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Une maladie mal connue
Kenza Alaoui Le matin : 24 - 05 - 2007

Résultats d'un sondage d'opinion effectué par l'AMLCPR
Les Marocains ne connaissent pas la polyarthrite rhumatoïde. C'est ce qui ressort en gros d'un sondage d'opinion effectué par l'Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde (AMLCPR). Cette pathologie, qui fait pourtant des ravages auprès de la population, reste mystérieuse aux yeux du grand public.
Les résultats de l'étude ont montré que 23% des Marocains pensent la connaître mais, qu'en réalité, ils étaient loin d'appréhender ses symptômes, ses moyens de diagnostic et de traitement. Ce n'est qu'après d'amples explications que 8% parviennent à en comprendre le fonctionnement. Toutefois, si nos compatriotes ne cernent pas suffisamment les contours de cette affection, ils sont 75% à s'accorder qu'elle pèse lourd sur leurs budgets et ceux de la collectivité. 67% pensent qu'elle altère la vie professionnelle et privée (62%) et qu'elle peut toucher tout le monde.
De ce fait, 96% de la population la perçoivent comme une maladie grave voire très grave (45%). Même si la PR reste floue dans les esprits des personnes sondées, elles l'imaginent plus grave que les autres formes connues de rhumatismes. 33% vont même jusqu'à penser qu'elle est à l'origine de handicap plus sérieux comme la paralysie.
Ce qui dénote leur manque d'information flagrant concernant cette maladie.
L'enquête a également révélé que la grande majorité des personnes interrogées la confondent avec d'autres maladies et se méprennent sur les moyens de la contracter, de la prévenir et de l'éviter.
La PR, qui touche 150.000 personnes au Maroc, dont 75% sont des femmes, est souvent prise pour un rhumatisme aigu. Plus du quart des sondés ne retiennent, partant, que les symptômes relatifs aux problèmes d'articulations qu'ils lient directement à l'âge.
En effet, 2/3 des Marocains pensent que cette maladie est causée par la vieillesse alors que 24% croient qu'elle arrive de manière fortuite. 20% la croient génétique et héréditaire.
Les dommages sur la santé et les handicaps qu'elle engendre sont considérés comme temporaires par les sondés. 2/3 de la population ne pense pas qu'elle empêche de travailler totalement et 1 personne sur 2 seulement, estime qu'elle empêche de travailler à plein temps. «Pour les Marocains, cette maladie n'est invalidante socialement, que partiellement. Certes, elle empêche de faire du sport, (66%), d'avoir des loisirs, (65%), ou de se déplacer (57%) mais, en tout état de cause, elle n'est pas du tout perçue comme gênante pour avoir une vie de famille et ceci pour les trois quarts de la population.
Elle n'empêche pas de voir sa famille, les amis, de se marier, d'avoir des enfants et de s'en occuper, bref de vivre», affirme l'enquête.
Pour toutes ces raisons, la PR est aux yeux de la moitié des Marocains une maladie qui n'a rien d'un problème de santé publique et qu'elle ne mérite donc pas beaucoup d'attention de sa part.
Encore une fois, le volet prévention échappe à la connaissance des Marocains.
Pour les 2/3, la PR, à l'instar de beaucoup d'autres maladies, est évitable grâce à la pratique de sport, alors que 58% estiment que le meilleur moyen de prévention est d'éviter de prendre du poids.
Une bonne hygiène de vie revient dans les réponses de 43% des personnes touchées par l'enquête.
Quant aux traitements envisagés par la population pour la prise en charge thérapeutique de cette maladie, 48% pensent à la médecine douce et 32% évoquent les bains de sable chaud.
Mais là où le manque de Marocains est manifeste c'est en ce qui concerne les médicaments qui la traitent. 40% donnent la part belle aux anti-inflammatoires tandis que pour 35%, cette médication est essentiellement basée sur la kinésithérapie et les anti-
douleurs pour 21%.
Ces traitements sont qualifiés d'efficaces par 76%.
Le sondage d'opinion de l'Association marocaine de lutte contre la polyarthrite n'a pas omis de demander aux sondés leur avis sur les actions à mener d'un point de vu curatif et en matière d'information. Résultat, 80% pensent au diagnostic précoce et 58% au traitement avancé.
La nécessité de mener des actions d'information est revenue dans les réponses de 43% d'entre eux. 35% estiment même que cette pathologie mérite qu'une journée annuelle lui soit dédiée.
Les plus branchés, qui constituent 29% de la population interrogée, suggèrent la création d'un site web.
Les professionnels de la santé savent désormais à quoi s'en tenir avec cette pathologie. Un sérieux travail de communication et d'information les attend.
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Qu'est-ce que la PR ?
Véritable problème de santé publique, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie rhumatismale qui s'attaque aux articulations.
Elle est occasionnée par un dérèglement du système immunitaire et survient quand le liquide synovial, qui agit comme un lubrifiant, sur les articulations, est déficient. C'est alors que les mouvements deviennent source de frottements et que les cartilages articulaires s'usent et finissent par se détruire complètement.
«L'inflammation provoque aussi la dégradation de l'os, des tendons et des ligaments», nous apprennent les spécialistes.
Non soignée, la PR risque d'évoluer d'une simple douleur légère diffuse s'accompagnant de gonflement, vers des douleurs intenses et handicapantes.
Toutefois, cette maladie inflammatoire chronique n'est pas une fatalité.
S'il n'existe pas de remède miracle à cette pathologie, il est des traitements qui permettent de la contrôler, d'en soulager la douleur, d'en stopper l'évolution et d'améliorer la qualité de vie des patients.


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