Taarabt is fantastic, l'eusses-tu cru ?    Botola Pro : Programme de la 16e journée    Ait Fana à la recherche d'une première réalisation    Youssef Lamrini : «La disqualification de notre équipe nationale était dure à avaler»    Demi-finales : Le Ghana et la Côte d'Ivoire en favoris    CFG Group : 1 milliard de dirhams pour les introductions boursières    Berkane : Des indicateurs au vert pour les agrumes    Destinations touristiques en souffrance    Abdellatif Berroho Membre du conseil national du PJD : «Notre démission n'a rien à voir avec les prochaines élections»    Le Maroc, première étape du périple maghrébin du Président tunisien    SAR la Princesse Lalla Hasna souligne l'importance de la bonne gouvernance des ressources hydriques pour le bien-être et la paix en Méditerranée    Algérie : 71,5 milliards de dollars (+ 27%) des exportations d'hydrocarbures en 2011    Le président portugais reçoit M. Saâd Dine El Otmani    A dire vrai...Maman… pourquoi est-ce qu'on écrit ?    Palmarès du Prix du Maroc du livre 2011    Construire le Maghreb démocratique    Mohamed Belouchi : «Un pic de froid est à prévoir aujourd'hui et demain»    Suicide des jeunes au Maroc : Livrés à eux-mêmes, ils passent à l'acte    Les retombées de la vague de froid risquent d'être lourdes    Editorial    Bouchaib Rmail est nommé directeur général de la sûreté nationale    Une occasion pour insuffler une nouvelle dynamique aux relations bilatérales    Affaire cliniques privées : Le «Ouf» de Yasmina Baddou    Mohamed Bennis à Bruxelles pour une soirée d'amour    Les dirigeants du Kawkab mettent les points sur les «i» : Objectif: retour à la cour des grands    Quatorzième journée du championnat de basketball : Le WAC s'offre l'ASS    Les 23 et 24 février à Casablanca : Sommet marocain des investisseurs    Avec la vague de froid, les solutions de fortune montrent le bout du nez : A quand une Agence de développement des zones montagneuses ?    Les élèves de certaines prépas toujours interdits des grandes écoles : Le ras-le-bol des surdoués    "Ammi Driss", icône d'un bon vieux temps : La mémoire collective d'une enfance simple et heureuse    L'AFD veut accorder davantage de prêts «non souverains» au Maroc : Une année pour réussir la transition    Cartes d'abonnement ONCF : Pannes à répétition    Le froid rend-il intelligent?    Point de vue : La Chine vole au secours de l'Europe    Une loi organique pour les nominations aux hautes fonctions : Un test pour Benkirane et l'exercice de ses pouvoirs    Moncef Marzouki entame son périple maghrébin par le Maroc : Le Président tunisien prend son bâton de pèlerin    Après la débâcle de la CAN : Gerets se rend à l'évidence    Festival cinéma et migrations : Hassan Hosni et Younès Megri à l'honneur à Agadir    Tout savoir sur Shakira    La star du raï au Festival Mawazine : Le come-back de Khaled    La polution…Une amertume    Le roi Mohammed VI et Carlos Ghosn inaugureront Renault Tanger ce jeudi    Rouicha est mort. Vive Rouicha !    Silence | Le Soir-echos    Consécration Sara Mouatamid Miss Maroc 2012 | Le Soir-echos    Point de vue : La dérive    Wade lance sa campagne dans son fief | Le Soir-echos    « 3,6 millions de personnes sont mal logées en France » | Le Soir-echos    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Lire aussi
Fable carcérale : témoigner autrement : I- Une anamnèse régénératrice et cathartique
«La tombe de l'empereur Dragon» ressuscite la Momie
Action, effets spéciaux et exotisme sont au menu de cette aventure épique
“L'inavouable” de Mohamed Loakira : La prose poétique pour dire une déchéance de l'être
"L'inavouable" de Mohamed Loakira: la prose poétique pour dire une déchéance de l'être !
La vie comme sur un ring

Vos amis recommandent

Mohamed Loakira et les tentatives d'avouer l'inavouable
Abdellah Baida Le Soir Echos : 03 - 09 - 2010

