi, des rythmes oubliés du Maroc profond et d'autres venus des quatre coins du monde se sont fusionnés, faisant ainsi vibrer les foules déchaînées. Au fil des années, le Festival d'Essaouira a dépassé l'aspect du divertissement, il est devenu un véritable phénomène de société. A travers une programmation éclectique et harmonieuse, le festival cherche avant tout à réaliser une communion et une alchimie entre les mélomanes et les chanteurs. N'est-ce pas le festival de la transe ?
Le Festival de Fès
Au début de chaque mois de juin, Fès vit à l'heure du Festival des musiques sacrées du monde, un festival dont le rayonnement a bel et bien dépassé les frontières du Maroc. Tenue sous le signe de l'harmonie, la 12e édition a mis l'accent sur l'échange et le dialogue à travers les civilisations et les cultures plurielles.
Et c'est cet esprit qu'on retrouve même sur les scènes de la ville impériale qui accueille des artistes dépositaires de cultures et de traditions différentes.
Ainsi, leur réunion a été une rencontre entre les langues, entre les religions, entre les rythmes et les chants spirituels venus d'ailleurs. Encore une façon de refléter l'image d'un Maroc pluriel et tolérant, carrefour éternel de civilisations et de religions. Longtemps considéré comme élitiste, le Festival de Fès fait oublier petit à petit cette image et ce, en dédiant des spectacles pour le grand public.
Festival Timitar, le surprenant
Personne ne prédisait au Festival d'Agadir un tel succès. N'étant qu'à sa troisième édition, il a d'ores et déjà accueilli 600 artistes et près de 650.000 spectateurs cette année. Le Festival Timitar redonne ses lettres de noblesse aux richesses de la région du Souss et à la culture amazighe. Ainsi, les musiques du monde sont venues à la rencontre de cette culture. Il s'agit, en fait, d'un échange incessant entre les hommes et leurs cultures. Timitar, comme tous les autres festivals, se veut une occasion où la musique devient un langage de paix et de tolérance. Cette année, le festival gadiri a rendu hommage à l'art africain et a introduit dans sa programmation la musique électronique par la participation de DJ internationaux. Ce qui montre son implication concrète au brassage musical.
Festival de Casablanca
Fort du succès du premier coup d'essai, le Festival de Casablanca est revenu cette année, devenant désormais une manifestation régulière. Avec 40 concerts, 20 projections de films et de nombreuses actions artistiques, la programmation du festival se veut un moyen qui brise les frontières sociales. Casablanca a donc vécu durant huit jours une véritable fête où les populations se sont réapproprié, le temps d'un festival, l'espace public. Ni élitiste ni officiel, le festival de la métropole se déroule essentiellement en plein air, dans les rues et les espaces de la ville. Sa valeur ajoutée par rapport aux autres: il laisse des traces positives et durables dans le paysage urbain en revalorisant les sites casablancais investis. Une action à applaudir et à pérenniser surtout.
Festivals du Sahara
Tan Tan et Laâyoune, deux villes sahraouies ont désormais leurs festivals. Le premier est le Moussem culturel de Tan Tan ou le grand rassemblement des hommes bleus. Relancé sous l'égide de l'Unesco après 23 ans d'interruption, ce festival de nomades a réuni des dizaines de tribus et de groupes folkloriques venus du Maroc, du Mali, du Sénégal et de la Mauritanie. Avec sa réédition, ce festival permettra sans doute à la région de s'ériger en un carrefour de rencontre pour les populations. Contrairement au premier, le festival tenu à Laâyoune est le dernier-né des manifestations culturelles marocaines.
En fait, le Festival national de la culture du Sahara s'est tenu cette année sous le signe de « La culture du Sahara : éducation et communication ». Bonne continuité!
Festival «L'boulevard»
Que des jeunes talents se révèlent dans les rues, que des jeunes "freaky" envahissent les places de Casablanca et que les foules se déchaînent sur les rythmes endiablés d'une guitare électrique ou d'un guembri venu de nulle part, c'est le boulevard des jeunes musiciens. Simple compétition entre groupes musicaux au départ, cet évènement est aujourd'hui l'incontestable rendez-vous des musiques urbaines longtemps marginalisées. On y retrouvent tous les styles musicaux : Rock/metal, rap, fusion, hip hop…
Ainsi, et depuis déjà 8 ans, l'boulevard a permis à de nombreuses formations de se faire connaître, d'être saluées et soutenues par les médias aussi bien au niveau national qu'international. On cite : Darga, Hoba Hoba Spirit, H-Kayne, Barry, Fnaïre…Merci pour l'boulevard.
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Ceux qui nous ont quittés en 2006
18 janvier, Haj Sellam Lhajoui, violoniste et doyen de la troupe nationale de musique.
25 janvier, Chris Penn, 40 ans, acteur américain.
3 mars, Pierre Fabre, scénariste et acteur français, 73 ans.
3 avril, Mohamed El Maghout, écrivain et dramaturge syrien, 72 ans.
23 avril, Abdeslam Chraïbi, dramaturge marocain
26 avril, Aziz Chihal, producteur et animateur marocain de télévision.
15 mai, cheikha Remitti, chanteuse algérienne, 83 ans.
6 juin, Houda Soltane, actrice, chanteuse égyptienne, 81 ans.
15 juin, Abdelmajid Hannaoui, peintre et critique d'art marocain.
23 juin, Aaron Spelling, 83 ans, producteur américain.
23 juin, Phillipe Noiret, comédien français, 76 ans.
14 juillet, Saïd Amine, caricaturiste marocain
15 juillet, Ahmed Setati, écrivain et académicien marocain.
30 août, Naguib Mahfouz, écrivain égyptien, 94 ans.
16 septembre, Fouad El-Mohandes, comédien égyptien.
24 décembre, James Brown, chanteur américain, 73 ans.


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