Neuf migrants morts noyés et 21 autres secourus au large de Tanger    Appel à la mise en place d'unités au sein des entités publiques et privées    L'action du CNDH à Dakhla et Laâyoune louée par l'UE    Activités du parti en commémoration du 40ème jour du décès d'Ahmed Zaïdi    Virée mesfiouie périlleuse pour le Wydad    Foot Expo Forum : Nécessité de la professionnalisation de la formation au sein des clubs    Sepp Blatter : Le football joue un rôle social et culturel important au niveau mondial    Ouzzine suspendu par le roi    Le ministre Ouzzine lâché par les siens ?    ça plane pour le site web de RAM    Divers Economie    Le Parc industriel de Selouane, un des chantiers économiques phare    Newsletter du 19 Décembre 2014 : Blanchiment de capitaux : Les professions non financières sensibilisées par Bank Al-Maghrib    L'UE appelée à adopter une stratégie de long terme face à la Russie    La responsabilité des progressistes dans la lutte contre le changement climatique    Le rappeur de la "Shmoney Dance" risque 25 ans de prison    La plupart des espèces d'oiseaux sont apparues après l'extinction des dinosaures    Près de 269.000 tonnes de déchets plastiques à la surface des océans    Les stars : bosse des maths ou bonnet d'âne ? Gisèle Bündchen    Le piano en fête à Essaouira    La célèbre actrice italienne Virna Lisi n'est plus    Bouillons de culture    Quand opposition et majorité débattent des prochaines élections    Abdelaziz Bouteflika voudrait rentrer «chez lui» à Oujda : La patrie est clémente et miséricordieuse !    Skhour Rhamna : Un homme tue cinq membres de sa famille et blesse grièvement un sixième    Loi organique du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire: Ramid présente le projet au Parlement    Madrid: emprisonnement de membres de la cellule démantelée au Maroc et en Espagne    Professions libérales: La couverture médicale arrive    Disparition de Mohamed Bastaoui : Un frère bien-aimé de tous    Maroc Numeric Fund appuie l'éducation    Complexe Moulay Abdellah : Colère royale Spécial    Maroc-UE, jumelage dans les droits de l'Homme    Facebook pourrait concurrencer «Le Bon Coin»    Le Festival de Marrakech et le cinéma marocain    «Balili» en 5e position    En avant jeunesse !    Mondial des clubs Maroc 2014 : Ancelotti rend hommage au public marocain    La machine à croissance    Le Maroc et l'UE veulent un ALECA gagnant-gagnant    Plus de 187.500 Marocains affiliés à la Sécurité sociale en Espagne    Le Mur... de la Havane    Mohammedia : Fin de partie pour un escroc sur Facebook    L'Education nationale interdit formellement les cours de soutien payants    Commerce extérieur : Les exportations espagnoles vers le Maroc en progression    Logistique : Le Royaume intègre l'ELA    Un individu tue cinq membres de sa famille à Skhour Rhamna    Le cinéma marocain perd une légende    Pétrole : Le baril pique du nez... Le Maroc jubile    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

LE PASSAGE A L'ACTE
Habib El Malki, ministre de l'Agriculture
Publié dans MarocHebdo le 21 - 03 - 1998

Le député USFP de Boujaâd, en se voyant confier un département aussi important que celui de l'agriculture va faire son &laqno;baptême du feu» dans l'action et la gestion gouvernementale. Economiste distingué de la formation de Me Youssoufi, il a veillé depuis des lustres à entretenir sa notoriété -et au passage, par ricochet, celle de son parti-, gérant avec soin la médiatisation de ses recherches universitaires et en en optimisant les retombées. Pareille obstination a en tout cas porté ses fruits: ne se voit-il pas confier le secrétaire général du CNJA, en 1990, pour commencer, puis d'autres &laqno; pantouflages » pas seulement honorifiques -direction du CMC, Conseil consultatif des droits de l'Homme, Académie du Royaume,...?
Avec quelques autres de son parti, il a en somme préfiguré et milité pour l'achèvement de l'intégration institutionnelle et aujourd'hui gouvernementale de l'USFP. Ce qui lui vaudra quelques &laqno;grincements» dans son parti dans lequel il est membre de la commission administrative: par rivalité -les chapelles ne manquent pas non plus au sein de l'USFP- certains estiment, à tort ou à raison, que sa surcote médiatique cache mal sa sous-cote organique... Au fond, dans ce parti, il est l'un des responsables d'une ligne désormais &laqno;centriste» ou social-démocrate si l'on préfère: aux oubliettes, les imprécations de naguère contre le libéralisme et la bourgeoisie exploiteuse des masses populaires, au placard, les professions de foi autour d'un socialisme planificateur volontiers présent comme la seule &laqno;alternative» à la crise; voici venu le temps d'une démarche seulement réformatrice encore imprégnée des oripeaux d'une culture économique étatiste.
En se frottant au réel -en particulier dans le cadre du CNJ-, Habib El Malki a pu mesurer la difficulté du &laqno;mal marocain» qu'évacuait allègrement toute une vulgate de son parti: le poids de l'inertie, les résistances de l'administration, les lenteurs et les blocages du travail gouvernemental. Il sait que le projet messianique de son parti de &laqno;changer la société» n'est plus qu'une curiosité idéologique qu'il faut remiser dans l'histoire des idées politiques contemporaines, tant au dedans qu'au dehors.
À la tête d'un département ministériel comme l'agriculture qui contribue à la formation de quelque 18% du PIB, il aura sans doute à coeur de mieux resituer ce secteur dans le développement économique national. Mais que faire? Et par quoi commencer, à part prier tous les matins pour des pluies tant attendues ces semaines-ci? Les chantiers structurels ne manquent pas. Arrivera-t-il à élaborer une politique foncière novatrice adaptée à la multiplicité des régimes juridiques de la terre ? Donnera-t-il la priorité à un fond de développement rural pour financer les opérations d'infrastructure et d'équipement ? Infléchira-t-il d'une manière significative le système actuel du Crédit agricole dans le sens d'une véritable décentralisation et d'une autonomie régionale, voire locale? Oeuvrera-t-il à la rationalisation de la politique d'irrigation et d'utilisation de l'eau? Assainira-t-il la politique commerciale en donnant plus d'efficacité aux circuits intérieurs parasites par des intermédiaires rentiers?
Vaste programme, on le voit bien! Au fond, il s'agit de l'élaboration et de la mise en oeuvre d'une véritable stratégie de promotion du monde rural -dont une bonne partie n'a pas bénéficié équitablement des fruits du développement devant conduire à terme à l'autosuffisance alimentaire pour les produits de grande consommation comme le blé tendre et le riz,... Pas seulement: il importe aussi de se préparer, d'une manière appropriée, aux conséquences de la libéralisation, et ce tant par des mesures immédiates qu'à moyen terme. La mise en place d'une véritable filière céréalière qui fournit plus de 3% PIB est évidemment l'une des priorités de l'heure.
Il ne s'agira pas de &laqno; gérer » des compromis avec les uns et les autres pour ne pas faire de vagues mais de dégager les lignes de force d'une nouvelle culture de partenariat avec les producteurs et les opérateurs où le ministère de l'agriculture doit comprendre qu'il est au service de ceux qui travaillent... Traditionnellement, les socialistes sont réputés mal connaître le monde agricole. Babib El Malki aura certainement à coeur de faire la preuve que ce n'est qu'une idée reçu.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.