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Clôture en apothéose du Festival Cinéma et Migrations d'Agadir
Libération Libération : 15 - 02 - 2010

Le public gadiri et des environs était au rendez-vous samedi soir avec la cérémonie de clôture de la 7ème édition du Festival Cinéma et Migrations d'Agadir.
Et à cette occasion, les responsables du Festival ont d'abord tenu à honorer le grand acteur du cinéma égyptien, Hassan Housni, invité d'honneur de la 7ème édition avant de rendre un très vibrant hommage à la grande dame du cinéma marocain, Naïma El Mcherqui,au réalisateur algérien Merzak Allouache (absent pour raison de santé) et ont eu un grand coup de cœur à la hauteur du grand talent du réalisateur Mohamed Gsaïb qui a récolté plusieurs prix à l'étranger, mais n'a malheureusement jamais bénéficié du moindre geste de reconnaissance chez lui jusqu'à ce samedi-là à Agadir.
Après la présentation de la personne honorée faite par Mountassir, l'animateur officiel du Festival, des amis artistes, journalistes ou autres ont présenté, à leur tour, un témoignage très émouvant de la personne, l'artiste et l'ami(e) honoré(e). Bouchra Mazih, Salaheddine Benmoussa, Driss Idrissi et Mohamed El Aouni l'ont fait pour Mohamed Gsaïb. Et pour Naïma El Mcherqui, ce sont Lahcen Maghraoui, Mohamed Cherkaoui et Naïma Ilyas qui ont porté à leur tour un témoignage vivant sur cette grande dame du 7ème art national.
Après cette cérémonie, la salle du Rialto archicomble a suivi la projection du dernier long métrage au programme intitulé: ''Harragas'' de Merzak Allouache. Le public soussi a donc eu droit à quatre jours de cinéma de tous les horizons certes, mais traitant d'un seul thème : l'émigration sous toutes ses formes.
Il est à noter que ce Festival, qui grandit petit à petit, malgré tous les problèmes rencontrés, est devenu un rendez-vous incontournable des professionnels du cinéma, marocains et étrangers, qui y trouvent l'occasion de se rencontrer et de discuter de projets à venir dans une sympathique ambiance de convivialité, entourés de la chaleur d'un public avec lequel ils communient en toute simplicité, loin des feux de la rampe. Un public de jeunes et de moins jeunes, heureux de pouvoir aborder des artistes, qu'il n'a malheureusement pas souvent l'occasion de voir d'aussi près et sans barrière, de se faire prendre en photo ou de demander un autographe. Et c'est bien cela qui fait l'originalité de ce Festival que toute la ville s'est approprié. Il est vrai que ce contact direct et très chaleureux donne du beaume au cœur de n'importe quel artiste qui se sent ainsi adulé par son public, mais, à voir ces échanges au Rialto, à la Chambre de commerce ou à la Faculté des lettres, on comprend tout de suite que ce Festival est venu à temps pour combler un vide et répondre aux attentes des cinéphiles de la capitale du Souss Massa Drâa et de sa règion. Si le fait d'organiser un événement artistique ou culturel à Agadir est déjà un grand exploit, le Festival Cinéma et Migrations, lui, a déjà relevé le défi de la pérennité.
Ils ont dit
Hassan Housni : «C'est ma première visite à Agadir. Je suis très heureux parce que l'émigration est un sujet très important. Ce qui m'a beaucoup impressionné et m'a poussé aussi à venir ici, c'est justement ce sujet de l'émigration. Légale ou illégale, elle a toujours le même effet sur nos jeunes parce que même si elle est réglementaire, nous avons besoin d'eux, nous avons besoin d'un sang nouveau. C'est donc pour cela que je suis venu à ce Festival.»
Naïma El Mcherqui : « J'ai l'honneur de me trouver en ce moment parmi les habitants de la ville d'Agadir. En votre nom et au nom de mes frères et sœurs artistes, ma grande famille, je remercie l'Association l'Initiative culturelle d'Agadir, et je suis très heureuse parce que j'ai assisté à la naissance de ce festival et je l'ai accompagné durant ces sept années. J'ai eu également l'honneur de présider la première édition. Donc, je suis heureuse de l'hommage, de ce ce rendez-vous que personne ne peut plus annuler. Et malgré tous les problèmes matériels et autres rencontrés tout au long de ces sept années, aujourd'hui, je saisis cette occasion pour dire aux habitants de la ville d'Agadir : Félicitations pour cette grande réalisation. Et j'en appelle, au nom de la population d'Agadir, aux responsables de la chose culturelle pour qu'ils développent et encouragent les acquis de leur ville de manière à ne pas les priver de soutien parce que, dans le cadre de la régionalisation élargie, et en particulier dans son volet culturel, la ville d'Agadir peut être fière d'avoir un Festival qui se distingue par sa thématique sur l'émigration. Au nom de tous mes frères et sœurs artistes marocains, je vous remercie Aziz, Driss, Bouchra et tous ceux qui contribuent à la préservation de cet acquis. Je vous remercie pour ce geste, et si j'ai quelque chose à ajouter au nom de tous les artistes ici présents, je dirai : Que Dieu nous garde ce Festival et lui accorde longue vie parce qu'effectivement en tant qu'artistes, nous vous revoyons et nous pouvons avoir des contacts. Nous sommes donc fiers de ce Festival. Et merci, beaucoup»
Merzak Allouache a envoyé un mot au Festival dont voici le texte : « Je suis heureux que mon travail de réalisateur soit honoré dans ce Festival. Je suis désolé et regrette profondément de n'avoir pu me déplacer. La promotion de mon dernier film m'a épuisé et une mauvaise grippe me cloue au lit. J'aurais vraiment aimé voir cette ville d'Agadir dont j'entends parler depuis tellement longtemps et particulièrement lorsque j'étais étudiant à Paris et que je côtoyais votre grand écrivain Mohamed Khaïr-Eddine dont j'ai toujours le très beau roman : « Agadir ». Pour nous, cinéastes maghrébins, il est très important que les festivals se multiplient, que les débats et les échanges s'approfondissent afin de permettre au 7ème art que nous aimons de devenir une véritable réalité dans nos pays. La distribution de nos films n'est pas toujours évidente dans les pays maghrébins et arabes. Je pense que les festivals tels que le vôtre peuvent permettre aux jeunes de découvrir notre travail en attendant que les distributeurs prennent le relais et que nos films puissent être vus un peu partout. J'aurais aimé aussi être parmi vous pour voir des films marocains de la nouvelle génération de cinéastes. J'en vois parfois au cours de festivals et je constate avec joie qu'une dynamique nouvelle s'est instaurée chez vous tant sur la qualité que sur la quantité de vos créations cinématographiques. J'espère que cette dynamique cinématographique se sentira aussi bien sur le plan de la production que celui des festivals aux thématiques diverses tel que le vôtre qui s'intéresse au cinéma de l'émigration et créera une émulation dans les autres pays maghrébins. Je vous souhaite plein succès et longue vie au Festival d'Agadir. Et merci pour votre invitation qui m'honore. »


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