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« Les politiques néo-libérales accentuent la précarité de la femme en Afrique»
Présidente de l'Association des femmes africaines pour la recherche et le développement
Les politiques néo-libérales dans un monde en pleine mutation contribuent à exacerber les conditions économiques et sociales précaires de la femme en Afrique, a estimé, vendredi à Rabat, la présidente de l'Association des femmes africaines pour la recherche et le développement (AFARD), Malika Benradi. Intervenant à l'ouverture du premier colloque international sur « Genre et politique néo-libérale», organisé par l'AFARD et l'«Association of African women for research and development » (AAWORD), Mme Benradi a tiré la sonnette d'alarme des conséquences néfastes de la mondialisation et des politiques économiques néo-libérales sur la population du continent africain, en particulier les femmes, faisant remarquer que la pauvreté a atteint un niveau sans précédent en Afrique, où 47 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. L'installation des firmes multinationales et le désengagement de l'Etat au profit de l'entreprise privée ont un impact négatif sur la société africaine, notamment sur les femmes, a-t-elle fait remarquer, soulignant que cette tendance contribue à nourrir le cycle de la pauvreté dans le continent africain, qui compte 32 parmi les 40 pays les moins avancés (PMA) de la planète. Rappelant que la femme est à l'origine de la production de 80 % des denrées alimentaires en Afrique et représente les trois-quarts de sa main-d'oeuvre, Mme Benradi a mis l'accent sur la nécessité d'approfondir la réflexion sur l'approche genre et réfléchir à de nouvelles perspectives en vue de promouvoir les conditions socio-économiques de la femme africaine. Pour sa part, la directrice du Bureau de l'Afrique du Nord de la Commission économique pour l'Afrique (Nations unies), Karima Bounemra Ben Soltane, a souligné que l'approche « genre et développement » figure parmi les sujets majeurs inscrits par la Commission au menu des grandes priorités de développement du continent africain depuis plusieurs décennies. La Commission économique pour l'Afrique (CEA) contribue à l'accélération d'un développement économique à visage plus humain, qui intègre de manière équitable les besoins et réalités des habitants de l'Afrique, a indiqué Mme Ben Soltane, soulignant qu'il est primordial que les fruits de la croissance profitent à tous et se traduisent concrètement par l'amélioration des indicateurs du développement humain. De son côté, Zineb Touimi-Benjelloun, conseillère Genre à l'UNIFEM pour l'Afrique du Nord, a fait remarquer qu'environ 330 millions de femmes qui travaillent à travers le monde perçoivent moins d'un dollar par jour et que les femmes représentent 60 % des actifs qui vivent encore dans la pauvreté. Et de rappeler que le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) a démontré, dans son dernier rapport réalisé en 2005 intitulé « Le progrès des femmes à travers le monde », que la réduction de la pauvreté et l'encouragement de l'égalité entre les sexes sont tributaires de l'amélioration de la sécurité économique des femmes à travers l'obtention d'un emploi convenable. Ainsi, pour être efficaces, les stratégies de réduction de la pauvreté et de promotion de l'égalité doivent être orientées vers l'emploi et centrées sur le travailleur selon l'approche genre, a estimé Mme Benjelloun. Pour sa part, l'universitaire Aïcha Belarbi, a plaidé pour une meilleure gestion de la mondialisation et des nouvelles mutations de l'économie mondiale, ainsi que pour le développement du mouvement associatif et d'une économie solidaire. Elle a ainsi appelé à dépasser le système patriarcal qui sévit en Afrique et tracer une nouvelle voie pour le développement en vue de donner un meilleur visage à la mondialisation. Organisée en partenariat avec le Réseau africain pour le développement et la communication des femmes (FEMNET) et l'association africaine « DAWN », cette rencontre est marquée par la présentation de communications portant notamment sur les thèmes de : «Le NEPAD et les femmes d'Afrique : renforcement ou perte de pouvoir ?», «Femmes d'Afrique en lutte pour un développement social et humain durable », «Genre, mondialisation et emploi » et « Pour une mondialisation au service des femmes».
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