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La tendance au ralenti de la liquidité de l'économie s'est accentuée au cours de l'année 2009. Tel est le constat de la DEPF livré dans son nouveau rapport : « Evolution du marché monétaire et obligataire durant l'année 2009 ».
Il en ressort, en premier lieu, une hausse de l'encours de 6,3% en 2009 contre 8,9% en 2008 et 13,4% en 2007. Le resserrement de la liquidité de l'économie tire ses origines de l'évolution moins soutenue de la masse monétaire comparativement à l'année précédente.
L'encours de cette dernière s'est accru de 4,5% au lieu de 10,8%. Cette décélération est principalement attribuable à l'atténuation du rythme d'accroissement de la monnaie scripturale de 7,9% à 4,8%, suite à l'atténuation de l'évolution des dépôts à vue auprès des banques de 7,6% à 5,8%. La même tendance a été enregistrée par les comptes d'épargne et les placements à terme dont les évolutions ont baissé de 1,1 et 23,2 points respectivement, en relation essentiellement avec la décélération des comptes sur carnet auprès des banques et des comptes à terme et bons à échéance fixe. Les placements liquides ont enregistré, quant à eux, une évolution positive de 36,3% contre une baisse de 15,5% en 2008.
En termes de contreparties monétaires, les concours à l'économie se sont accrus de 9,1% contre 22,9% il y a un an. Ce repli est attribuable, d'une part, au ralentissement du rythme de croissance des crédits immobiliers et des concours aux sociétés de financement de 15 et 20 points respectivement et, d'autre part, à la baisse des crédits de trésorerie et des créances diverses sur la clientèle de 1% et 12% après une hausse de 22% et 95% respectivement en 2008.
Concernant les créances nettes sur l'Etat, elles ont marqué une hausse de 6% après 1% en 2008. Cette évolution tire ses origines essentiellement de l'augmentation des recours du Trésor aux banques de l'ordre de 1,9 milliard et de la détérioration de la position nette du Trésor auprès de Bank Al-Maghrib de 1,8 milliard de dirhams, en lien notamment avec la hausse du besoin de financement du Trésor dans un contexte de baisse des recettes fiscales et par l'importance des remboursements.
Enfin, et pour la deuxième année consécutive, les avoirs extérieurs nets ont enregistré une régression pour passer à 189 milliards de dirhams contre 196 milliards de dirhams à fin 2008, soit une baisse de 3,6% après un recul de 5,3% il y a un an. Cette détérioration, qui a eu lieu malgré l'allégement du déficit de la balance commerciale de 23,5% à 10,4% en 2009, s'explique par la baisse des recettes voyages de 5%, des transferts des MRE de 5,3% et des recettes des investissements et prêts privé s étrangers de 26,1%.
Par ailleurs, le rapport de la DEPF fait ressortir qu'au cours de l'année 2009, la moyenne de la position structurelle de liquidité des banques (PSLB), évaluée sur la base de la moyenne des encours des fins de semaine, a marqué une évolution négative de -48% (passant de 43,7 à 22,8 milliards de dirhams), après -2,3% en 2008. Cette situation trouve son origine dans l'impact restrictif exercé par les facteurs autonomes de la liquidité bancaire. Cet impact est notamment lié à l'accroissement de 6,7% de la circulation fiduciaire, à la contraction des avoirs extérieurs nets et à la détérioration de 37% de la position nette du Trésor auprès de Bank Al-Maghrib.
De ce fait, précise-t-on de même source, le marché monétaire s'est maintenu en situation de besoin de liquidité évalué à 17,7 milliards de dirhams au lieu de 11,3 milliards l'année précédente. Cette situation a eu lieu indépendamment de la baisse de la réserve obligatoire requise dont la moyenne s'est élevée à 40,4 milliards de dirhams au lieu de 55 milliards, enregistrant une baisse de 26,5%, en lien notamment avec la baisse du rythme de croissance des crédits accordés et du taux de la réserve obligatoire.
Ce qui est soulevé également par la DEPF est relatif au volume moyen des échanges au jour le jour sur le compartiment interbancaire. Celui-ci est passé de 2,94 à 2,72 milliards de dirhams entre 2008 et 2009, soit un taux de régression de 7,8% après une hausse de 34,8% un an auparavant. Dans ces conditions, la tendance des taux monétaires s'est orientée à la baisse. Ainsi, le taux moyen pondéré (TMP) quotidien s'est établi à 3,26% contre 3,37% un an auparavant. Ce léger recul s'explique par les niveaux excédentaires de la réserve enregistrés au cours de certaines périodes, en lien notamment avec les baisses successives du ratio de la réserve monétaire obligatoire. La baisse du taux directeur de 25 pbs en mars 2009 (après une hausse égale en septembre 2008), suite à la disparition des risques inflationnistes, a largement contribué à la baisse des taux interbancaires. La même tendance a été constatée sur le marché des repos dont la moyenne des taux au jour le jour ressort à 3,02% contre 3,18%. Grâce à l'omniprésence de Bank Al-Maghrib pour le refinancement des banques, la volatilité des taux sur l'interbancaire reste quasi-stable à un niveau relativement bas, soit 0,24%, contre 0,49% sur le marché des repos.
