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Santé : Les médecins en «exil» saisissent le Roi
Mohamed Jaabouk Le Soir Echos : 27 - 07 - 2010

L'exil de ces médecins ne remonte pas aux années de plomb. Il date de la nomination de Yasmina Baddou au ministère de la Santé. Son arrivée au ministère coïncide avec la désignation de Abbas El Fassi à la primature en octobre 2007.
«Les responsables du ministère de la Santé témoignent d'une incompétence flagrante dans la gestion d'un système fragile.
… Leurs erreurs, qui sont mises à jour régulièrement, risquent de coûter cher à nos concitoyens». Le Dr Harrami assure dans sa lettre au roi Mohammed VI que «le ministre de la Santé et ses adjoints ont une haine profonde envers les médecins et utilisent des arguments qui remontent la population contre nous. Cette équipe se cache derrière la légitimité électorale pour continuer à mal traiter les médecins et la population en toute impunité». Le Dr Harrami assure, dans sa lettre, que les médecins, qui étaient contraints à l'exil, ont passé «toutes les épreuves pour nous mettre à niveau et nous avons eu la reconnaissance du gouvernement français, ce qui nous permet d'exercer pleinement dans les hôpitaux publics et cliniques en France».
Ce que demandent les membres de l'association de médecins marocains en exil, c'est un retour au Maroc. «Nous avons acquis une expérience riche et qui peut être très utile pour notre pays. Nous sommes disposés, tous et sans exception, à rentrer servir notre Roi et nos concitoyens».
Selon les dernières estimations, 5000 médecins marocains exercent à l'étranger.
L'Association de médecins marocains en exil a été créée à Paris, «Elle regroupe des médecins qui ont quitté le Maroc parce qu'ils ne sont pas d'accord avec la gestion de notre système de santé : une ministre avocate, un secrétaire général ingénieur qui vient de l'ONEP, un directeur des ressources humaines ingénieur météo, des conseillers qui n'ont jamais mis les pieds dans un hôpital ou dans une administration… L'appartenance au parti de l'Istiqlal est le seul critère pour faire partie d'une équipe sensée gérer la santé de trente millions d'âmes», explique le Dr Harrami, dans une note d'information adressée à notre rédaction.
Le choix de l'exil est tout, sauf une sinécure. Ce groupe a été contraint de passer toutes les épreuves pour obtenir l'équivalence de leur diplômes marocains. «Nous avons réussi à intégrer le système de santé français qui est le plus exigeant au monde.
Nous sommes disposés à mettre notre expérience au profit de notre pays», lance le Dr. Harrami.
«La légitimité électorale ne justifie pas de laisser ces gens brader la santé des Marocains. Il faut que les choses changent et l'espoir dans notre Roi est grand», conclut-il.
Santé
La lettre de l'Association de médecins marocains en exil adressée au roi Mohammed VI, s'ajoute aux nombreuses critiques émises par des députés et conseillers sur la gestion du ministère de la Santé. Une mauvaise gestion qui est, sans cesse, rappelée à la ministre lors des sessions hebdomadaires des questions orales dans les deux Chambres du parlement marocain. Résultat, une série d' empoignades entre la ministre et les élus, qui plus est sont, en direct, transmises sur Al Oula d'une part, et sur les colonnes des journaux et des vidéos sur Youtube. Outre le cas des médecins marocains contrains à l'exil, le département de la Santé fait face à l'affaire des femmes médecins. Le dossier est entre les mains de la justice. Des verdicts ont été prononcés en faveur du collectif des femmes médecins, mais Yasmina Baddou s'obstine à ne pas les appliquer.


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