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L'artiste marocain reste souvent à l'écart
Bilan positif sauf que
On ne peut évoquer la scène artistique et culturelle en 2006 sans relater les manifestations ou a priori quelques temps forts qui ont marqué cette année. Certes, l'année 2006 fut des plus fructueuses en activités artistiques, à savoir festivals, soirées, concerts, pièces théâtrales, production cinématographique, expositions d'arts plastiques
qui ont été au rendez-vous des publics des villes marocaines. Ainsi, certains artistes marocains ont eu leur part d'hommages dans de grands festivals de cinéma comme celui de Marrakech qui a rendu hommage à l'acteur Mohamed Majd, ensuite le Festival de Salé à la réalisatrice Farida Benlyazid et celui d'Agadir à Mohamed Miftah. Une bonne initiative que celle de consacrer des artistes ayant tant donné à travers leur talent et leur persévérance, malgré les obstacles rencontrés durant leur longue carrière. Nous avons, également assisté à la consécration du virtuose Saîd Chraîbi par le Prix «Al Farabi», décerné à tous ceux qui font revivre la musique de nos ancêtres. Dans le domaine musical, certains festivals viennent d'être créés et d'autres continuent leur chemin avec plus de professionnalisme et de savoir-faire, comme le «Festival des musiques sacrées de Fès» qui, d'année en année, fait la preuve du grand dévouement pour tout ce qui est spirituel et mystique en relation avec la ville d'accueil de ce grand événement. Cette année, il a accueilli sur les scènes d'animation extérieure notre grand chanteur Abdelhadi Belkhayat et une pléiade d'artistes venus d'ailleurs. A citer, également, le «Festival national des arts populaires de Marrakech», le parrain des manifestations artistiques au Maroc, puisqu'il a déjà 41 ans d'expérience à son actif dans le domaine de notre patrimoine folklorique, riche héritage des musiques, danses et chants traditionnels. Quoi de plus féerique que de voir évoluer toutes ces troupes folkloriques sur la scène magique de la Ménara ? Mais depuis quelques années, ce festival ne veut plus rester local et a étendu sa programmation sur l'international, en conviant des troupes traditionnelles des quatre coins de la planète, tout en faisant participer à cette grande fête des groupes marocains dont le répertoire puise dans le patrimoine national. Cette année, le public marrakchi a pu savourer le nouveau produit raï du «Groupe Hassan Mégri». Le festival d'Assilah, aussi, n'est plus à présenter, tant son succès a dépassé les frontières. D'autres festivals aussi importants ont fait la une de nos médias, cette année, comme celui de Casablanca, qui a remporté un franc succès auprès du public en conviant des stars de la chanson internationale, puis le Festival d'Agadir, spécialisé dans la chanson amazighe, dont l'impact commence à se faire sentir malgré son jeune âge. Le «Festival Mawazine», malgré les problèmes internes qu'il a connu cette année après sa fusion avec le «Festival de Rabat» a pu animer la ville de Rabat et la faire revivre pendant les 5 jours de son déroulement. Mais, la question qu'on doit se poser maintenant est celle qui concerne l'artiste marocain. Quelle est sa position au sein de ces manifestations ? Est-ce qu'il en bénéficie lui aussi à part égale avece l'artiste étranger ? La réponse est malheureusement négative. Ce qui ne l'aide pas à s'épanouir davantage et à avancer dans sa créativité. En effet, la majorité de ces festivals préfèrent amener des artistes arabes ou étrangers comme locomotive de leurs manifestations et ne programment l'artiste marocain, s'ils font appel à lui, qu'en second plan. Ce qui n'est pas normal et ne se pratique dans aucun des pays qui respectent leurs créateurs et les mettent en valeur, sachant qu'un festival doit d'abord servir les artistes de son propre pays. Toutes ces pratiques accumulées, durant de longues années, ont contribué à freiner l'élan de l'artiste marocain, touchant à sa créativité et à sa production, ce qui a poussé notre jeune public à ne pas faire confiance à ses artistes et à leur préférer ceux venus d'autres cieux. Mais, n'empêche que nous avons dans notre planning annuel des festivals qui ont laissé leur emprunte, sauf qu'ils doivent revoir leurs critères de programmation pour contribuer à la valorisation de leur produit national en premier lieu. REPÈRES Manifestations à thème «Festival Jazz au Chellah» «Tanjazz» «Jazz in Riads» de Fès, Festival de La musique andalouse à Tétouan Andalousiates de Casablanca Festival du madih et du samaâ à Fès Festival des Gnaoua et musiques du monde d'Essaouira Les Alizés d'Essaouira Timitar d'Agadir Mawazine rythmes du monde de Rabat
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