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Cheb Bilal : «Mon message c'est vraiment qu'il faut vivre»
A l'occasion de son concert au Festival international du Raï à Oujda, le raïman algérien Cheb Bilal a été acclamé par le public. Grande figure du Raï, ses chansons reflètent les réalités sociales et la situation difficile des jeunes. Entretien avec cet artiste pour qui le quotidien est une source d'inspiration permanente. Qu'est ce que cela représente pour vous d'être au Festival international du Raï à Oujda ? Je suis vraiment content. A chaque appel du Festival du Raï, je suis fier de participer. A chaque fois que je viens ici, le concert se passe bien. A Oujda, on voit une amélioration du Festival depuis 4 ans et à chaque fois il y a du nouveau. Quel regard portez-vous sur l'évolution du Raï ? Je ne suis pas d'accord avec les gens qui disent que le Raï est devenu international. Il n'est pas vraiment devenu international. Peut-être on a entendu des tubes comme «Aïcha» ou «Sidi sidi» un peu partout mais après ces quelques chansons, on n'a pas entendu de Raï partout dans le monde. Dans le jazz, le rap ou le blues, il y a beaucoup de chanteurs. Mais dans le Raï, il y a deux ou trois chanteurs connus, mais uniquement dans la communauté maghrébine. Dans 10 ou 15 ans, peut-être, le Raï deviendra international. Mais pour l'instant, la réalité est que le Raï reste un genre musical assez peu connu à l'international. Si tu vas au Japon ou au Canada et que tu parles de «Cheb Bilal» à quelqu'un, peu de gens le connaissent. Quelles sont vos sources d'inspiration ? Des fois j'ai des sujets qui paraissent incroyables à certaines personnes. Mais en fait, j'écris souvent des choses simples. Cela parait original à certains car avant, les artistes ne parlaient pas de cette manière de la réalité, du quotidien. Je dis les choses telles qu'elles sont. Les gens s'étonnent quand on dit les choses qui se passent, tout simplement. J'écris sur ce que je vois et sur ce que je vis. Je m'inspire en voyageant, en sortant et en rencontrant beaucoup de gens. Que souhaitez-vous communiquer à votre public ? Soyez honnêtes et travaillez. Occupez vous de vous, ne vous mêlez pas des affaires des autres. Le bon Dieu nous a créés pour vivre et pas pour critiquer. On n'est pas obligé de toujours être en train de commenter les autres, par jalousie. Mon message, c'est vraiment qu'il faut vivre. Vivez ! Mal ou bien, mais vivez ! Lorsque je descends à Nîmes en venant de Paris, je vois des gens qui dorment à la gare, sur le carreau, sans argent, avec juste un petit papier demandant 1 euro. C'est vraiment la galère. C'est certainement pas l'homme qui a tout et qui est capable de se plaindre de l'éclat qu'il a sur le pare-brise de son 4X4 Cayenne. Après votre passage à Oujda, quels sont vos projets ? Des concerts ! Je vais à Paris, à Alger, à Sétif, à Casablanca, Tanger et après je rentre à Nîmes.
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