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Baddou-Dahak : la vérité si je mens
Publié dans Le Soir Echos le 18 - 07 - 2011

La ministre de la Santé, Yasmina Baddou et le secrétaire général du gouvernement, Driss Dahak, se renvoient
la responsabilité de la fermeture de cliniques privées. Les péripéties de cette affaire montrent que l'incohérence sévit entre les membres du gouvernement.
La ministère de la Santé, Yasmina Baddou et Driss Dahak, secrétaire général du gouvernement (SGG) se renvoient désormais la responsabilité sur l'affaire de la fermeture de certaines cliniques privées, une preuve qu'il existe bel et bien une incohérence de groupe au sein du gouvernement. Tout a commencé quand Yasmina Baddou annonce, le 8 juillet dans la presse, la fermeture de treize cliniques privées non conformes aux conditions minimales légalement exigées pour exercer et la mise en demeure de six autres. Pour cela, elle déclare qu'un courrier a été adressé à Driss Dahak où elle lui demande d'inviter «les directeurs des cliniques concernées à suspendre immédiatement toutes les activités opératoires et d'hospitalisation, en attendant la mise à niveau de leurs établissements et la satisfaction des observations émises par les commissions d'inspection».
La riposte de Driss Dahak ne se fait pas attendre. Jeudi 14 juillet, par voie de communiqué, ce dernier dément les allégations de la ministre de la Santé et affirme ne pas avoir reçu de décision concernant la fermeture des treize cliniques : « A la suite de la publication par certains journaux nationaux d'une information concernant la fermeture de 13 cliniques dans différentes villes, et l'envoi des décisions de leur fermeture, de la part du ministère de la Santé, à Monsieur le secrétaire général du gouvernement, qui prend du retard dans leur exécution, la direction compétente au secrétariat général du gouvernement tient à préciser à l'opinion publique qu'elle n'a reçu aucune décision de fermeture, à l'exception des rapports d'inspection établis par le ministère de la Santé », précise d'emblée le SGG dans son communiqué avant d'ajouter que parmi ces rapports, figurent 19 reçus le 12 juillet par deux lettres datées du 11 juillet. Ce qui veut dire, bien après la déclaration de Yasmina Baddou.
Cette dernière renvoie la balle à Driss Dahak. Vendredi 15 juillet, jour de la réunion qui devait regrouper les deux autorités gouvernementales concernées et l'Ordre national des médecins pour en discuter, elle diffuse un communiqué dans lequel elle assure avoir demandé au secrétariat général du gouvernement, le 21 juin dernier, la fermeture immédiate de sept cliniques et la suspension des activités opératoires et d'hospitalisation dans sept autres, « afin de préserver la santé publique eu égard à l'état de ces cliniques et le danger qu'elles représentent pour les patients et pour leur personnel », martèle-t-elle.
Dans le même communiqué, la ministre précise que «cette demande, établie sur la base des rapports de ses équipes d'inspection, concerne nombre de cliniques ne répondant pas aux conditions légales minimales d'exercice de la médecine et d'accueil des patients, ainsi que les cliniques dont le délai légal qui leur a été accordé et prolongé, à leur demande, pour remédier aux dysfonctionnements constatés, a expiré alors qu'elles ont persisté à ignorer la réglementation en vigueur. Les rapports établis par ces équipes ont conclu à la classification des cliniques en trois groupes».
En termes de chiffres, les équipes d'inspection ont visité à ce jour, selon un programme annuel arrêté à titre préalable, 140 cliniques sur un total de 360, réparties sur l'ensemble du territoire national. Yasmina Baddou se défend. Elle affirme que les deux lettres adressées au secrétariat générale du gouvernement durant le mois de juillet ont concerné 19 cliniques classées au premier groupe, ceux qui se conforment entièrement aux conditions minimales légalement exigées pour les cliniques privées, à l'exception de quelques observations « sans grande importance ». Dans ces lettres, elle demande aux services du secrétariat de veiller à l'application de la procédure ordinaire qui consiste, dans un premier temps, à adresser un avertissement. Alors qui croire ?


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