Du rapport de la DEPF, on souligne que BAM est intervenue, pour injecter la liquidité nécessaire, à travers les avances à 7 jours sur appel d'offres pour un montant hebdomadaire moyen de 16 milliards de dirhams face à une demande hebdomadaire moyenne de 20,3 milliards de dirhams, soit un taux de satisfaction de 78,6% au lieu de 52,5% en 2008 pour un montant hebdomadaire servi de 11,2 milliards de dirhams. Les banques ont également sollicité les avances à 24 heures pour un montant total qui n'a pas dépassé 2,2 milliards de dirhams. Par ailleurs, pour contenir la tendance à la hausse des taux interbancaires, BAM a utilisé d'autres instruments de régulation, en l'occurrence les opérations de pensions livrées et la baisse continue du taux de la réserve obligatoire pour le ramener à 8% au lieu de 15% à fin 2008. Pour le premier instrument, l'opération a porté sur un montant global de 18,5 milliards de dirhams. Quant au second, il s'est traduit par l'injection de l'équivalent d'environ 26,5 milliards. Enfin, la baisse du taux directeur de 25 points de base à 3,25% s'inscrit dans le cadre de la volonté de BAM d'alléger le coût de refinancement des banques et ce, compte tenu d'une quasi-disparition des risques inflationnistes.
Concernant le marché du Trésor, la DPEF précise qu'après la forte expansion de l'année 2008, la demande des bons du Trésor sur le marché primaire a poursuivi sa tendance haussière en 2009, passant de 317 à près de 449 milliards de dirhams ». Selon la DEPF, cette situation s'explique, d'une part, par l'attractivité des bons du Trésor dans un contexte marqué par la baisse des taux sur le compartiment interbancaire et, d'autre part, par la pénurie de titres à la vente sur le compartiment secondaire en lien notamment avec la présence relativement faible du Trésor sur le marché primaire entre 2006 et 2008.
Dans un autre volet, le marché de la dette privée, bien que le volume des émissions ait enregistré un recul de plus de 20% par rapport à l'année 2008, demeure une source de financement potentielle pour les investisseurs.
En effet, le creusement du déficit de liquidité bancaire en 2009 a stimulé le développement de ce compartiment où les émissions se sont élevées aux environs de 42 milliards de dirhams. L'importance des transactions trouve son origine dans l'alternative que ce marché présente pour les banques pour combler leur besoin en liquidité. Ce dynamisme a été favorisé par la présence d'investisseurs potentiels qui sont à la recherche de réelles opportunités de placement dans un contexte de baisse de rendement sur le marché boursier. La structure des émissions est largement dominée par les émissions des certificats de dépôt (CD) qui ont accaparé, à elles seules, presque 47% des émissions totale s, suivies des émissions obligataires et des bons de sociétés de financement (BSF) qui ont canalisé respectivement 31% et 14% du total des émissions privées.
A la lumières de ces données, la DEPF conclut que l'activité sur le marché monétaire et obligataire s'est caractérisée en 2009 par des évolutions demeurant généralement positives et ce, malgré la crise financière et économique internationale. L'impact de celle-ci s'est manifesté plus particulièrement au niveau des secteurs orientés à l'exportation et des recettes au titre des investissements et prêts prives étrangers. Par ailleurs, les transferts des MRE et les recettes voyages ont enregistré un ralentissement de leur contraction pour se situer au terme de l'année 2009 à -5,3% et -5% respectivement au lieu de -14% et -18% respectivement en moyenne au cours du premier semestre 2009.
Cette situation a, néanmoins, permis de soutenir l'activité sur le marché de la dette privée qui représente une alternative pour les banques pour combler leur besoin de financement.
Parallèlement, sur le marché obligataire, les levées du Trésor se sont inscrites en forte progression par rapport à 2008 en relation avec le besoin grandissant de financement de l'Etat et le rythme baissier des taux courts. Le compartiment secondaire a également enregistré une hausse notable des transactions fermes en lien avec l'intégration, dans ce genre d'opérations, des transactions qui s'opéraient hors marché.
Concernant l'inflation, elle s'est inscrite en fort recul pour s'établir à 1% suite à l'effondrement des prix des matières premières et énergétiques au niveau international et ce, malgré une demande soutenue.


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