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Rajaa Kantaoui Le matin : 22 - 05 - 2007

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Au Maroc, plusieurs cas sont déclarés annuellement (une prévalence de 7,1% en 2005). Cependant, les infections nosocomiales sont souvent contractées dans un établissement de soins (hôpital ou clinique) alors qu'elles étaient absentes au moment de l'admission du patient. Origines, conséquences, évolution, prévention… L'essentiel sur ce problème de santé publique.
Reconnu comme l'un des problèmes majeurs de la santé, les infections nosocomiales se définissent en général comme des altérations contractées dans un établissement de soins, qui n'étaient ni en incubation ni présentes à l'admission du malade.
Ces infections peuvent être contractées pendant une intervention chirurgicale, une ponction, une mise en place d'un cathéter veineux... ou pendant l'hospitalisation de malades dont les défenses immunitaires sont très affaiblies (sida, maladies cancéreuses prolongées...).
Toutefois, ses origines demeurent multiples, Said Motaouakkil, professeur au CHU Ibn Rochd de Casablanca explique «il existe un risque exogène quant les microbes sont véhiculés soit par les mains du personnel soignant, soit par l'air contaminé dans les chambres ou encore par le matériel. On parle du risque endogène lorsque le malade est infecté par ses propres germes».
En effet, les infections nosocomiales sont soit endogènes, soit exogènes. Les premières surviennent lorsque le malade se contamine par ses propres germes, c'est là qu'intervient la situation médicale du patient, c'est-à-dire son âge, sa pathologie, ses traitements, la qualité des soins et la présence de germes pathogènes pour certains patients fragilisés.
Quand aux secondes, elles se manifestent lorsque des infections croisées se transmettent d'un malade à l'autre, ou lors de la provocation des infections par les germes du personnel porteur ou par le lien des infections à la contamination de l'environnement hospitalier.
Généralement, toutes ces transmissions sont causées par le manque de pratique d'hygiène. Néanmoins, il existe d'autres facteurs favorisants.
En effet, la survenue d'une infection nosocomiale est favorisée par la situation médicale du patient qui dépend de son âge et de sa pathologie (sont particulièrement réceptifs : les personnes âgées, les immunodéprimés, les nouveau-nés, en particulier les prématurés, les polytraumatisés et les grands brûlés).
Ces contaminations dépendent aussi de certains traitements (antibiotiques qui déséquilibrent la flore des patients et sélectionnent les bactéries résistantes ; traitements immunosuppresseurs), ainsi que de la réalisation d'actes invasifs nécessaires au traitement du patient (sondage urinaire, pose d'un cathéter, ventilation artificielle et intervention chirurgicale).
Par ailleurs, la prévention des infections nosocomiales est complexe, car la plupart d'entre elles relève de plusieurs facteurs. En effet, même s'il n'est pas possible de maîtriser tous les préposés liés à la situation médicale des patients, la qualité des soins et la sécurité de l'environnement hospitalier doivent faire l'objet d'une vigilance renforcée et d'actions de prévention.
Certaines mesures simples ont montré leur efficacité comme le lavage des mains avant tout soin ou le port de gants pour réaliser un geste invasif.
A défaut de les prendre à la légère, certaines infections nosocomiales peuvent entraîner la mort (infections pulmonaires, septicémies marquant la présence de bactéries dans le sang, provoquant une infection étendue et une détérioration de l'état général de l'organisme...).
Les infections les plus graves surviennent généralement chez les patients les plus fragilisés, ce qui rend difficile la distinction entre la responsabilité de l'infection nosocomiale elle-même et celle de la maladie préexistante.
Prenant par exemple un malade souffrant d'une insuffisance respiratoire du fait d'un cancer du poumon évolué, ce dernier sera très sensible à une infection nosocomiale, comme il serait très sensible à une simple grippe.
Par ailleurs, la plupart des infections allongent la durée de séjour et entraînent un surcoût lié au traitement antibiotique.
La réglementation française s'est développée afin de réduire le nombre de victimes des infections nosocomiales dans les établissements sanitaires. Ainsi, le processus de stérilisation doit obligatoirement être supervisé et fait l'objet de déclaration permanente auprès des préfectures. En cas de manquement à des procédures, l'établissement sanitaire dispose de trois semaines pour parfaire son système de stérilisation.
Au Maroc, la seule réglementation sanitaire en vigueur est celle relative à la collecte des déchets médicaux. Les procédures de stérilisation ne se plient à aucune norme et sont pratiquées dans une anarchie totale.
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Un Comité de lutte
Au Maroc, plusieurs établissements hospitaliers (Rabat, Kenitra, Meknès, Fès, Oujda) disposent d'un Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN), lequel est chargé d'organiser et de coordonner la surveillance, la prévention et la formation continue en matière de lutte contre ces infections.
Ce Comité est composé de médecins, de pharmaciens, d'infirmières ...La stérilisation des dispositifs médicaux, les bonnes pratiques de désinfection, la prévention de la transmission d'agents infectieux véhiculés par le sang au cours des soins et l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé sont les recommandations retenues au niveau mondial.
La prévention consiste en la mise à la disposition des établissements de santé de solutions antiseptiques et de désinfectants conformes aux normes biocides et adaptés aux conditions d'usage.
Assurer une meilleure surveillance des étapes de stérilisation (nettoyage, désinfection et conditionnement du matériel à stériliser) est aussi très important.


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