Si les deux premiers volets de cette œuvre narrative étaient surtout teintés d'un caractère autobiographique ; Loakira saisissant des «instantanés» d'un passé révolu, le troisième volet prend une autre orientation. Il est une exploration en profondeur de l'âme humaine et une aventure langagière car, lit-on dans le récit, la langue «est dépourvue d'os». Alors toutes les acrobaties sont possibles.
Déjà en 1986, Mohamed Loakira inaugurait son recueil intitulé «Semblable à la soif» (Ed. Al Assas) par ce vers qui occupait à lui seul toute une page blanche : «Qu'ont-ils les murs à taire la résonance du leurre». Un quart de siècle après cette interrogation-indignation la parole et ses résonnantes se libèrent dans «L'inavouable».
Marqué de noir et de deuil, le récit commence et s'achève par l'évocation de l'image de la mort. Il démarre par le retour inopiné de Mamoun. Les premières lignes nous invitent dans un avion qui tangue comparé à un gigantesque cercueil. Mauvais présage. En effet, le protagoniste sera comme un naufragé sur une île déserte au sein même de la ville où il avait vécu. Personne ne l'attendait à l'aéroport, ni chez lui d'ailleurs. A lui les déambulations solitaires dans les ruines d'un passé écoulé à jamais et au lecteur, guidé par le style de l'auteur qui reste fidèle à la poésie tout en s'inscrivant dans la prose narrative, la navigation dans l'âme et l'esprit erratiques de Mamoun. En couverture, un tableau de Nabili suggère la même signification : un portrait sur fond sablonneux où le corps, la tête essentiellement, s'effrite au gré du vent, un visage tuméfié couvert de taches rouge-sang, avec la persistance d'une main tentant d'entraver l'aveu… mais le récit parle : «Moi Mamoun, fils de la Place. / C'est là que j'ai assimilé les artifices, les roueries narratives en fréquentant assidûment les cercles de l'Esplanade des Saints, là que j'ai tramé, réinventé mystères, oublis, fantasmes, là que j'ai rêvé d'être le meilleur conteur de tous les temps. J'ai comploté, joué le pitre, l'acrobate et narré des mensonges avérés illusoires». (p.65). La figure de Mamoun et celle de Mohamed Loakira fusionnent et se distancient en même temps, c'est la preuve de la maîtrise de l'art du conte. Le récit n'est pas linéaire, il n'est pas réaliste, il est suggestif. L'intrigue est à la fois liée à l'intime mais aussi au sociétal et au politique. Dans un tel enchevêtrement de plusieurs dimensions, la lecture sera plurielle ou ne sera pas. Tant mieux !
Sur le plan individuel, il s'agit du drame de Mamoun qui ne retrouve plus ses «diablotins», c'est ainsi qu'il nommait affectueusement ses enfants que sa femme a emportés en partant sans laisser d'adresse. Le cas n'est pas isolé, il devient social si on écoutait les compagnons de la beuverie qui rapportent plusieurs autres histoires du même genre qui finissent par la perdition du protagoniste ; encore un mauvais présage pour Mamoun. L'ombre des années de plomb plane sur le récit du début jusqu'à la fin. Les arrestations abusives deviennent une obsession, un cauchemar qui envahit le texte par effraction et sans crier gare : «On frappe à la porte sourdement. Ensuite violemment. Sont-ils là ? Ils insistent. Que faire ? Ouvrir, mains tendues pour enfiler les bracelets, sensibiliser les couilles, le trou du cul. Se terrer, faire le mort ? Ils sont capables de l'extraire du tréfonds de lui-même» (p.74). La violence domine le texte ; la syntaxe, les mots et les sonorités miment à merveille ces fureurs.
La menace est permanente telle l'épée de Damoclès : le retour au cachot ! Du moins c'est une obsession bien mise en valeur par le récit.
Les bistrots et les beuveries deviennent le refuge pour noyer le chagrin en fredonnant le fameux vers d'Abu Nawas : «Guéris-moi par la même qui fut à l'origine de mon mal» (p.103). Alors,
«les verres tournent, les bulles pétillent, les vertiges grimpent tel un lierre» (p. 104). La cadence se fait rapide comme dans une tragédie et l'horizon se révèle menaçant… la mort est au bout.
Dans une telle atmosphère, les petites choses du quotidien et les insignifiants objets de la vie prennent une autre dimension, acquièrent de l'ampleur : «Ici, la vraie vie se dégage des voix, des mouvements, des pauses […]. [Mamoun] prend contact avec le superflu, l'inopiné, le réel, les promesses. Mieux, y trouve une raison de s'accrocher à la vie, laquelle lance ses tentacules, sangle, vêt, dépouille. Elle l'entoure, le distrait, l'angoisse, et, d'un désir flagrant, l'invite à l'imprudence, à l'évasion, à l'acceptation des joies, des douleurs telles qu'elles se présentent» (p. 84). Ces actions, attribuées ici à la vie, retracent aussi l'effet que peut avoir ce récit sur le lecteur ; le récit c'est aussi une certaine vie.
Il faut dire cependant que tout en écrivant un récit, Mohamed Loakira garde sa liberté de poète qu'il a conquise du haut de sa dizaine de recueils de poèmes publiés. Il taquine la syntaxe et tire la langue à la grammaire d'où un souffle de révolte et d'insoumission qui émane du texte pour le plaisir du lecteur.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.



Signaler une annonce inappropriée
Vous pouvez nous aider à bloquer une annone inappropriée en nous indiquant le site correspondant :





Merci d'avoir signalé!
Nous allons vérifier l'annonce pour la bloquer.