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Après des années fastes, l'activité touristique tourne au ralenti en 2008. Certes, ce ralentissement a été prévu par certains observateurs et même par les responsables du département du tourisme, le présentant comme étant conjoncturel. Toutefois, cette analyse anticipative de la situation du secteur ne suffit pas pour calmer les esprits, notamment des hôteliers qui sont les premiers à endurer cette baisse du régime du marché. En fait, ce sont notamment les nuitées enregistrées dans les établissements d'hébergement touristique classés qui sont en déclin. Certes, le flux des arrivées aux frontières ne suit pas la même tendance, restant sur sa lancée et c'est vrai que d'autres modes d'hébergement se développent au Maroc. Toutefois, pour les hôteliers, cette analyse n'est pas satisfaisante. Premièrement, selon un hôtelier à Marrakech, l'activité touristique s'appuie en grande partie sur le secteur hôtelier. Les gros investissements aussi bien nationaux qu'étrangers destinés à ce secteur et qui contribuent grandement à l'amélioration de la capacité d'hébergement de la destination marocaine témoignent de cette relation intime entre les deux activités. Ce qui nécessite, insiste-t-il, de faire du remplissage de ces établissements une des grandes priorités des pouvoirs publics, notamment le département de tutelle et l'Office national marocain du tourisme (ONMT). Deuxièmement, les hôteliers considèrent qu'il faut prendre avec précaution l'indicateur des arrivées aux frontières. En fait, selon un autre hôtelier de la même ville, le problème est qu'on comptabilise même les Espagnols qui entrent par Sebta et Melilia pour une journée et qui retournent chez eux le même jour. Or, pour ce professionnel, un client est quelqu'un qui passe au moins une nuit dans un hôtel. Les statistiques enregistrées au niveau des postes frontières ne sont pas valables pour l'hôtellerie. D'ailleurs, pour faire une étude de faisabilité ou de rentabilité d'un projet, on ne peut compter sur ces statistiques, fait-il remarquer. L'activité touristique est donc bel et bien en repli. Reste à savoir pourquoi. Pour bon nombre d'observateurs, cette baisse s'explique par le ralentissement des économies européennes et des réductions des capacités aériennes à partir du Royaume-Uni. Ce qui rend nécessaire de diversifier la clientèle en ciblant de nouveaux marchés (L'Europe de l'Est, l'Amérique du Nord, la Russie, la Chine, le Japon
), en plus de l'intensification de l'effort sur les marchés traditionnels. Un autre professionnel pointe même du doigt le transport aérien, dont le développement n'est pas suffisant pour accompagner les efforts consentis aux autres niveaux pour mettre en uvre la politique du Royaume dans le domaine touristique, en l'occurrence la vision 2010. En tout cas, le recul de l'activité touristique, notamment hôtelière, est une constante en 2008 depuis le début de l'année. Ainsi, le volume des nuitées enregistrées dans les établissements d'hébergement touristique classés, à fin juillet, a accusé une baisse de 3%, selon les statistiques du département de tutelle et l'Observatoire du Tourisme. Cette contre-performance est plus nette si l'on exclut les résidents, dont les nuitées réalisées ont progressé de 10%, puisque les nuitées des non résidents ont régressé de 6%. Ce ralentissement de l'activité a touché notamment les deux locomotives du secteur, en l'occurrence Marrakech et Agadir qui ont affiché chacune une baisse de 7%, soit la même contre-performance enregistrée par la ville de Ouarzazate. Pendant ce temps, les autres principales destinations se sont bien comportées, avec une évolution positive de 12% des nuitées enregistrées par les établissements d'hébergement touristique classés à Casablanca, de 3% pour la ville du Détroit, 6% pour Fès et 5% pour Rabat. Toutes ces performances réunies n'ont, toutefois, pas pu contrebalancer la baisse du régime à Marrakech et Agadir. Les statistiques du département du tourisme font également ressortir le recul des principaux marchés émetteurs du Royaume. Ainsi, la baisse enregistrée des nuitées des non résidents à fin juillet (-6%), est à attribuer notamment aux résultats négatifs affichés par le marché français (-9%), le marché britannique (-21%) et le marché allemand (-11%).La baisse a concerné également le taux d'occupation moyen des chambres sur la période janvier-juillet. Celui-ci s'est décru de 4 points. Au cours de cette période, Marrakech et Rabat affichent les taux d'occupation les plus élevés (58% chacune), suivies d'Agadir (56%) et de Tanger (54%). Pour les arrivées aux postes frontières, elles ont enregistré une progression notable de +9% (+13% pour les MRE et +6% pour les touristes étrangers). ------------------------------------------------------------------- Autres indicateurs En ce qui concerne le transport aérien, le nombre de passagers internationaux ayant transité par les aéroports internationaux du Royaume au cours des sept premiers mois de l'année en cours a atteint 6.2 millions personnes, contre 5.6 millions à la même période de l'année dernière soit une croissance de +11%. Hormis l'aéroport d'Agadir Al Massira qui affiche une baisse de son trafic (-6% des passagers internationaux), les autres principales destinations touristiques enregistrent de bonnes, voire très bonnes performances : +3% pour Marrakech Ménara, +14% pour Mohammed V, +51% pour Fès- Saiss et +50% pour l'aéroport de Tanger. Il est à noter que le nombre de passagers ayant transité par l'aéroport d'Agadir à fin juillet a atteint 847.335 personnes, contre 877.280 durant la même période en 2007. Quant à l'activité du fret sur le même aéroport, elle a enregistré une amélioration de 3,85% durant les sept premiers mois de l'année en cours par rapport à la même période de l'année 2007. S'agissant des recettes en devises générées au niveau national par le tourisme récepteur à fin juillet 2008, elles ont progressé de +2% par rapport à la même période de 2007. Par ailleurs, au terme des sept premiers mois de 2008, le volume de ces recettes a atteint 31,74 milliards de dirhams, soit une progression de +2% par rapport à la période comparative de l'année précédente. Au cours du mois de juillet 2008, le tourisme au Maroc a généré plus de 8 milliards de dirhams, soit une augmentation de +4 % par rapport au même mois de l'année précédente.
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