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Entretien avec le réalisateur Rachid Hamman : «Le cinéma est un excellent vecteur contre la corruption»
PARA ALAIN BOUITHY Libération : 09 - 09 - 2010

La corruption
est au centre
du nouveau
téléfilm
du réalisateur et producteur Rachid Hamman, «Hadi ou Touba» (1h30). Une thématique traitée sous un angle
comique avec
en toile de fond, deux ingrédients que d'aucuns
voudraient
indissociables : l'amour
et le mensonge. Entretien.
Libé : Peut-on avoir une idée sur les conditions de tournage de votre nouvel opus ?
Rachid Hamman : En tant que producteur de ce téléfilm, j'ai veillé à ce que tout se passe dans de bonnes conditions, que les comédiens se sentent heureux de travailler avec nous. Tout a donc été fait pour que le tournage se déroule dans des conditions meilleures. Et je constate que cet effort s'est largement reflété sur le film et les rapports que les comédiens ont pu tisser avec les producteurs, puisqu'à mes côtés il y avait un producteur exécutif. Il y a vraiment eu une symbiose au sein de l'équipe du tournage. Tout s'est bien passé. Du moins comme nous le souhaitions.
Venons-en au thème de votre nouveau téléfilm. Pourquoi la corruption ?
Il m'a paru important de traiter ce thème pour la simple raison qu'il s'agit là d'un phénomène dont nous sommes malheureusement tous des victimes. C'est un mal qui sévit partout au Maroc. J'ai moi-même été victime de cela à l'aéroport alors que je rentrais de Qatar. C'est dire qu'il est profond. «Hadi ou Touba» est ni plus ni moins qu'une invitation à la conscientisation des corrupteurs et des corrompus.
Pensez-vous que le cinéma soit un moyen idéal pour combattre ce phénomène ?
Le cinéma est certainement un excellent vecteur contre la corruption qui gangrène notre société. Cela dit, ce téléfilm n'a pas la prétention de la traiter, mais de l'évoquer dans le but de sensibiliser l'opinion publique sur un phénomène dont nous sommes tous des victimes.
C'est une habitude chez vous de produire et réaliser vous-même vos films. Vous sentez-vous toujours à l'aise… ?
Non seulement je me sens bien à l'aise dans cet exercice, mais je ne me pose plus la question de savoir si je devais choisir l'un ou l'autre. Cela fait 15 ans que je marie production, écriture et autres… sans que cela me pose problème. Ce n'est donc pas aujourd'hui que je vais douter de ce choix. Je ne peux dissocier la production à la réalisation : je vais donc continuer comme depuis toujours.
Revenons au téléfilm. Etes-vous satisfait des prestations des comédiens ?
Je suis très satisfait de la bonne prestation des acteurs qui ont été à la hauteur des rôles qui leur étaient attribués. Aussi bien des comédiens connus de la place que de jeunes acteurs auxquels j'ai voulu offrir une nouvelle chance de confirmer leur talent et d'enrichir leur jeune carrière.
Qu'espériez-vous que les téléspectateurs retiennent de votre film ?
D'abord qu'ils passent un excellent moment autour du téléfilm et qu'ensuite ils apprécient à sa juste valeur la portée du thème qu'il aborde. Tout en espérant qu'ils prendront encore plus conscience de l'ampleur et du danger de ce fléau.
Des projets en cours?
J'écris actuellement un scénario pour un long métrage. Pour l'instant, je ne peux pas vous en dire plus vu que le film est encore en plein écriture et qu'il peut à tout moment changer de registre.
Synopsis
«Hadi ou Touba» relate l'histoire de Mehdi qui épousera dans quatre jours la belle Rihanna dont il est fort amoureux. A quelques jours de l'heureux événement, une jeune entrepreneuse vient voir ce dernier dans son bureau et essaye de le soudoyer pour qu'il lui signe un document. Quoiqu'au départ hésitant, le beau et intelligent Mehdi finit par plonger. Il prend alors l'argent mais apprend de celle-ci qu'il a été filmé et qu'il sera dénoncé via Internet. Mehdi n'a plus qu'une obsession: récupérer le portable ayant servi à filmer l'acte honteux et espérer ainsi éviter un scandale.


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